Cryptoenlèvement à Boissy-Saint-Léger : une mère et son fils libérés par le GIGN

Séquestrés vingt heures dans un hôtel du Val-de-Marne, les otages ont été libérés sans rançon le 14 avril par une centaine de gendarmes.

Cryptoenlèvement à Boissy-Saint-Léger : une mère et son fils libérés par le GIGN
Illustration Alexandre Martin / info.fr

Une mère et son fils de 11 ans, enlevés le 13 avril 2026 à leur domicile de l'Yonne, ont été libérés au petit matin le lendemain à Boissy-Saint-Léger. Le GIGN a mobilisé une centaine de gendarmes. Six suspects, âgés de 17 à 20 ans, ont été mis en examen.

Tout commence le lundi 13 avril 2026, à Quarré-les-Tombes, dans l’Yonne. Quatre individus cagoulés font irruption au domicile d’un entrepreneur spécialisé dans les cryptomonnaies. Ils attachent et frappent le père avant de repartir avec sa femme et leur fils de 11 ans, selon Le Parisien. La rançon réclamée : 400 000 dollars en cryptomonnaies.

Vingt heures dans une chambre d’hôtel

La mère et l’enfant sont conduits dans une chambre d’hôtel à Boissy-Saint-Léger, dans le Val-de-Marne, à plusieurs centaines de kilomètres du lieu d’enlèvement. Ils y resteront séquestrés près de vingt heures. Le père reçoit des vidéos des otages mais ne verse pas la rançon, selon Libération.

Le mardi 14 avril à 06h00, le GIGN donne l’assaut. Une centaine de gendarmes sont mobilisés, rapporte Le Figaro. Les ravisseurs sont interpellés sur place sans que la rançon ait été versée. Les victimes sont libérées en bonne santé, selon Ouest-France.

Sept interpellés, six mis en examen

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Sept personnes sont arrêtées lors de l’intervention. Six d’entre elles, âgées de 17 à 20 ans dont un mineur, sont mises en examen le 17 avril 2026 pour enlèvement et séquestration en bande organisée, selon CNews. Les faits sont passibles de la réclusion criminelle à perpétuité.

Une information judiciaire a été ouverte par la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Paris, selon La Montagne. Les enquêteurs cherchent à identifier d’éventuels commanditaires communs à plusieurs affaires similaires. Des auditions des victimes sont prévues dans les prochains jours.

Un phénomène national en forte hausse

C’est le premier enlèvement lié aux cryptomonnaies impliquant un mineur en France, selon Franceinfo. Il illustre une escalade préoccupante. Depuis janvier 2026, plus de 40 enlèvements et séquestrations liés aux cryptomonnaies ont été recensés en France, contre une trentaine en 2025, faisant du pays le premier concerné au monde avec 72 % des cas globaux, selon TV5Monde.

Le phénomène était encore marginal en 2024. Parmi les précédents notables figurent l’enlèvement en janvier 2025 du cofondateur de Ledger, David Balland, et de sa compagne, ainsi que celui en février 2026 d’une magistrate iséroise et de sa mère, libérées après trente heures sans versement de rançon, selon Cryptoast.

Le gouvernement prépare de nouvelles mesures contre ces attaques - parfois appelées wrench attacks dans le milieu crypto - dont l’annonce est attendue dans les prochaines semaines, selon Le Parisien.

Prochaine étape : les juges d’instruction de la JIRS de Paris doivent auditionner les victimes dans les prochains jours. L’enquête sur d’éventuels commanditaires se poursuit.

Sources

Alexandre Martin

Alexandre Martin

Correspondant à Créteil, suit les tensions sur le logement, les projets de Grand Paris, l'université et les débats sur les transports. Diplômé du CFJ, il a travaillé en agence avant de s'ancrer dans le Val-de-Marne. Posture éditoriale : interroger les élus, les bailleurs, les étudiants, vérifier les budgets du département avant de conclure.

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