Crots : les éleveurs face au recul des pâturages, le département sort les subventions

Dans les Hautes-Alpes, la sécheresse et le recul des herbages poussent les agriculteurs à s'organiser, avec le soutien financier du département.

Crots : les éleveurs face au recul des pâturages, le département sort les subventions
Illustration Antoine Blanc / info.fr

À Crots et dans tout le département, les éleveurs font face à des pâturages de plus en plus fragilisés par la sécheresse. Le Département des Hautes-Alpes et la Région Sud ont mis en place des dispositifs d'aide pour accompagner l'adaptation des pratiques pastorales.

Les alpages des Hautes-Alpes souffrent. Sécheresses répétées, réduction des ressources herbeuses, montée plus tardive en alpage : les éleveurs du secteur de Crots constatent des changements concrets sur leurs exploitations. La mobilisation n’est pas nouvelle, mais elle s’intensifie.

Une colère qui remonte à la surface

En novembre 2025, des agriculteurs des Hautes-Alpes avaient encerclé Gap pour protester contre les restrictions liées au climat et au Mercosur, selon les Jeunes Agriculteurs 05. Le 2 janvier 2026, un nouvel appel à manifester avait été lancé, sous le slogan « Nous ne disparaîtrons pas en silence », rapporté par Alpes 1. La menace est prise au sérieux : selon Terre-net, 25 % des exploitants agricoles français envisagent d’arrêter ou de changer d’activité d’ici cinq ans en raison du changement climatique, un chiffre particulièrement lourd pour les zones montagneuses.

L’été 2025 avait déjà cristallisé les tensions : des agriculteurs avaient bâché des radars pour dénoncer les restrictions d’eau, qualifiant la sécheresse de « politique plutôt que climatique », selon Le Dauphiné Libéré.

Des aides concrètes pour tenir

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Face à ces difficultés, des dispositifs financiers existent. Le Département des Hautes-Alpes a attribué 1,495 million d’euros de subventions en 2024 à des associations et collectivités pour des projets incluant l’adaptation agricole au climat, avec une poursuite annoncée en 2026, selon le rapport d’activité départemental. La Région Sud Provence-Alpes-Côte d’Azur, de son côté, finance à 75 % les cabanes pastorales et impluviums dans le cadre de son aide aux équipements pastoraux collectifs.

Le département s’appuie aussi sur son profil singulier : avec 40,4 % des surfaces agricoles utiles en bio, les Hautes-Alpes sont le premier département bio de France, ce qui oriente naturellement vers des pratiques plus résilientes. Ce positionnement a été mis en avant lors du Salon de l’Agriculture 2026, selon Le Dauphiné Libéré.

Le pastoralisme dispose aussi d’un cadre d’accompagnement via la mesure 7.6.2 de la Politique Agricole Commune, qui finance des investissements pastoraux adaptés, selon la préfecture des Hautes-Alpes. Le projet ClimPasto, mené entre 2021 et 2022 avec plusieurs partenaires des massifs alpins dont les Hautes-Alpes, avait déjà posé des bases méthodologiques pour adapter les pratiques d’estive, selon le SUACI Alpes.

Prochaine étape : la déclaration PAC

Les éleveurs du secteur ont jusqu’au 18 mai 2026 pour effectuer leur déclaration PAC, ouverte depuis le 1er avril. Ce dépôt conditionne l’accès aux aides pastorales pour la saison à venir. Une étape administrative, mais décisive pour beaucoup d’exploitations.

Sources

Antoine Blanc

Antoine Blanc

Installé à Gap depuis dix ans, couvre les stations de ski, les chantiers de liaisons ferroviaires et les mobilisations contre les coupures de services publics en montagne. Formé à l'ESJ Lille, il a travaillé en radio locale avant de passer au web. Conviction forte : le journalisme local exige de connaître les élus, les syndicalistes, les entrepreneurs, pas seulement leurs dossiers de presse.

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