La croix du pic d’Aneto volée, sectionnée à la meuleuse à 3404 mètres

Un acte de vandalisme inédit au sommet des Pyrénées relance le débat sur la protection du patrimoine montagnard.

La croix du pic d'Aneto volée, sectionnée à la meuleuse à 3404 mètres
Illustration Jordi Serrat / info.fr

La croix sommitale du pic d'Aneto, plus haut sommet des Pyrénées, a disparu. La Guardia Civil a confirmé le 17 avril 2026 qu'elle avait été sectionnée à la meuleuse d'angle et emportée. Un acte qualifié de vandalisme, survenu moins d'un an après sa réinstallation par hélicoptère.

La croix du pic d’Aneto n’est plus là. Des guides et alpinistes ont signalé sa disparition mi-avril à la mairie de Benasque, commune aragonaise au pied du massif. Le 17 avril 2026, la Guardia Civil a confirmé les faits après dépôt de plainte auprès du GREIM - Groupe de secours et d’intervention en montagne. La base métallique a été sectionnée à l’aide d’une meuleuse d’angle. L’enquête est en cours pour identifier les auteurs, selon France 3 Occitanie.

La croix mesurait environ trois mètres de haut et pesait plus de 100 kg, selon L’Indépendant. La transporter à 3404 mètres d’altitude, sur un terrain glaciaire exposé, suppose une logistique considérable. Les circonstances exactes - date précise des faits, nombre de personnes impliquées, moyen d’acheminement du matériel - n’ont pas été communiquées à ce stade par les autorités.

Une restauration de deux ans, réduite à néant

Installée en 1951 par le Club Alpin Catalan avec l’aide d’alpinistes venus de toute l’Espagne, la croix était devenue un repère de l’alpinisme pyrénéen. Endommagée par les conditions météorologiques et les passages répétés, elle avait été démontée en septembre 2023 pour une restauration confiée au forgeron Miguel Ángel Plaza, de Villanova, selon France 3. Deux ans de travaux. Le 6 août 2025, un hélicoptère de la Guardia Civil la remontait au sommet à la demande de la mairie de Benasque, rapporte La République des Pyrénées. Moins de neuf mois plus tard, elle a disparu.

Une série noire sur les croix pyrénéennes

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Ce n’est pas la première fois que la croix d’Aneto est visée. Le 1er octobre 2018, elle et des symboles religieux adjacents avaient été recouverts de peinture jaune, en lien supposé avec les tensions indépendantistes catalanes de l’époque. Les traces avaient été nettoyées le 25 octobre suivant, selon France 3.

D’autres croix pyrénéennes ont subi des dégradations similaires ces dernières années. La croix du col de la Crouzette, en Ariège, a été détruite à coups de masse en août 2025, après un premier vol en 2001. En juillet 2018, les croix du Pic Carlit et du Cambre d’Aze, dans les Pyrénées-Orientales, avaient été sciées, selon Le Figaro. En avril 2026, une croix sommitale a également disparu au Pic Saint-Michel dans le Vercors, selon Alpine Mag, qui souligne la quasi-simultanéité des deux affaires.

Ce vol relance un débat récurrent sur le statut de ces structures en altitude : patrimoine historique de l’alpinisme, symbole religieux, ou installation illégale sur domaine public ? Le cadre juridique reste flou, et la question de la responsabilité de leur protection n’est pas tranchée. Aucune date de réinstallation éventuelle n’a été annoncée par la mairie de Benasque.

Sources

Jordi Serrat

Jordi Serrat

Basé à Perpignan, traite l'agriculture fruitière, les tensions sur l'eau, le tourisme balnéaire et les débats sur la langue catalane. Formé à l'IJBA Bordeaux, il a grandi dans les Pyrénées-Orientales. Posture éditoriale : interroger les arboriculteurs, les associations culturelles, les élus, vérifier les données de consommation d'eau avant de publier.

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