Crise financière au Clermont Foot : 7 millions de déficit et vente imminente
Le club de Ligue 2 accumule les dettes et son propriétaire Ahmet Schaefer cherche à céder après sept ans, laissant staff et joueurs dans l'incertitude.
Le Clermont Foot 63 traverse la crise financière la plus grave de son histoire récente. Déficit prévisionnel de 7 millions d'euros pour 2024-2025, contrôle fiscal sur son propriétaire, vente en négociation avancée l'avenir du club auvergnant reste suspendu à quelques semaines de la reprise.
Le Clermont Foot 63 traverse la crise financière la plus grave de son histoire récente. Déficit prévisionnel de 7 millions d’euros pour 2024-2025, contrôle fiscal sur son propriétaire, vente en négociation avancée : l’avenir du club auvergnant reste suspendu à quelques semaines de la reprise.
L’essentiel
- Déficit : 7 millions d’euros prévus pour la saison 2024-2025, dont 3 millions sur le centre de performance et 200 000 € sur le centre de formation (source : 7 Jours à Clermont, corroboré par le journaliste Romain Molina).
- Vente : Trois investisseurs en lice, dont Stéphane Tessier, ex-directeur général de l’OM et de l’ASSE, avec des discussions à un stade très avancé selon La Montagne et Mediafoot.
- Contrôle fiscal : Proposition de rectification de 500 000 € adressée à Ahmet Schaefer, liée à la convention de service entre le club et sa holding Core Sports Capital.
- Reprise : Les entraînements sont programmés à partir du 21 juillet au Stade Gabriel-Montpied, selon le site officiel du club.
- Propriétaire : Ahmet Schaefer détient le club depuis 2019, après un rachat à Claude Michy pour 2,785 millions d’euros.
Un déficit structurel qui s’est creusé
Le chiffre est sans ambiguïté. Le Clermont Foot 63 affiche un déficit prévisionnel de 7 millions d’euros pour la saison 2024-2025, selon le site 7 Jours à Clermont. Le journaliste spécialisé Romain Molina a détaillé sur X la composition de ce trou : des prêts contractés pour financer le centre de performance pèsent 3 millions d’euros, et le centre de formation cumule 200 000 euros de dettes.
Ce niveau d’endettement contraste avec les données de la saison 2023-2024, où les dettes financières restaient limitées à 1,5 million d’euros malgré un chiffre d’affaires de 43,7 millions, toujours selon 7 Jours à Clermont. La dégradation est donc rapide. Elle s’explique en partie par le retour en Ligue 2 après deux saisons en Ligue 1 (2022-2024), qui avait gonflé les charges sans que les recettes suivent durablement.
Pour replacer le club dans le contexte du football professionnel français, les clubs de Ligue 1 et Ligue 2 ont cumulé plus d’un milliard d’euros de pertes en 2024-2025, selon RMC Sport. Le Clermont Foot n’est pas le seul club de Ligue 2 à subir des tensions financières cette saison, mais son cas est parmi les plus exposés.
Ahmet Schaefer dans le viseur du fisc
La situation du propriétaire suisse complique encore le tableau. Le fisc français lui a adressé une proposition de rectification de 500 000 euros, liée à la convention de service liant le Clermont Foot à sa holding Core Sports Capital, selon La Montagne. Le journaliste Romain Molina avait anticipé cette information sur X.
Ahmet Schaefer avait racheté le club en 2019 à Claude Michy pour 2,785 millions d’euros. Sous sa présidence, le budget est passé de 11 millions d’euros en Ligue 2 à environ 20 millions lors de la montée en Ligue 1, selon Le Point. Sept ans plus tard, il a décidé de céder, selon La Montagne. Le contrôle fiscal, dont l’issue reste ouverte, n’est pas sans lien avec cette décision.
Trois acheteurs, une vente très avancée
Trois investisseurs se sont positionnés sur le rachat, selon La Montagne. Le plus identifié publiquement est Stéphane Tessier, ancien directeur général de l’Olympique de Marseille et de l’AS Saint-Étienne. Il a déposé une lettre d’intention et visait une finalisation d’ici la fin de la saison, selon L’Équipe et Ouest-France.
Les discussions sont décrites comme étant à un stade très avancé par Mediafoot. La valeur de cession du club n’a pas été officiellement précisée. La Montagne a posé la question sans obtenir de chiffre confirmé à ce stade.
Pour les acteurs du football de Ligue 2 qui suivent ces négociations de près, la situation tranche avec des clubs comme Rodez, qui jouent leur montée en barrage cette semaine, illustrant les écarts de trajectoire dans l’antichambre du football professionnel.
Staff, joueurs, centre de formation : rien n’est décidé
La potentielle vente fige toutes les décisions opérationnelles. La Montagne résume la situation en une formule directe : le Clermont Foot « ne sait vraiment pas de quoi demain sera fait ».
L’avenir du staff technique, des joueurs sous contrat et du centre de formation reste suspendu au changement de propriétaire. Le mercato estival ne peut pas être planifié sérieusement dans ces conditions. La reprise des entraînements est pourtant programmée : les joueurs doivent se retrouver au Stade Gabriel-Montpied à partir du 21 juillet, avec des tests VMA prévus dès le 22 juillet, selon le site officiel du club. Un calendrier qui laisse peu de marge pour boucler une vente et stabiliser le projet sportif avant la saison 2026-2027.
Contexte dans le Puy-de-Dôme
Le Clermont Foot 63 est le seul club professionnel du Puy-de-Dôme et l’un des rares en Auvergne. Son ancrage à Clermont-Ferrand en fait un outil de rayonnement sportif pour une métropole de quelque 148 000 habitants. La commune affiche un endettement municipal de 139 millions d’euros en 2024, soit 2 893 euros par habitant, selon le Journal du Net - un niveau supérieur à la moyenne des villes comparables. Cette tension budgétaire locale rend peu probable un soutien public significatif en cas de difficultés supplémentaires du club.
Historiquement, le club a connu une montée en Ligue 1 en 2021, une première dans son histoire, avant d’y évoluer deux saisons et de redescendre en Ligue 2. Cette période avait entraîné une expansion du budget et des infrastructures - notamment le centre de performance - dont le financement pèse aujourd’hui sur les comptes. Les dettes financières étaient encore contenues à 1,5 million en 2023-2024 ; elles ont depuis explosé.
À l’échelle régionale, la crise du Clermont Foot illustre un phénomène plus large : plusieurs clubs du sud et du centre de la France évoluant en Ligue 2 subissent des pressions financières comparables dans un championnat où les droits TV restent insuffisants pour couvrir des charges en hausse.
Prochaines étapes : juillet comme date butoir implicite
La reprise fixée au 21 juillet constitue une date butoir implicite pour les négociations de cession. Un nouveau propriétaire devra se manifester avant cette échéance pour espérer peser sur le recrutement estival et présenter un projet sportif cohérent pour 2026-2027. La DNCG, gendarme financier du football français, suivra de près les comptes du club lors de son passage en commission de contrôle, prévu dans le calendrier habituel de juin-juillet.
Sources
- La Montagne : Trois investisseurs intéressés par le rachat du Clermont Foot
- 7 Jours à Clermont : Comptes 2023-2024 du CF63 : un modèle sous tension
- La Montagne : Ahmet Schaefer, président du Clermont Foot, dans le viseur du fisc français
- Mediafoot : Clermont Foot tout proche d'une vente
- L'Équipe : Stéphane Tessier, ancien DG de l'OM, en lice pour racheter le Clermont Foot