Flotte fantôme russe : le pétrolier Tagor libéré après une amende d’un million d’euros
Le procureur de Brest a levé l'immobilisation administrative du navire bloqué en baie de Douarnenez depuis le 2 juin. L'armateur a plaidé coupable et réglé l'amende.
Le pétrolier russe Tagor, soupçonné d'appartenir à la flotte fantôme, va quitter la baie de Douarnenez. Le procureur de Brest a annoncé ce 2 juillet la levée de son immobilisation après le paiement d'une amende d'un million d'euros.
L’essentiel
- Amende record : Le propriétaire du pétrolier Tagor a été condamné à 1 million d’euros pour défaut de pavillon et refus d’obtempérer, somme déjà réglée.
- Fin du blocage : L’immobilisation administrative du navire, bloqué en baie de Douarnenez depuis le 2 juin, a été levée le 2 juillet par le procureur de Brest.
- Interception : Le Tagor avait été arraisonné le 31 mai par la Marine nationale à 740 km des côtes bretonnes alors qu’il arborait frauduleusement un pavillon camerounais.
- Contexte : Il s’agit du quatrième navire de la flotte fantôme russe intercepté par les autorités françaises depuis 2026.
Le pétrolier russe Tagor, long de 252 mètres, est autorisé à quitter la baie de Douarnenez (Finistère). Le procureur de la République de Brest, Stéphane Kellenberger, a annoncé ce jeudi 2 juillet 2026 la levée de son immobilisation administrative, conditionnée au paiement d’une amende d’un million d’euros.
Un plaider-coupable et une amende réglée
La société propriétaire du navire, immatriculée aux îles Marshall, a reconnu sa culpabilité dans le cadre d’une comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC). Elle a été condamnée par le tribunal judiciaire de Brest pour défaut de pavillon et refus d’obtempérer en mer. L’amende d’un million d’euros a été intégralement versée, selon le parquet.
« L’armateur s’est engagé à obtenir rapidement un pavillon licite avant de quitter les eaux françaises », a précisé le procureur. Le Tagor est donc libre de reprendre la mer dès que cette formalité sera accomplie.
Interception début juin et faux pavillon camerounais
Le Tagor avait été intercepté par la Marine nationale le 31 mai 2026 à plus de 740 kilomètres à l’ouest de la Bretagne. Le navire avait refusé d’obtempérer aux injonctions, ce qui a conduit au déploiement d’un hélicoptère et de commandos marine pour l’arraisonner. Il a ensuite été dérouté vers la baie de Douarnenez, où il a mouillé le 2 juin.
Les enquêteurs ont établi que le Tagor utilisait frauduleusement un pavillon du Cameroun. Le gouvernement camerounais avait fermement condamné cet usage non autorisé. Le commandant russe du navire, placé en garde à vue le 3 juin, avait été relâché dès le lendemain, mais l’enquête s’est poursuivie.
Ce géant des mers, soupçonné de transporter du pétrole brut russe pour contourner les sanctions internationales liées à la guerre en Ukraine, fait partie de ce que les experts appellent la flotte fantôme.
Contexte dans le Finistère
Le Finistère, premier département maritime breton avec 2 263 km de côtes, est régulièrement confronté aux trafics illicites en mer. Le secteur de Douarnenez, port de pêche historique, a été transformé en zone de surveillance temporaire durant l’immobilisation du Tagor.
Selon la préfecture maritime de l’Atlantique, quatre navires de la flotte fantôme russe ont été interceptés par les autorités françaises depuis septembre 2025. Le Tagor est le troisième arraisonnement en haute mer et le second à aboutir à une condamnation pénale. Ces opérations mobilisent des moyens importants de la Marine nationale et des douanes.
Pour les habitants de Douarnenez, le navire est resté un sujet de curiosité et d’inquiétude. « On voit ce pétrolier depuis la côte, c’est impressionnant. Mais on se demande quels risques il fait peser sur notre baie », témoigne un riverain. La mairie de Douarnenez, consultée, n’a pas souhaité commenter.
Prochaine étape : le départ du Tagor
Le Tagor est désormais en attente d’un nouveau pavillon. Une fois cette formalité administrative accomplie, il pourra lever l’ancre et quitter la baie de Douarnenez. Aucune date précise n’a été communiquée par le procureur. Le navire devra ensuite regagner des eaux internationales sous sa nouvelle immatriculation.
Cette affaire illustre la volonté des autorités françaises de lutter contre le contournement des sanctions européennes visant la Russie. L’amende d’un million d’euros - la plus élevée jamais prononcée pour ce type d’infraction dans l’Atlantique - envoie un signal aux opérateurs de la flotte fantôme.