Disparition de Lyhanna : recueillement et attente de l’autopsie après la découverte d’un corps

Un corps d'enfant retrouvé dans un silo agricole à Puycasquier le 4 juin, l'identification formelle en attente des résultats médico-légaux.

Disparition de Lyhanna : recueillement et attente de l'autopsie après la découverte d'un corps
Illustration Claire Rouquier / info.fr

Lyhanna Rameau Bernard, 11 ans, a disparu le 29 mai 2026 à Fleurance (Gers). Un corps portant des vêtements similaires aux siens a été découvert le 4 juin dans un silo agricole à Puycasquier. L'autopsie ordonnée par la juge d'instruction doit établir l'identification et les causes du décès.

L’essentiel

  • Disparition : Lyhanna Rameau Bernard, 11 ans, a disparu le 29 mai 2026 vers 15h à la sortie du collège Hubert Reeves à Fleurance (Gers).
  • Découverte : Un corps d’enfant vêtu de façon similaire à Lyhanna a été retrouvé le 4 juin 2026 dans un silo d’une exploitation agricole à Puycasquier (Gers).
  • Suspect : Jérôme B., 41 ans, proche de la famille, a été mis en examen et placé en détention provisoire pour enlèvement et séquestration de mineur de moins de 15 ans.
  • Autopsie : Le procureur d’Agen Olivier Naboulet a confirmé le 4 juin vers 18h l’ouverture d’une autopsie ordonnée par la juge d’instruction pour identification formelle et détermination des causes de la mort.
  • Antécédents : Le suspect avait fait l’objet de plaintes pour viols sur mineure en 2022 (classée sans suite) et en 2025 (en cours) ; une enquête administrative a été annoncée par les ministres de l’Intérieur et de la Justice.

Six jours de recherches, puis un silo agricole

Le vendredi 29 mai 2026, vers 15h, Lyhanna Rameau Bernard ne rejoint pas ses proches après la sortie du collège Hubert Reeves de Fleurance. La fillette de 11 ans, née le 8 août 2014 à La Rochelle et scolarisée dans ce collège gersois d’environ 286 élèves, est signalée disparue dans la foulée. Une information judiciaire est ouverte rapidement.

Pendant six jours, les recherches mobilisent forces de l’ordre, équipes cynophiles et bénévoles dans le secteur. Le 4 juin 2026, un corps d’enfant est découvert dans un silo d’une exploitation agricole à Puycasquier, commune du Gers située à une vingtaine de kilomètres au sud de Fleurance. Le corps porte des vêtements décrits comme similaires à ceux que portait Lyhanna le jour de sa disparition, selon le communiqué du procureur de la République d’Agen.

Le parquet d’Agen confirme la découverte à 18h le même jour. Le procureur Olivier Naboulet annonce qu’une autopsie a été ordonnée par la juge d’instruction pour permettre l’identification formelle du corps et déterminer les causes du décès. Les résultats ne sont pas encore connus à l’heure où ces lignes sont publiées.

La famille « dans le plus grand effroi »

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Dans un communiqué transmis le 4 juin, Me François Roujou de Boubée, avocat de la famille de Lyhanna, exprime la douleur des proches : « C’est avec le plus grand effroi que nous apprenons la découverte d’un corps portant les mêmes habits que Lyhanna le jour de sa disparition. Dans l’attente de l’autopsie, le temps est maintenant au recueillement et au deuil. »

Cette formulation, sobre et mesurée, reflète l’état d’esprit décrit par les médias locaux autour de Fleurance depuis l’annonce de la découverte. Centre Presse Aveyron avait couvert dès le 4 juin le climat de recueillement, d’incompréhension et d’interrogations qui s’installe dans la région, en attente des conclusions médico-légales.

Le suspect : un proche de la famille mis en examen

Jérôme B., 41 ans, a été identifié rapidement comme suspect. Selon les informations de BFM TV et du Journal du Gers, il s’agit du père d’une amie de Lyhanna, soit un proche de l’entourage familial. Il a été mis en examen et placé en détention provisoire pour enlèvement et séquestration de mineur de moins de 15 ans.

