Un CRS jugé à Dax pour une ‘balayette’ sur un festayre : six mois requis

Audience au tribunal de Dax le 27 avril 2026 pour des violences commises lors des Fêtes de Dax 2022, délibéré le 1er juin

Un CRS jugé à Dax pour une 'balayette' sur un festayre : six mois requis
Illustration Christophe Dufour / info.fr

Un CRS de 40 ans, originaire de la région Occitanie, a comparu le 27 avril 2026 devant le tribunal judiciaire de Dax. Il est poursuivi pour violences volontaires sur un festayre lors des Fêtes de Dax du 13 août 2022. Le procureur a requis six mois de prison avec sursis. La défense plaide la relaxe.

Un CRS de 40 ans, affecté en région Occitanie, a comparu le 27 avril 2026 devant le tribunal judiciaire de Dax pour violences volontaires sur un festayre de 23 ans. Les faits remontent à la nuit du 13 août 2022, en plein cœur des Fêtes de Dax. Le procureur de la République Benoît Fontaine a qualifié la réaction du policier de « fortement disproportionnée ». La décision est attendue le 1er juin 2026.

L’essentiel

  • Date des faits : 13 août 2022, vers 1h du matin, près de la place de la Fontaine Chaude à Dax
  • Blessures : fracture de l’épaule, plaie à l’arcade sourcilière (5 points de suture), ITT de 12 jours
  • Réquisitions : 6 mois de prison avec sursis requis par le procureur Benoît Fontaine
  • Enquête IGPN : accusations validées sur la base de témoignages concordants et d’une reconnaissance faciale
  • Délibéré : prévu le 1er juin 2026

Une ‘balayette’ en pleine nuit de feria

Les faits se sont produits vers 1h du matin, à proximité de la place de la Fontaine Chaude. Le festayre, âgé de 23 ans, urinait dans la rue en compagnie de deux amis lorsque le CRS l’a fauchépar une « balayette par-derrière », selon la formulation retenue dans les pièces du dossier et reprise par Sud Ouest.

La chute a provoqué une fracture de l’épaule, une blessure à l’arcade sourcilière nécessitant cinq points de suture, et une incapacité totale de travail de 12 jours. Des blessures jugées sérieuses au regard du geste - une simple technique de déséquilibre appliquée sans avertissement apparent.

L’IGPN valide les accusations, la défense conteste

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L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie. Ses investigations ont permis de valider les accusations : les témoignages de la victime et de ses deux amis ont été jugés concordants, et le CRS a été identifié par reconnaissance faciale, selon Sud Ouest et ICI Gascogne.

La défense a plaidé la relaxe. Elle argue d’une possible chute accidentelle, attribuée à l’état d’ivresse de la victime, et pointe l’absence de vidéo de l’incident - aucune caméra n’ayant capté la scène. Le dossier repose donc exclusivement sur les déclarations humaines et le travail d’identification de l’IGPN.

Réquisitions : « fortement disproportionné »

Dans son réquisitoire, le procureur Benoît Fontaine n’a pas usé de formules atténuées. La réaction du policier a été qualifiée de « fortement disproportionnée ». Il a requis une condamnation à six mois d’emprisonnement avec sursis.

Ce type de qualification - disproportionnée - engage directement la question de l’usage légal de la force par un agent en service. Uriner dans la rue constitue une infraction mineure. La technique employée, une balayette, est une prise de combat. La combinaison des deux, dans le contexte d’une fête populaire à forte densité de festayres, est au cœur du débat judiciaire.

Des affaires similaires impliquant des forces de l’ordre ont été jugées ces dernières années dans d’autres villes. À titre de comparaison, aux Sables-d’Olonne, trois condamnations ont été prononcées pour des violences sur des rugbymen, illustrant que les tribunaux examinent au cas par cas la proportionnalité des actes de violence, qu’ils impliquent ou non des agents de l’État.

Contexte dans les Landes

Les Fêtes de Dax - la feria landaise - sont l’un des événements populaires les plus fréquentés du Sud-Ouest. Plusieurs centaines de milliers de personnes se pressent chaque année dans la ville thermale des Landes pour cinq jours de corridas, de bandas et de nuits festives. La gestion de l’ordre public y mobilise des effectifs importants, dont des CRS.

En 2022, l’année des faits, les interventions policières ont été particulièrement nombreuses : selon Sud Ouest, quatre gardes à vue avaient été enregistrées lors de la seule deuxième nuit de feria. Un contexte tendu, où la frontière entre maintien de l’ordre et débordement individuel peut se trouver rapidement franchie.

À l’échelle départementale, le Service statistique ministériel de la sécurité intérieure (SSMSI) a enregistré une hausse de plus de 35 % des coups et blessures volontaires hors cadre familial dans les Landes en 2022 par rapport à 2021. Cette donnée, bien qu’elle concerne l’ensemble des violences et non le seul contexte festif, illustre une pression croissante sur les forces de l’ordre landaises cette année-là.

L’affaire jugée en avril 2026 n’est pas isolée. Selon Sud Ouest, une nouvelle plainte pour violences a été déposée contre un CRS lors de la Feria de Dax 2025 - un fait distinct, mais qui alimente le débat récurrent sur les conditions d’intervention policière pendant cet événement.

Un précédent judiciaire rare

Les poursuites pénales contre un CRS pour des faits commis en service lors d’une feria restent peu fréquentes. La mise en examen, puis le renvoi en correctionnelle, ont nécessité plusieurs années : les faits datent d’août 2022, l’audience s’est tenue en avril 2026, soit près de quatre ans après la nuit incriminée.

L’enquête de l’IGPN - souvent critiquée pour son manque d’indépendance dans d’autres affaires - a ici abouti à une validation des accusations. C’est l’un des éléments que le tribunal devra peser face à l’absence de preuve vidéo et à la thèse de la défense.

Pour des affaires de violences graves impliquant des profils récidivistes, les tribunaux régionaux ont ces derniers mois prononcé des décisions fermes, signalant une ligne judiciaire attentive à la réitération et à la proportionnalité des actes.

Le délibéré attendu le 1er juin

Le tribunal judiciaire de Dax rendra sa décision le 1er juin 2026. Trois options s’ouvrent : la relaxe, réclamée par la défense ; une condamnation avec sursis, comme demandé par le parquet ; ou une peine différente, à l’appréciation du juge.

Pour la victime, désormais âgée de 26 ans, cette audience représente l’aboutissement d’un parcours judiciaire entamé quelques jours après les fêtes de l’été 2022. Pour le CRS, toujours en activité selon les informations disponibles, le verdict conditionnera la suite de sa carrière.

Le jugement du 1er juin dira si une « balayette par-derrière » sur un festayre qui urinait constitue, aux yeux du droit, une violence punissable commise par un agent de l’État en mission.

Sources

Christophe Dufour

Christophe Dufour

Christophe est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Landes (40), avec Mont-de-Marsan pour chef-lieu. Spécialité du département : forêt landaise et surf international. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Nouvelle-Aquitaine.

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