Creuse : 40 militants bloquent une coupe rase de 14 ha en pleine vigilance orange
Le collectif Canopée-Forêts vivantes a stoppé les engins de Sylvamo pendant deux heures au Bois de Chardet, dénonçant la destruction d'habitats d'espèces protégées
Une quarantaine de manifestants ont bloqué un chantier forestier à Saint-Sulpice-le-Guérétois le 23 juillet 2026. Le projet de coupe rase porte sur 14 hectares. L'action s'est déroulée alors que la Creuse était en vigilance orange pour risque sévère de feux de forêt.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- 40 militants du collectif Canopée-Forêts vivantes ont bloqué le chantier forestier pendant deux heures le 23 juillet 2026
- Le projet de coupe rase porte sur 14 hectares au Bois de Chardet, dont 2 hectares déjà abattus par l'entreprise Sylvamo
- L'action s'est déroulée alors que la Creuse était en vigilance orange pour risque sévère de feux de forêt
- Les opposants dénoncent la destruction d'habitats pour une trentaine d'espèces protégées (chauves-souris, amphibiens, oiseaux)
- Un arrêté préfectoral interdisait les travaux forestiers mécanisés de 14h à 19h du 23 au 27 juillet 2026
Le 23 juillet 2026, une quarantaine de militants du collectif Canopée-Forêts vivantes ont bloqué les engins de l’entreprise Sylvamo au Bois de Chardet, à Saint-Sulpice-le-Guérétois. Les travaux ont été stoppés pendant environ deux heures, sous la surveillance de la gendarmerie.
Un projet de 14 hectares, dont 2 déjà rasés
Le chantier en cours prévoit la coupe rase de 14 hectares de forêt. Deux hectares de châtaigniers, hêtres et chênes ont déjà été abattus, selon les informations de La Montagne. L’entreprise Sylvamo, exploitant forestier via le Comptoir des bois de Brive, affirme que la coupe est autorisée et légale.
Les manifestants dénoncent la destruction d’habitats pour une trentaine d’espèces protégées : chauves-souris, amphibiens et oiseaux. Des naturalistes présents sur place ont tenté de contacter l’Office français de la biodiversité pour signaler la présence de ces espèces, rapporte France 3 Nouvelle-Aquitaine.
Action en pleine vigilance orange incendie
Le blocage est intervenu alors que le département de la Creuse était placé en vigilance orange pour risque sévère de feux de forêt, comme l’a signalé la mairie de Saint-Goussaud. Aucun arrêté préfectoral n’interdisait les travaux forestiers mécanisés de 14h à 19h du 23 au 27 juillet 2026.
Les militants qualifient la forêt de « climatiseur naturel » et de puits de carbone, selon France 3. Ils dénoncent la poursuite des travaux en période de canicule, alors que plusieurs communes de la région sont confrontées à des restrictions d’eau. Une situation similaire avait déjà conduit à l’interruption d’une rave party en forêt de la Londe, en Seine-Maritime, pour des raisons de sécurité.
Dialogue tendu entre forestiers et opposants
L’entreprise Sylvamo maintient que la coupe ne peut être remise en cause perpétuellement. Selon France 3, l’exploitant affirme prendre des mesures adaptées pour les espèces protégées. Le dialogue entre les forestiers et les manifestants est resté tendu tout au long de l’intervention.
Les engins ont repris leur activité après deux heures d’immobilisation. Aucune interpellation n’a été signalée par les forces de l’ordre présentes sur place.
Contexte dans la Creuse
Saint-Sulpice-le-Guérétois, commune de près de 2 000 habitants située à une dizaine de kilomètres de Guéret, se trouve dans un département où la forêt couvre près de 30 % du territoire. La Creuse compte environ 115 000 habitants, selon les dernières données de l’Insee.
Le département fait face à des tensions récurrentes autour de la gestion forestière. Les coupes rases, pratique consistant à abattre tous les arbres d’une parcelle, sont régulièrement contestées par les associations environnementales locales. La Creuse a connu plusieurs épisodes de sécheresse ces dernières années, aggravant les préoccupations sur la gestion des ressources naturelles. En Lozère, le conseil départemental a récemment débloqué 1,6 million d’euros pour 88 projets, dont plusieurs liés à la préservation des espaces naturels.
Prochaine étape
Les associations envisagent de saisir les autorités environnementales pour obtenir une suspension des travaux. Le collectif Canopée-Forêts vivantes a annoncé maintenir sa mobilisation sur le site tant que le chantier se poursuivra.