Double féminicide à Montmorillon : une victime avait alerté la gendarmerie

Deux sœurs de 68 et 71 ans abattues par l'ex-compagnon de la cadette, un ancien militaire mort le soir même au CHU de Poitiers.

Double féminicide à Montmorillon : une victime avait alerté la gendarmerie
Illustration Isabelle Dumas / info.fr

Le 12 avril 2026, deux sœurs ont été tuées par balle devant leur domicile à Montmorillon, dans la Vienne. Le suspect, âgé de 66 ans, s'est blessé mortellement après les faits. La cadette des victimes avait déposé une main courante pour harcèlement moins de deux mois auparavant.

Les corps ont été découverts vers 13h45, alertés par des voisins, les gendarmes ont trouvé l’une des femmes dans l’allée de la maison, près d’un véhicule, l’autre devant la porte d’entrée. Deux sœurs, âgées de 68 et 71 ans, abattues par balle devant le domicile de l’une d’elles, rue du même quartier où résidait leur agresseur présumé, selon Le Monde.

Un ancien militaire du voisinage

Le suspect est l’ex-compagnon de la cadette. Âgé de 66 ans, il était un ancien militaire vivant dans la même rue que ses victimes. Aucun antécédent judiciaire connu, selon le Charente Libre. Après avoir ouvert le feu sur les deux femmes, il s’est blessé par balle au thorax. Héliporté au CHU de Poitiers, il est décédé dans la soirée du 12 avril des suites de ses blessures auto-infligées, selon France Info.

Il n’était pas fiché comme détenteur d’arme. Il n’était pas non plus suivi par le pôle violences intrafamiliales du parquet de Poitiers, précise Libération.

Une alerte ignorée deux mois avant le drame

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La cadette des victimes avait pourtant tenté d’alerter les autorités. Le 25 février 2026, elle avait déposé une main courante à la gendarmerie pour harcèlement persistant. Son ex-compagnon, dont elle s’était séparée en décembre 2023, insistait pour maintenir un contact malgré la rupture. Les gendarmes l’avaient alors convoqué et averti de cesser tout contact, selon le Charente Libre. Aucune suite judiciaire n’avait été donnée à ce stade.

Ce point concentre les interrogations depuis l’annonce du drame. La main courante n’est pas une plainte. Elle n’ouvre pas automatiquement une procédure pénale ni un suivi par le parquet. Le suspect, sans casier, n’entrait dans aucun des critères de signalement existants.

Une enquête ouverte, des autopsies réalisées

Le parquet de Poitiers a ouvert une enquête pour assassinat. Elle est confiée à la brigade de recherches de Montmorillon et à la section de recherches de la Vienne, selon France 3 Régions. Les autopsies des deux victimes ont été réalisées le 13 avril, celle du suspect le 14 avril. Des auditions de témoins sont en cours. Aucune audience n’a encore été fixée, la procédure étant à ses débuts.

Un contexte de hausse des violences intrafamiliales

Ce double meurtre survient dans un département particulièrement touché. En 2025, la Haute-Vienne a enregistré une hausse de plus de 24 % des violences intrafamiliales, dépassant 30 % en milieu rural, selon la préfecture, relayée par France 3 Nouvelle-Aquitaine. En août 2025, une femme de 45 ans avait déjà été tuée par arme à feu par son conjoint à Panazol, dans le même département, selon le recensement établi par NousToutes.

À l’échelle nationale, 107 féminicides conjugaux ont été recensés en 2024, soit une hausse de 11 % par rapport à 2023, selon le rapport de la Fondation des Femmes. Fin octobre 2025, le chiffre atteignait déjà 98 pour l’année en cours.

Montmorillon compte environ 6 500 habitants. Le quartier concerné n’a pas fait l’objet de déclarations publiques de la mairie à ce stade.

Numéro national violences conjugales : 3919 (gratuit, 24h/24).

Sources

Isabelle Dumas

Isabelle Dumas

Basée à Limoges, elle traite la porcelaine, les tensions sur l'industrie, l'agriculture et les débats sur les services publics. Formée à Sciences Po Grenoble, elle a commencé en PQR limousine. Ligne de travail : interroger les artisans, les syndicalistes, les élus, croiser les bilans d'entreprises avant de publier.

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