Dijon : insultes et menaces contre des policiers filmés lors d’une interpellation

Une vidéo virale montre un individu hurlant des insultes pendant une intervention de la BAC le 12 mai, le syndicat SCSI dénonce une banalisation du quotidien.

Dijon : insultes et menaces contre des policiers filmés lors d'une interpellation
Illustration Simon Perrot / info.fr

Le soir du 12 mai 2026, une interpellation menée par la BAC en centre-ville de Dijon a dégénéré en rébellion filmée. La vidéo, diffusée sur X, montre un individu proférant des insultes obscènes envers les policiers. Le syndicat SCSI y voit un exemple de plus d'une violence devenue ordinaire.

Le soir du 12 mai 2026, une interpellation menée par la BAC en centre-ville de Dijon a dégénéré en rébellion filmée. La vidéo, diffusée sur X, montre un individu proférant des insultes obscènes envers les policiers. Le syndicat SCSI y voit un exemple de plus d’une violence devenue ordinaire.

L’essentiel

  • Incident : interpellation par la BAC le 12 mai 2026 en centre-ville de Dijon, un suspect s’est rebellé
  • Vidéo virale : un individu filme la scène et hurle des insultes obscènes envers les policiers, selon les tweets du SCSI et de Matthieu Valet
  • Réaction syndicale : le SCSI (syndicat des officiers et commissaires) dénonce une banalisation quotidienne des violences contre les forces de l’ordre
  • Contexte local : en Côte-d’Or, les atteintes volontaires aux personnes ont augmenté de 4% en 2025, à 5 500 faits enregistrés (source : ici.fr)
  • National : 473 000 victimes de violences physiques recensées en France en 2025, soit +5% (ministère de l’Intérieur)

Ce qui s’est passé le 12 mai

Peu avant 20 heures, la Brigade Anti-Criminalité de Dijon procède à l’interpellation d’un suspect en centre-ville. L’arrestation tourne à la confrontation. Un tiers présent sur place filme la scène et hurle, à l’adresse des policiers : « bande de salopes », « niquez vos mères les putes ». La vidéo est mise en ligne dans la foulée sur X et circule rapidement, relayée par plusieurs comptes.

La Brigade Anti-Criminalité est chargée des interventions en flagrant délit sur la voie publique. Ce type de confrontation verbale filmée lors d’une interpellation n’est pas inédit à Dijon, mais la brutalité des propos et la diffusion immédiate sur les réseaux sociaux ont amplifié la portée de l’incident.

Aucune information sur d’éventuelles suites judiciaires pour l’auteur des insultes n’a été communiquée publiquement à ce stade.

La réaction du syndicat SCSI

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Le Syndicat des Commissaires et des Hauts Fonctionnaires de la Police Nationale (SCSI) a réagi rapidement sur X :

Selon le SCSI, cet incident illustre un phénomène quotidien. Le syndicat appelle à « inverser cette tendance pour une République apaisée ». Le terme utilisé - « journée ordinaire » - signale que ce type d’agression verbale n’est plus perçu comme exceptionnel par les fonctionnaires concernés.

Les insultes envers des agents de la force publique constituent une infraction pénale en droit français, passible d’une amende et d’une peine d’emprisonnement. La réaction du syndicat ne précise pas si une plainte a été déposée dans ce cas précis.

La récupération politique

Le député européen Matthieu Valet (RN) a relayé la vidéo sur X dès le soir du 12 mai :

Selon son tweet, 18 policiers sont blessés par jour en France. Il attribue ce contexte au discours de l’extrême-gauche. Cette lecture est celle d’un élu d’un parti politique et ne constitue pas un fait établi indépendamment. La donnée des 18 blessés par jour n’a pas pu être vérifiée dans les sources officielles disponibles à ce stade.

La vidéo a également été relayée par d’autres comptes, dont des incidents similaires contre la police ont été signalés ailleurs en France ces dernières semaines, notamment à Marseille.

Contexte dans la Côte-d’Or

L’incident du 12 mai s’inscrit dans un tableau départemental dégradé. Selon le bilan 2025 publié par ici.fr Bourgogne Franche-Comté, les atteintes volontaires aux personnes ont progressé de 4% en Côte-d’Or l’an dernier, pour atteindre 5 500 faits enregistrés. Les violences intrafamiliales représentent près de 1 500 faits, et les violences sexuelles ont bondi de 8%.

Sur le front du narcotrafic, les forces de l’ordre ont procédé à 246 interpellations pour trafic de stupéfiants en 2025 dans le département, soit une hausse de 42% par rapport à 2024, selon Le Bien Public. La même source indique qu’il n’existe plus aucun point de deal fixe recensé dans le département en fin d’année 2025 - résultat d’une pression policière accrue.

Dijon concentre les tensions les plus visibles. En 2025, une opération dans le quartier des Grésilles avait abouti à 198 interpellations et à la saisie de 50 kg de drogue, toujours selon Le Bien Public. En septembre 2025, quatre hommes âgés de 21 à 27 ans avaient été mis en examen pour infractions à la législation sur les armes, en lien avec des tirs mortels place de la République, selon Infos Dijon. La pression du narcotrafic est également signalée dans les métropoles voisines, notamment à Lyon.

Un phénomène national en hausse

Au niveau national, le ministère de l’Intérieur recense 473 000 victimes de violences physiques enregistrées par les forces de l’ordre en 2025, soit une hausse de 5% par rapport à 2024. Selon France 24, cette progression marque un retour à la hausse après une stabilisation observée en 2024. Les mineurs représentent 24% des victimes.

Ces données portent sur les victimes civiles, et non sur les policiers agressés. La question des atteintes aux agents reste traitée dans des statistiques distinctes. Des faits de violence en milieu urbain sont régulièrement signalés dans les agglomérations de taille moyenne.

Ce que la vidéo ne dit pas

La vidéo circulant sur X montre la réaction verbale d’un tiers filmant l’interpellation, et non l’interpellation elle-même dans son intégralité. Les circonstances exactes ayant conduit à l’arrestation du suspect - l’identité du filmeur, son lien avec l’interpellé, la nature des faits reprochés au suspect - n’ont pas été communiquées par les autorités à ce stade.

La préfecture de Côte-d’Or et la Direction Départementale de la Sécurité Publique (DDSP) n’ont pas fait de déclaration publique sur cet incident au 14 mai 2026.

La suite dépendra en partie d’une éventuelle plainte pour outrage à agent ou rébellion. Aucune audience n’est annoncée publiquement pour l’heure.

Sources

Simon Perrot

Simon Perrot

Simon est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Côte-d'Or (21), avec Dijon pour chef-lieu. Spécialité du département : viticulture Cote-de-Nuits/Cote-de-Beaune et Cite gastronomie. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Bourgogne-Franche-Comté.

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