Deux ministres chez Airbus à Montoir pour lancer un plan de 600 000 recrutements
Jean-Pierre Farandou et Sébastien Martin ont présenté le 20 avril une feuille de route nationale sur l'emploi industriel, depuis la Loire-Atlantique.
Le ministre du Travail et son homologue chargé de l'Industrie ont choisi Saint-Nazaire pour dévoiler un plan triennal visant 600 000 recrutements industriels dès 2026. La journée a également fait étape à Pontchâteau, dans une entreprise à but d'emploi.
Lundi 20 avril, Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail et des Solidarités, et Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l’Industrie, se sont déplacés en Loire-Atlantique pour présenter une feuille de route nationale sur le recrutement industriel. La visite s’est conclue sur le site d’Airbus Atlantic à Montoir-de-Bretagne, à quelques kilomètres de Saint-Nazaire.
Une journée en deux temps
Le matin, Jean-Pierre Farandou a visité Espacéa à Pontchâteau, entreprise à but d’emploi inscrite dans le programme Territoire zéro chômeur de longue durée, selon Actu.fr. L’après-midi, les deux ministres se sont retrouvés chez Airbus Atlantic pour l’annonce centrale.
Le choix du site n’est pas anodin. Airbus Atlantic à Montoir dispose d’un carnet de commandes de plus de 10 000 avions - soit plus de dix ans de production - et vise la livraison de 900 appareils en 2026, selon Ouest-France. L’usine incarne à la fois les besoins en main-d’œuvre et la capacité du territoire à absorber des recrutements massifs.
600 000 recrutements visés dès 2026
La feuille de route triennale annoncée fixe un objectif de 600 000 recrutements en CDI ou CDD de plus de six mois pour 2026, contre 580 000 l’année précédente, selon Connaissance des Énergies. Le plan table sur l’attractivité auprès des jeunes, le renforcement de la formation et de la reconversion. Des dispositifs ciblés sont prévus pour la défense et pour le nucléaire, l’énergie et la transition écologique.
Les chiffres du gouvernement sont clairs : un million de départs à la retraite dans l’industrie sont anticipés d’ici 2030, et 60 000 postes restent non pourvus chaque année. Les besoins détaillés incluent 100 000 personnes pour le nucléaire, plus de 100 000 pour la défense et entre 200 000 et 400 000 pour la transition écologique, selon Le Télégramme.
Jean-Pierre Farandou a résumé l’ambition : « Avec ce plan, nous allons renforcer les politiques d’orientation, de formation et de recrutement tournées vers l’industrie. »
Un territoire sous tension de recrutement
La Loire-Atlantique affiche des résultats contrastés. Entre 2019 et 2024, l’emploi industriel y a progressé de 7,8 %, soit 6 630 postes créés, plaçant le département au 12e rang national pour la croissance de l’emploi industriel, selon Pays de la Loire Éco. Mais en 2025, les intentions d’embauche dans la manufacturière régionale ont chuté de 25,6 % par rapport à 2024, selon France Travail - avec des secteurs comme le textile (-42,5 %) ou la chimie (-38,1 %) particulièrement affectés.
Au total, près de 63 000 projets de recrutement ont été recensés en Loire-Atlantique en 2025, soit 37,3 % des besoins en main-d’œuvre de toute la région Pays de la Loire, selon l’Observatoire de l’emploi régional. Le département reste un poids lourd industriel, mais la dynamique de recrutement marque le pas.
Sources
- Ouest-France : Deux ministres en visite chez Airbus pour faire décoller l'emploi dans l'industrie
- Actu.fr : Loire-Atlantique : pourquoi le ministre du Travail vient-il à Pontchâteau et à Airbus Montoir ?
- Connaissance des Énergies (AFP) : Industrie : le gouvernement annonce une feuille de route pour faciliter les recrutements
- Le Télégramme : Industrie : comment le gouvernement veut atteindre 600 000 recrutements en 2026