Djokovic ironise sur ses conseils à Sinner : « Peut-être une erreur »
Battu deux années de suite en demi-finale à Wimbledon, le Serbe regrette en plaisantant d'avoir aidé l'Italien après 2023
Novak Djokovic a livré tous ses secrets à Jannik Sinner après leur demi-finale de Wimbledon en 2023. Résultat l'Italien l'a battu en 2025 puis en 2026 sur le gazon londonien.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Passage de relais générationnel
Djokovic, 39 ans, voit Sinner s'imposer comme la nouvelle force du tennis. Deux défaites consécutives à Wimbledon marquent un basculement.
Ironie des conseils retournés
En livrant ses analyses à Sinner en 2023, Djokovic a involontairement armé son futur bourreau à Wimbledon.
Quête du 25e Grand Chelem reportée
La défaite en demi-finale 2026 repousse encore l'objectif du record absolu pour Djokovic.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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2022
Djokovic bat Sinner
Quart de finale à Wimbledon, victoire de Djokovic après avoir été mené deux sets à zéro
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2023
Conseils donnés
Djokovic bat Sinner en demi-finale et lui livre ensuite tous ses secrets tactiques
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2025
Première défaite
Sinner bat Djokovic 6-3, 6-3, 6-4 en demi-finale et remporte Wimbledon
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2026
Deuxième défaite
Sinner élimine encore Djokovic 6-4, 6-4, 6-4 en demi-finale, le Serbe ironise
Le gymnase de Wimbledon, juillet 2026. Novak Djokovic traverse la salle, cherche Jannik Sinner - lui serre la main. Il vient de perdre 6-4, 6-4, 6-4 en demi-finale. Deuxième année consécutive que l’Italien le sort au même stade. Il félicite l’équipe entière. Pas de drame. Juste un geste.
Quelques jours plus tard, Djokovic raconte l’histoire. En 2023 - il bat Sinner en demi-finale à Wimbledon. Après le match, il lui donne tout: « Tout ce que je pouvais observer sur le court: ses faiblesses, ses forces, les choses sur lesquelles » il doit travailler. Un débriefing complet, sans filtre. « Je lui ai donné tous les détails de tout ce que j’ai remarqué sur le court » - précise-t-il.
Trois ans plus tard, le bilan est brutal. Sinner l’a battu en 2025 (6-3, 6-3, 6-4 ) puis en 2026 (6-4, 6-4, 6-4 ). Deux demi-finales, deux défaites. Djokovic ironise: « Et puis, les trois années suivantes, il me bat à Wimbledon chaque année. Alors, peut-être que j’ai fait une erreur ».
« Une bonne vieille raclée »
Le match de 2026 ne laisse aucun doute. Djokovic parle d’« une bonne vieille raclée ». Il était « un demi-pas en retard sur chaque coup » - Sinner était « un niveau ou plus meilleur ». Pas d’excuse, juste un constat.
Djokovic sort d’un quart de finale marathon de 5 heures et 15 minutes contre Felix Auger-Aliassime. Le corps n’a pas suivi. Il décrit une « désynchronisation » entre son esprit et son physique. À 39 ans - le décalage se creuse. « Mon corps ralentissait », admet-il.
Mais il refuse de transformer ça en excuse. « Rien enlever à Sinner » - insiste-t-il. L’Italien était « tout simplement le meilleur joueur » - avec une « performance exceptionnelle ». Djokovic était « un ou deux niveaux » en dessous, face à un adversaire qui jouait « si solidement de tous les côtés ».
Le retour qui n’aura pas lieu
Pendant le match, un supporter l’encourage depuis les tribunes. Il peut revenir, il l’a déjà fait. Djokovic sourit, répond en plaisantant que ce genre de retour était possible « quand il avait une décennie de moins ». L’humour comme armure.
En 2022 - il avait battu Sinner en quart de finale après avoir été mené deux sets à zéro. En 2023 - il l’avait encore éliminé en demi-finale. Depuis, le rapport de force s’est inversé. Les deux dernières années à Wimbledon appartiennent à l’Italien. « Chaque putain d’année » - lâche Djokovic avec un rire amer.
La quête d’un 25e titre du Grand Chelem est repoussée. Le corps ne pardonne plus. La « désynchronisation entre son esprit et son physique » le rend « fou », dit-il. Il pensait pouvoir tenir. Il a tenu. Mais « pas assez vif ».
Ce que personne ne dit
L’ironie est totale. En 2023 - Djokovic donne à Sinner les clés pour le battre. Il croit transmettre, former, peut-être dominer encore en partageant son savoir. Trois ans plus tard, ce même savoir est retourné contre lui. L’élève a dépassé le maître non pas malgré les conseils, mais grâce à eux.
Ce geste, donner tout à un rival direct, révèle quelque chose que les chiffres ne montrent pas. Djokovic ne pensait pas que Sinner puisse devenir cette force. Ou alors il pensait pouvoir encore compenser par l’expérience. Il s’est trompé sur les deux tableaux. Le corps a vieilli plus vite que prévu, Sinner a progressé plus vite qu’imaginé.
Djokovic ne regrette rien publiquement. Mais cette phrase, « peut-être que j’ai fait une erreur », dit tout. Pas de colère, pas d’amertume. Juste la lucidité d’un champion qui voit le passage de relais s’accomplir, et qui réalise qu’il en a été l’artisan involontaire.
Sinner, « la force dominante »
Djokovic ne fait pas semblant. Il reconnaît que Sinner était « bien meilleur joueur sur le court » - « la force dominante ». Pas de pirouette rhétorique, pas de relativisation. Il a été battu, point.
Après la défaite en demi-finale de Roland-Garros, il avait déjà ironisé: « C’est bien de ne pas avoir pris 6-0 de la part de Sinner ». L’autodérision comme réponse à l’évidence. Il sait que l’écart se creuse. Il le dit, il l’assume.
En 2025 - une blessure l’avait gêné avant la demi-finale. En 2026 - c’était la fatigue d’un quart de finale trop long. Mais les explications ne changent rien au résultat. Deux défaites en deux ans au même stade, contre le même adversaire. Le gazon de Wimbledon appartient désormais à quelqu’un d’autre.
Djokovic quitte le court. Sinner reste. L’histoire continue, sans lui.
