Dominic Thiem : du sommet du tennis mondial au terrain de football amateur
L'ancien champion de l'US Open troque la raquette pour le ballon rond en amateur
L'ancien numéro 3 mondial et vainqueur de l'US Open 2020 rejoint un club de 8e division autrichienne. Une reconversion radicale après une blessure qui a mis fin à sa carrière tennistique.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Reconversion radicale
Un champion de Grand Chelem qui abandonne le circuit professionnel pour un club amateur de 8e division : une trajectoire rarissime dans le sport de haut niveau.
Blessure chronique
Le poignet droit de Thiem, blessé en 2021, l'a empêché de retrouver son niveau. Cette reconversion est aussi une fuite en avant physique : un sport qui épargne son point faible.
Passion versus performance
Avec 1 but en 10 matchs dans son précédent club, Thiem ne débarque pas en prodige. Mais il assume : il cherche le plaisir, pas les trophées.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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2011
Débuts professionnels
Thiem commence sa carrière sur le circuit ATP
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2018-2019
Finales à Roland-Garros
Deux finales consécutives perdues sur la terre battue parisienne
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mars 2020
Numéro 3 mondial
Thiem atteint son meilleur classement ATP
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2020
Sacre à l'US Open
Victoire en finale contre Alexander Zverev, son seul titre du Grand Chelem
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juin 2021
Blessure au poignet
Contracte une blessure chronique à Majorque dont il ne se remettra jamais totalement
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oct. 2024
Retraite du tennis
Met fin à sa carrière lors du tournoi de Vienne à 31 ans
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15 juil. 2026
Signature au Badener AC
Enregistrement officiel à la fédération autrichienne de football
Le terrain synthétique de Baden, quinze kilomètres au sud de Vienne. Dominic Thiem court derrière un ballon, maillot amateur sur le dos. Pas de caméra, pas de sponsors, pas de grand chelem. Juste un club de 8e division autrichienne et une passion pour le ballon rond.
L’ancien numéro 3 mondial vient de signer au Badener AC. Après avoir quitté les courts en octobre 2024 - le voilà enregistré officiellement à la fédération autrichienne de football le 15 juillet 2026. Une reconversion qui surprend le monde du sport.
Du court central au terrain de quartier
À 31 ans - Thiem a rangé sa raquette lors du tournoi de Vienne. Derrière lui: 17 titres ATP - 348 victoires - un sacre à l’US Open 2020. Et trois finales de Grand Chelem: Roland-Garros 2018 et 2019 - Open d’Australie 2020.
Le tennis s’arrête. Le football commence. « Après tout ce que j’ai vécu avec mon poignet, je voulais simplement jouer au sport qui me passionne autant que le tennis », confie Thiem. « Le Badener AC est l’endroit idéal pour moi: une ambiance conviviale, du plaisir, et l’envie de partager un terrain avec une équipe, sans la pression du résultat professionnel. »
La blessure qui a tout changé
Juin 2021, Majorque. Thiem se blesse au poignet droit. Ce qui devait être une interruption temporaire devient un calvaire de trois ans. Les tentatives de retour échouent les unes après les autres. Le numéro 3 mondial atteint en mars 2020 dégringole hors du top 100. Les infiltrations, la rééducation, les pauses: rien n’y fait.
En octobre 2024 - il capitule. Trois ans et demi après Majorque, il quitte les courts définitivement.
Mais le football, lui, reste possible. Pas de microtraumatismes répétés sur le même membre. Pas de raquette qui pèse sur le poignet fragile. Courir, passer, frapper du pied: des gestes que son corps tolère encore. La reconversion n’est pas seulement un choix de passion. C’est aussi une nécessité physique.
Ce que personne ne dit: aucun privilège garanti
Le nom Thiem ne suffira pas. Sergej Petrovic, du Badener AC, pose les règles: « Nous avons entendu dire qu’il était un bon joueur. J’espère qu’il jouera. Tout le monde doit se battre pour une place dans le onze de départ ». Pas de statut, pas de passe-droit. Thiem devra mériter son maillot comme n’importe quel amateur.
