Djerba inaugure la première station solaire pour la pêche artisanale en Tunisie
Une station photovoltaïque dédiée à la recharge des batteries de bateaux de pêche a été mise en service ce mercredi au port d'Ajim, dans le cadre d'un projet pilote de décarbonation du secteur.
Le 24 juillet 2026, la Tunisie franchit une étape dans sa transition énergétique avec l'inauguration au port d'Ajim, à Djerba, de la première station photovoltaïque conçue pour recharger les batteries de bateaux de pêche artisanale. Piloté par le WWF Afrique du Nord et financé par le Royaume-Uni, ce projet vise à réduire la dépendance des pêcheurs aux carburants fossiles.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le 24 juillet 2026, inauguration de la première station photovoltaïque pour la pêche artisanale en Tunisie au port d'Ajim, Djerba.
- Projet piloté par le WWF Afrique du Nord avec financement britannique, déployé à Ajim (Médenine) et Ghannouch (Gabès).
- Première navigation test d'un bateau de pêche solaire réussie le 29 juin 2026 à Ajim.
- Objectif réduire la dépendance des pêcheurs aux carburants fossiles et abaisser leurs coûts d'exploitation.
- La Tunisie vise 30 % d'énergies renouvelables dans son mix électrique d'ici 2030.
Le port d’Ajim, sur l’île de Djerba, accueille ce jeudi 24 juillet une infrastructure inédite en Tunisie : une station photovoltaïque dédiée exclusivement à la recharge des batteries pour la pêche artisanale électrique. Selon La Presse de Tunisie, il s’agit d’une première nationale dans un secteur où la dépendance aux carburants fossiles pèse lourd sur les coûts d’exploitation des pêcheurs.
Un projet pilote pour décarboner la pêche artisanale
L’initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Décarbonation de la pêche artisanale en Tunisie », piloté par le WWF Afrique du Nord avec un financement du Royaume-Uni via le FCDO. Déployé à Ajim, dans le gouvernorat de Médenine, et à Ghannouch, dans le gouvernorat de Gabès, le dispositif équipe les pêcheurs de moteurs électriques, de batteries rechargeables et de stations solaires.
Le 29 juin dernier, une première navigation d’un bateau de pêche 100 % solaire avait été testée avec succès à Ajim, ouvrant la voie à cette inauguration officielle. Selon Webmanagercenter, le projet vise à abaisser les coûts pour les pêcheurs tout en réduisant les émissions polluantes liées à la combustion de diesel.
Réduire les coûts et la dépendance énergétique
Les pêcheurs artisanaux tunisiens consacrent une part importante de leurs revenus au carburant. La station photovoltaïque d’Ajim offre une alternative en permettant la recharge gratuite ou à coût réduit des batteries électriques. Le dispositif solaire permet aux bateaux équipés de moteurs électriques de sortir en mer sans recourir au diesel, réduisant ainsi leur facture énergétique et leur empreinte carbone.
L’installation de ces stations intervient dans un contexte de canicule et de demande énergétique accrue en Tunisie, où les énergies renouvelables représentent un levier stratégique pour alléger la pression sur le réseau électrique national et limiter les importations d’hydrocarbures.
Contexte en Tunisie
La Tunisie compte environ 12 000 bateaux de pêche artisanale répartis le long de ses la Tunisie compte environ 2 300 kilomètres de côtes. Le secteur fait vivre des dizaines de milliers de familles, notamment dans les régions côtières du sud-est comme Djerba et Gabès. Ces dernières années, la hausse des prix du carburant et la raréfaction des ressources halieutiques ont fragilisé la rentabilité de la pêche artisanale.
Le gouvernement tunisien affiche depuis 2015 l’ambition de porter la part des énergies renouvelables à 30 % de son mix électrique d’ici 2030. Le projet d’Ajim s’inscrit dans cette dynamique, tout en répondant aux défis spécifiques d’un secteur traditionnellement peu capitalisé et très exposé aux fluctuations des marchés de l’énergie.
Un modèle reproductible pour le littoral méditerranéen
Le WWF Afrique du Nord conçoit cette station comme un démonstrateur technologique reproductible. Si les résultats de la phase pilote à Ajim et Ghannouch confirment la viabilité économique et technique du dispositif, le modèle pourrait être étendu à d’autres ports tunisiens, voire à des communautés de pêcheurs dans le bassin méditerranéen confrontées aux mêmes enjeux de transition énergétique.
L’initiative attire l’attention d’autres pays de la région, où la pêche artisanale demeure un pilier économique et social. La station d’Ajim pourrait ainsi servir de référence pour des projets similaires en Algérie, au Maroc ou en Libye, où les flottes artisanales restent massivement dépendantes du diesel subventionné.
Prochaine étape : évaluation et essaimage
Le WWF et ses partenaires prévoient une phase d’évaluation de six mois pour mesurer l’impact économique et environnemental du dispositif. Les données collectées serviront à ajuster le modèle avant toute extension. Aucune réunion de restitution n’est prévue à l’automne 2026 pour présenter les premiers résultats aux autorités tunisiennes et aux bailleurs internationaux.