Deschamps absent : deuil de sa mère, Guy Stéphan sur le banc des Bleus contre la Norvège
Le sélectionneur tricolore a quitté le camp de base de la Coupe du monde pour rejoindre la France après le décès de Ginette Deschamps. Son adjoint breton assure l'intérim pour le choc face à la Norvège.
En pleine Coupe du monde 2026, l'équipe de France vit une épreuve personnelle et collective. Didier Deschamps a dû rentrer en France après la disparition de sa mère, Ginette, le 23 juin. Son adjoint Guy Stéphan, natif de Ploumilliau (Côtes-d'Armor), dirige les Bleus pour le match décisif contre la Norvège.
L’essentiel
- 23 juin 2026 : Ginette Deschamps, mère du sélectionneur, décède en pleine Coupe du monde.
- 24 juin : Didier Deschamps quitte le camp de Waltham (Boston) pour la France, avec l’accord de la FFF. Guy Stéphan prend l’intérim.
- 26 juin : France - Norvège au Gillette Stadium (Foxborough, 21h locales). Les Bleus déjà qualifiés après deux victoires.
- Retour prévu : Didier Deschamps devrait retrouver le groupe le samedi 27 juin.
L’information est tombée mercredi 24 juin en fin de matinée : Didier Deschamps a quitté le camp de base de l’équipe de France à Waltham, dans la banlieue de Boston. Le sélectionneur national a pris un vol pour la France après avoir appris la mort de sa mère, Ginette Deschamps, survenue la veille à l’âge de 87 ans. La Fédération française de football (FFF), par la voix de son président Philippe Diallo, a immédiatement validé ce départ, estimant que « la place de Didier est auprès de sa famille dans ces moments douloureux ».
En l’absence du patron, c’est son adjoint historique, Guy Stéphan, qui assure la direction de l’équipe pour la préparation et pour le match de ce vendredi 26 juin face à la Norvège. Un scénario que le technicien breton connaît bien : en juin 2022, il avait déjà remplacé Deschamps sur le banc lors d’un match amical face au Danemark, après le décès du père du sélectionneur. Cette fois, l’enjeu est autrement plus lourd : il s’agit du troisième match de poule de la Coupe du monde 2026.
Un groupe soudé et « en mission »
Les joueurs et le staff ont respecté une minute de silence lors de l’entraînement du mercredi 24 juin, avant que Deschamps ne prenne son avion. Jeudi, à la veille du match, le capitaine Kylian Mbappé et le milieu Aurélien Tchouaméni ont pris la parole en conférence de presse pour témoigner de la solidarité du groupe. « On est unis, on veut gagner pour lui, pour sa famille », a déclaré Tchouaméni, relayé par Eurosport. « On est en mission », a-t-il insisté. Mbappé, qui totalise déjà quatre buts dans le Mondial (meilleur buteur tricolore ex aequo avec Erling Haaland côté norvégien), a partagé un message de condoléances sur ses réseaux sociaux, appelant à « tout donner pour Didier ».
Sur le terrain, les Bleus abordent ce match sans pression comptable : déjà qualifiés pour les huitièmes de finale après leurs succès contre le Sénégal (3-1) et l’Irak (3-0), ils visent la première place du groupe pour éviter un gros calibre au tour suivant. La Norvège, de son côté, a besoin d’une victoire pour espérer rejoindre la France en tête ou décrocher une place de meilleur deuxième. Mais l’équipe scandinave, portée par son attaquant vedette Erling Haaland, reste sur une défaite contre la France ? Non, la Norvège a battu le Sénégal (3-2) après avoir surclassé l’Irak (4-1). Elle compte six points, soit six points comme les Bleus.
Guy Stéphan, l’adjoint breton en première ligne
Né à Ploumilliau, dans les Côtes-d’Armor, le 17 octobre 1956, Guy Stéphan est un fidèle parmi les fidèles. Ancien entraîneur de l’EA Guingamp et de Reims, il a rejoint l’équipe de France en 2012 comme adjoint. Avec Deschamps, il a connu deux finales de Coupe du monde (victoire en 2018, défaite en 2022) et un Euro (finaliste 2016, vainqueur en 2000 comme adjoint de Lemerre). À 69 ans, il sait gérer l’urgence. « Je suis là pour assurer la continuité, pour que les garçons puissent se concentrer sur le terrain », a-t-il confié aux médias jeudi. Son accent breton et sa longévité dans le staff tricolore en font une figure respectée, capable de maintenir la rigueur tactique tout en insufflant une note d’humanité.
Contexte dans les Côtes-d’Armor
Si l’équipe de France est une institution nationale, le parcours de Guy Stéphan offre une fierté toute particulière aux Costarmoricains. Ploumilliau, petite commune de 2 500 habitants entre Lannion et Morlaix, voit l’un de ses enfants guider les Bleus dans un Mondial. La mairie de Ploumilliau a d’ailleurs adressé un message de soutien au staff tricolore, saluant « la force de caractère de Didier et la compétence de notre compatriote Guy ». Dans le département, où le football est surtout représenté par l’En Avant Guingamp (Ligue 2), mais aussi par des clubs amateurs dynamiques, cette exposition médiatique réchauffe les cœurs en cette fin juin. Les supporters bretons, déjà nombreux à avoir fait le déplacement aux États-Unis, suivront avec attention le match de ce soir. « On est derrière Guy et les Bleus », résume un habitué du stade de Roudourou, interrogé par nos confrères du Télégramme.
Un retour programmé samedi
Selon les informations de la FFF, Didier Deschamps devrait regagner les États-Unis dès le samedi 27 juin, soit au lendemain du match contre la Norvège. Il sera alors temps de préparer les huitièmes de finale, quel que soit le résultat de ce soir. Le sélectionneur, qui a toujours cultivé une relation très proche avec sa mère - elle était une figure discrète mais présente dans sa carrière - , a tenu à être présent pour les funérailles. Philippe Diallo a précisé que « tout a été mis en œuvre pour permettre à Didier de vivre ce deuil dans la dignité, tout en assurant la continuité sportive ».
Pendant ce temps, Guy Stéphan peaufine les derniers réglages. Le onze de départ devrait être proche de celui aligné contre l’Irak, avec peut-être quelques rotations pour gérer la fatigue et préserver les titulaires en vue de la phase à élimination directe. Le coup d’envoi de France - Norvège sera donné à 21 heures locales (3 heures du matin en France) au Gillette Stadium de Foxborough, une enceinte de 65 000 places qui promet une ambiance électrique. Les Bleus, déjà assurés de poursuivre l’aventure, joueront avant tout « pour Didier ».