Son bilan au SC Lichtenwörth, son club précédent, parle: 1 but en 10 matchs. Des statistiques qui ne plaident pas pour un talent naturel. Mais le natif de Wiener Neustadt - supporter affirmé de Chelsea FC - assume ce nouveau départ loin des projecteurs.
1 but en 10 matchsDu sommet du tennis professionnel à l'anonymat du football amateur
Le paradoxe du champion qui accepte la médiocrité
Un homme habitué à la compétition de haut niveau accepte désormais de rater des passes et de perdre des matchs sans que personne n’en parle. Comment un ancien numéro 3 mondial, forgé dans la compétition de haut niveau depuis 2011 - peut-il psychologiquement supporter l’échec sportif amateur?
Thiem affirme chercher « le plaisir » et jouer « sans la pression du résultat professionnel ». Mais son ADN de compétiteur s’efface-t-il si facilement? Un champion qui a tout gagné peut-il vraiment trouver la paix dans la défaite anonyme? Ou cette reconversion est-elle une fuite: celle d’un corps abîmé qui préfère l’anonymat du football amateur plutôt que d’affronter son déclassement dans le tennis?
Son bilan médiocre (1 but en 10 matchs) ne semble pas l’affecter. Thiem a choisi son camp: celui du plaisir immédiat plutôt que de l’excellence inaccessible. Une rupture radicale avec quinze ans de carrière professionnelle.
Une chute hiérarchique sans précédent dans le tennis
Le tennis professionnel a connu des reconversions: Paolo Maldini, légende du football italien, s’était reconverti dans le tennis professionnel en double - participant même à un tournoi Challenger. Bixente Lizarazu, champion du monde 1998 - a brillé en Jiu-Jitsu brésilien après avoir quitté les terrains. Michael Jordan avait tenté une carrière dans le baseball professionnel après son premier retrait des parquets en 1993.
Mais aucun cas comparable n’existe dans l’histoire du tennis: un vainqueur de Grand Chelem qui descend directement en 8e division d’un sport collectif amateur. Maldini visait le circuit Challenger professionnel. Jordan tentait les ligues mineures du baseball, mais avec l’ambition d’atteindre la MLB. Thiem, lui, accepte d’emblée l’anonymat total.
Ce qui rend son cas unique, ce n’est pas le changement de sport. C’est la radicalité de la chute hiérarchique assumée: du court central de l’US Open au terrain synthétique de Baden, sans étape intermédiaire. Un précédent inédit.
L’ambition d’un champion sans son statut
Le contraste frappe. D’un côté, une carrière lancée en 2011 sur le circuit professionnel, des millions de dollars de gains, des stades remplis. De l’autre, un terrain de quartier en Basse-Autriche, des vestiaires modestes, un public de quelques dizaines de personnes.
Aucune source consultée ne précise si Thiem conserve des revenus annexes (droits d’image, investissements) ou s’il a renoncé à des opportunités lucratives post-tennis (coaching, commentariat) pour privilégier ce retour à l’anonymat sportif. Ce silence interroge: joue-t-il par passion pure ou par nécessité de rester actif après la fin brutale de sa carrière?
Mais pour Thiem, c’est précisément ce qui compte. Jouer sans la pression du résultat, retrouver le plaisir simple du sport collectif, oublier les années de souffrance physique qui ont plombé sa fin de carrière tennistique. Son poignet ne lui permettait plus de viser le sommet mondial. Ses jambes peuvent encore courir derrière un ballon.
Le premier match officiel n’a pas encore eu lieu. Thiem s’entraîne, apprend les schémas tactiques, découvre les codes du vestiaire amateur. À Baden, personne ne parle de son US Open. On parle du prochain match, du terrain qui a besoin d’être tondu, du bus pour le déplacement de dimanche.
Thiem lace ses crampons. Le terrain l’attend.