Crash de Tomblaine : la GTA au cœur de l’enquête
Le pôle accidents collectifs du parquet de Paris a confié les investigations à la section de recherches de la gendarmerie des transports aériens. 35 gendarmes spécialisés sont mobilisés.
Le crash d'un Pilatus PC-6 à Tomblaine, le 28 juin, a fait 11 morts. L'enquête judiciaire est menée par la section de recherches de la gendarmerie des transports aériens. Le BEA mène une enquête technique parallèle.
L’essentiel
- 11 morts : un Pilatus PC-6 s’est écrasé le 28 juin 2026 à Tomblaine, tuant l’ensemble des occupants.
- Enquête confiée à la GTA : la section de recherches de la gendarmerie des transports aériens (SRGTA) de Paris et la BGTA Nancy-Metz sont saisies.
- 35 gendarmes mobilisés : dont 15 enquêteurs spécialisés appuyés par l’IRCGN pour l’analyse de l’épave.
- Double enquête : le BEA mène de son côté une enquête de sécurité pour déterminer les causes techniques.
Ce que l’on sait du crash
Dimanche 28 juin 2026, en début d’après-midi, un avion monomoteur Pilatus PC-6/B2-H4 Turbo-Porter s’est écrasé à Tomblaine, près de l’aérodrome de Nancy-Essey. L’appareil, immatriculé D-FIPS en Allemagne et loué par l’association Tandemotion Parachutisme, effectuait un baptême de parachutisme. À son bord se trouvaient le pilote, cinq moniteurs de parachutisme et cinq élèves, ces derniers étant des infirmiers libéraux de la région. Il n’y a aucun survivant.
Selon le parquet de Paris, le pôle accidents collectifs s’est immédiatement saisi de l’enquête judiciaire. Les investigations ont été confiées à la section de recherches de la gendarmerie des transports aériens (SRGTA) de Paris, en co-saisine avec la brigade de gendarmerie des transports aériens (BGTA) de Nancy-Metz. Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez et le ministre chargé des Transports Philippe Tabarot se sont rendus sur place le jour même.
« Désormais, l’enquête sous la direction du parquet de Paris et confiée à la section de recherche de la brigade de gendarmerie des transports aériens déterminera les causes de ce drame », a écrit Laurent Nuñez sur X.
La GTA : une unité spécialisée unique en France
La gendarmerie des transports aériens (GTA) est une composante de la Gendarmerie nationale spécialisée dans les enquêtes aériennes. Elle regroupe des enquêteurs formés à l’investigation technique et judiciaire des accidents d’aviation. La SRGTA, basée à Paris, intervient sur les accidents les plus graves. La BGTA de Nancy-Metz assure la couverture du Grand Est.
Pour ce crash, environ 35 gendarmes ont été déployés, dont 15 enquêteurs spécialisés. « La section de recherches de la Gendarmerie des transports aériens [@Gendarmerie_GTA] est chargée des investigations après l’accident d’avion qui a fait onze morts, dimanche 28 juin 2026, à Nancy-Essey », a précisé le média Essor sur X.
Leur mission : reconstituer les circonstances exactes du drame, identifier d’éventuelles défaillances mécaniques ou humaines, et recueillir les éléments à charge si une infraction est constituée.
Le travail des enquêteurs : analyse minutieuse de l’épave
Les gendarmes de la GTA travaillent en étroite collaboration avec l’Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN). Ce dernier est chargé de l’analyse technique approfondie de l’épave. Les commandes de vol, le moteur, l’hélice, les instruments de bord sont examinés pièce par pièce. L’avion est un Pilatus PC-6 datant de 1991, un appareil réputé robuste mais ancien. Son carnet de maintenance et son dernier passage en revue sont également scrutés.
Parallèlement, le Bureau d’enquêtes et d’analyses pour la sécurité de l’aviation civile (BEA) a ouvert une enquête de sécurité, distincte de l’enquête judiciaire. Les deux équipes échangent des informations mais ne dépendent pas de la même autorité. Le BEA cherchera à déterminer la cause technique de l’accident, tandis que la GTA recherche d’éventuelles responsabilités pénales.
Contexte dans la Meurthe-et-Moselle
Ce crash est le plus meurtrier survenu en France dans le domaine de l’aviation générale depuis une trentaine d’années. La Meurthe-et-Moselle (54) est un département où l’aérodrome de Nancy-Essey est actif pour l’aviation légère et les activités de parachutisme. La communauté locale est sous le choc. Les cinq infirmiers libéraux décédés exerçaient dans le secteur de Nancy et étaient bien connus de leurs patients. Une cellule psychologique a été mise en place par la préfecture.
Le département compte plusieurs brigades de gendarmerie, mais la BGTA Nancy-Metz est l’une des rares unités spécialisées dans le transport aérien hors région parisienne. Sa mobilisation rapide a permis de sécuriser le site et d’évacuer les corps dans le respect des procédures.
Prochaine étape de l’enquête
Les analyses de l’IRCGN pourraient prendre plusieurs semaines. L’enregistreur de vol, si l’appareil en possédait un, sera clé. Les enquêteurs auditionneront également les témoins au sol et les membres de l’association Tandemotion. Le parquet de Paris devrait communiquer un premier bilan technique dans les jours à venir.
Sources
- ici c Nancy : Bilan humain très lourd après le crash d'un avion à Tomblaine : 11 morts
- Moselle TV : Un terrible crash d'avion fait 11 morts près de Nancy : des gendarmes mosellans mis à contribution
- Le Quotidien : Crash d'avion près de Nancy : profil des victimes, travail des enquêteurs, ce que l'on sait ce lundi matin
- X (Gendarmerie_GTA) : Communiqué GTA du 28 juin 2026