Dorian Godon met dix minutes à se lever après sa chute au Tour de France
Le coureur français a terminé dernier de la 13e étape, un jour après sa chute violente à Chalon-sur-Saône
Le coureur de Netcompany INEOS a chuté jeudi à 350 mètres de l'arrivée de la 12e étape. Le lendemain, il peine à sortir du lit et termine dernier. Samedi, 3 800 mètres de dénivelé l'attendent.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Tenue physique
Godon doit enchaîner 3 800 m de dénivelé samedi avec un dos meurtri et des douleurs qui limitent ses mouvements. La fatigue s'installe.
Objectif de victoire compromis
Le sprint de Chalon-sur-Saône devait offrir à Godon sa deuxième victoire d'étape sur le Tour. La chute anéantit cet espoir et le relègue en survie.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Dorian Godon met dix minutes à se lever du lit le lendemain de sa chute
- Il termine dernier de la 13e étape avec 25 minutes de retard
- La chute survient à plus de 60 km/h à 350 mètres de l'arrivée
- Aucune fracture ni commotion cérébrale, mais le dos « complètement en vrac »
- Samedi 3 800 m de dénivelé et quatre cols à escalader
Vendredi matin, Dorian Godon ouvre les yeux dans sa chambre d’hôtel. Il tente de se lever. Il n’y arrive pas. Il met dix minutes. « J’ai mis dix minutes à me lever de mon lit ce matin tellement j’avais du mal à bouger » - racontera-t-il quelques heures plus tard au micro de RMC Sport.
La veille, jeudi 16 juillet - le coureur de Netcompany INEOS a percuté le bitume à 350 mètres de l’arrivée de la 12e étape du Tour de France 2026, entre Nevers et Chalon-sur-Saône. Le peloton roulait à plus de 60 km/h. Une dizaine de coureurs se sont entassés dans un carambolage en plein sprint. Godon a été emporté par un coureur tombé devant lui.
Kévin Vauquelin - son coéquipier, est le premier à le voir remonter sur le vélo. « Il se plaint beaucoup du dos » - dit-il à Eurosport. « Ça fait peur ». Godon pédale à peine. Il franchit quand même la ligne d’arrivée.
Commotion cérébrale évoquée puis écartée
Le soir même, une divergence de diagnostic émerge. Christian Prudhomme - directeur du Tour de France, évoque une commotion cérébrale. L’équipe Netcompany INEOS réagit rapidement et publie un communiqué médical qui écarte ce diagnostic. Deux tests sont réalisés dans les heures qui suivent la chute. Résultat: aucun signe de commotion cérébrale. Le bilan officiel fait état d’abrasions cutanées et de douleurs musculaires dorsales. Pas de fracture non plus.
Le protocole UCI se met en place
Malgré l’absence de commotion diagnostiquée, le protocole de l’Union cycliste internationale impose une surveillance rapprochée. L’équipe doit examiner Godon au moins deux fois par jour. Ces examens visent à détecter tout signe tardif de traumatisme crânien ou toute aggravation des douleurs dorsales. Le staff médical de Netcompany INEOS applique ce protocole à la lettre.
Un dos « complètement en vrac » qui bloque tout
Reste le dos. « Ça va mieux, je n’ai rien de cassé, mais j’avais du mal à bouger le dos, il est complètement en vrac » - confie Godon avant le départ de la 13e étape - reliant Dole à Belfort - le vendredi 17 juillet.
Il prend le départ. Il termine 171e et dernier - à vingt-cinq minutes du vainqueur. Vauquelin le voit arriver. « En très mauvais état » - dit-il. « Effrayant ».
3 800 mètres de dénivelé et un corps épluché
Samedi, la 14e étape enchaîne 155 km et 3 800 mètres de dénivelé - avec quatre cols à escalader. Pour un dos meurtri qui ne répond plus normalement, c’est une épreuve disproportionnée. Jérôme Pineau - consultant cyclisme, pose la question que l’équipe ne pose pas: « Quand on a le corps épluché comme ça, ça devient de plus en plus dur moralement et physiquement. La fatigue s’installe, on traîne sa misère ». Chaque coup de pédale sollicite la zone lombaire. Chaque relance en danseuse mobilise les muscles dorsaux. Les descentes, normalement des moments de récupération, deviennent des épreuves de stabilité pour un dos incapable de maintenir une posture aérodynamique prolongée. La tenue physique sur les étapes restantes devient l’enjeu principal pour Godon. Tenir, c’est déjà une victoire.
L’objectif de victoire englouti par le bitume
Godon visait une deuxième victoire d’étape sur le Tour après Bologne en 2024. Le sprint de Chalon-sur-Saône devait être sa chance. C’était l’étape idéale: un final rectiligne, un peloton lancé à pleine vitesse, une équipe prête à le positionner. Tim Merlier a levé les bras. Godon a levé la tête du bitume. Cet objectif de deuxième victoire s’est évaporé à 350 mètres de la ligne. Désormais, l’ambition n’est plus de gagner. Elle est de tenir. De se lever samedi matin. De franchir les quatre cols. De ne pas abandonner comme Fernando Gaviria et Jenno Berckmoes - tous deux sortis avec une clavicule gauche fracturée.
Vendredi soir, Godon dort quelque part entre Belfort et la montagne. Samedi matin, il devra se lever. Peut-être en dix minutes. Peut-être en vingt.