Les faits se seraient en partie noués lors d’une soirée pyjama à Montestruc-sur-Gers, selon Actu.fr. Le déroulé précis des événements entre le 29 mai et la découverte du corps reste à établir dans le cadre de l’information judiciaire en cours.

Sur le plan des antécédents, la situation du suspect soulève des questions graves. Selon Centre Presse Aveyron et Actu.fr, Jérôme B. avait fait l’objet d’une plainte pour viols sur mineure en 2022, classée sans suite, puis d’une nouvelle plainte en 2025, toujours en cours au moment des faits. Une troisième plainte a été déposée le 3 juin 2026. Face à ces éléments, les ministres de l’Intérieur et de la Justice ont annoncé l’ouverture d’une enquête administrative sur d’éventuels dysfonctionnements dans le traitement judiciaire de ces signalements antérieurs.

Des affaires similaires impliquant des récidivistes passés à travers les mailles des contrôles judiciaires ont récemment alimenté le débat public. À Privas, un homme de 79 ans a été mis en examen pour l’enlèvement d’une fillette de 5 ans, avec un jugement prévu le 16 juillet 2026.

Contexte dans l’Aveyron

L’affaire Lyhanna se déroule dans le Gers (département 32), mais elle résonne fortement dans les départements voisins, dont l’Aveyron (12). Centre Presse Aveyron, média de référence du département, suit l’affaire depuis le début et a publié dès le 4 juin un article de fond sur le deuil et les interrogations locales.

L’Aveyron, département rural de 280 000 habitants environ, est géographiquement proche du Gers. Rodez, préfecture de l’Aveyron, se trouve à moins de 150 kilomètres de Fleurance. Les médias aveyronnais traitent régulièrement les faits divers du grand Sud-Ouest, en particulier lorsqu’ils touchent des enfants ou impliquent des enjeux judiciaires nationaux.

Le traitement de cette disparition par Centre Presse Aveyron illustre aussi la façon dont un drame gersois peut mobiliser l’opinion dans toute la région Occitanie. L’enquête administrative annoncée par le gouvernement sur les signalements antérieurs concernant le suspect dépasse le cadre local : elle touche au fonctionnement des parquets et des services de protection de l’enfance à l’échelle nationale.

Dans ce contexte, les affaires de violences judiciaires font l’objet d’une attention accrue. À Tulle (Corrèze), trois hommes ont récemment été jugés pour vol avec violences, deux d’entre eux étant condamnés à de la prison ferme - une illustration de la diversité des faits pris en charge par les juridictions régionales.

Des questions sur les signalements antérieurs

L’annonce d’une enquête administrative sur d’éventuels dysfonctionnements est l’un des points les plus sensibles de l’affaire. La plainte de 2022 classée sans suite, puis celle de 2025 - qui n’avait pas conduit à une mise en détention du suspect avant la disparition de Lyhanna - sont au cœur des interrogations.

La question de savoir pourquoi un homme suspecté de viols sur mineur était toujours libre et en contact avec des enfants n’a pas encore reçu de réponse officielle. Le contenu de l’enquête administrative annoncée par les ministres n’a pas été détaillé à ce stade.

Me François Roujou de Boubée, l’avocat de la famille, n’a pas commenté publiquement ces antécédents dans son communiqué du 4 juin, se limitant à appeler au recueillement dans l’attente de l’autopsie.

L’autopsie, étape décisive

L’autopsie ordonnée par la juge d’instruction doit répondre à deux questions : confirmer formellement l’identité du corps retrouvé à Puycasquier, et établir les causes et les circonstances du décès. Ces éléments conditionneront l’évolution des charges retenues contre Jérôme B., actuellement mis en examen pour enlèvement et séquestration - qualification susceptible d’être alourdie selon les conclusions médico-légales.

Le procureur Olivier Naboulet n’a pas donné d’indication sur le délai prévisible pour la communication des résultats. Les investigations de la juge d’instruction se poursuivent en parallèle.

Les résultats de l’autopsie et les suites de l’enquête administrative sur les dysfonctionnements potentiels constituent les deux prochaines échéances attendues dans ce dossier.

Sources

Claire Rouquier

Claire Rouquier

Claire est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Aveyron (12), avec Rodez pour chef-lieu. Spécialité du département : AOC roquefort et viaduc de Millau. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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