Double séisme au Venezuela : le bilan humain s’alourdit à près de 3 000 morts
Les secours internationaux peinent à atteindre toutes les zones sinistrées du nord-ouest du pays, frappé le 24 juin par deux secousses majeures.
Le bilan provisoire du double séisme de magnitude 7,2 et 7,5 qui a dévasté le nord-ouest du Venezuela le 24 juin 2026 s'élève désormais à 2 954 morts et 16 592 blessés, selon le ministère vénézuélien de la Communication. L'ONU craint jusqu'à 50 000 disparus.
L’essentiel
- 2 954 morts et 16 592 blessés au 5 juillet 2026, selon le ministère vénézuélien de la Communication et de l’Information.
- 16 309 sans-abris et 28 300 logements inhabitables recensés dans le nord-ouest du pays.
- 37 milliards de dollars de dommages matériels directs estimés par le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNDRR).
- 3 281 secouristes internationaux mobilisés, et l’ONU mentionne jusqu’à 50 000 disparus potentiels.
Le Venezuela panse ses plaies. Plus de dix jours après les deux puissants séismes qui ont frappé le nord-ouest du pays le 24 juin 2026, le bilan humain ne cesse de s’alourdir. Selon les dernières données communiquées par le ministère vénézuélien de la Communication et de l’Information, ce dimanche 5 juillet, la catastrophe a causé la mort de 2 954 personnes et blessé 16 592 autres. Les secouristes, épaulés par une forte mobilisation internationale, travaillent sans relâche pour retrouver d’éventuels survivants sous les décombres.
Ce qui s’est passé : deux secousses à 39 secondes d’intervalle
Le 24 juin 2026, à 11h47 heure locale, le nord-ouest du Venezuela a été secoué par un premier séisme de magnitude 7,2, suivi trente-neuf secondes plus tard d’une seconde secousse de magnitude 7,5, selon l’Institut d’études géologiques des États-Unis (USGS). L’épicentre des deux tremblements de terre se situait dans la région montagneuse de l’État de Lara, une zone densément peuplée comprenant des villes comme Barquisimeto et Carora. Les secousses ont été ressenties jusqu’à la capitale Caracas, à plus de 300 kilomètres de distance, provoquant des scènes de panique.
La puissance cumulée des deux séismes a provoqué des glissements de terrain et l’effondrement de milliers de bâtiments, notamment des habitations précaires construites sur les flancs des collines. L’aéroport international de Maiquetia, principal point d’entrée aérien du pays, a dû fermer temporairement en raison des dégâts subis par les pistes et les infrastructures. Il a depuis rouvert partiellement pour les vols humanitaires, selon la RTS.
Un bilan qui s’alourdit de jour en jour
Le nombre officiel de victimes a été révisé à la hausse chaque jour depuis le sinistre. Au 5 juillet, le ministère de la Communication et de l’Information fait état de 2 954 morts, 16 592 blessés, 16 309 sans-abris et 28 300 logements rendus inhabitables. Ces chiffres sont provisoires, les équipes de secours n’ayant pas encore pu accéder à toutes les localités isolées par les glissements de terrain ou la destruction des routes.
Le secrétaire général adjoint des Nations unies aux affaires humanitaires, Tom Fletcher, a indiqué que l’ONU estimait à environ 50 000 le nombre de personnes toujours portées disparues. « Nous craignons que le nombre de victimes indirectes soit considérablement plus élevé que ce que les autorités sont en mesure de recenser à ce stade », a-t-il déclaré dans un communiqué. Le gouvernement vénézuélien, de son côté, ne communique pas officiellement sur les disparus, compliquant l’évaluation globale de la catastrophe.
Les dommages matériels directs sont évalués à 37 milliards de dollars par le Bureau des Nations unies pour la réduction des risques de catastrophes (UNDRR). Ce montant inclut la destruction d’infrastructures publiques, de réseaux électriques et d’eau potable, ainsi que des pertes agricoles massives dans une région déjà durement touchée par la crise économique.
Une mobilisation internationale sans précédent
Face à l’ampleur de la catastrophe, 3 281 secouristes internationaux ont été dépêchés dans les zones sinistrées, venant de plus d’une vingtaine de pays. Des équipes françaises, britanniques et brésiliennes figurent parmi les plus importantes, avec des chiens de recherche, du matériel de désincarcération et des unités médicales de campagne. La présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodríguez, a tenu à les remercier publiquement le 4 juillet en décorant plusieurs délégations étrangères, geste salué par la communauté internationale.
Du côté humanitaire, la fondation suisse La Chaîne du Bonheur a collecté plus de 10 millions de francs suisses pour soutenir les opérations de secours. Des dons supplémentaires en provenance d’organisations non gouvernementales et de gouvernements étrangers continuent d’affluer. L’ONU a lancé un appel de fonds de 250 millions de dollars pour financer l’aide d’urgence sur les six prochains mois.
Contexte au Venezuela : un pays fragilisé
Le Venezuela, qui compte environ 30 millions d’habitants, traversait déjà une crise humanitaire et économique profonde avant le séisme. L’hyperinflation, la pénurie de médicaments et de nourriture, ainsi que l’effondrement des services publics avaient fragilisé la population. La double secousse a frappé l’une des régions les plus peuplées et productives du pays, l’État de Lara, connu pour ses cultures de canne à sucre et de café.
Selon les données de l’UNDRR, le Venezuela est situé dans une zone sismique active, mais les constructions résistent rarement aux secousses de magnitude supérieure à 6 en raison du manque de normes parasismiques strictes. La catastrophe a mis en lumière la vulnérabilité des infrastructures, notamment dans les quartiers informels où vivent des milliers de familles. L’aide internationale est d’autant plus cruciale que les capacités locales de réponse sont limitées par le manque de moyens financiers et logistiques.
Une lueur d’espoir après huit jours sous les décombres
Au milieu du désastre, une nouvelle a ravivé les espoirs. Le jeudi 2 juillet 2026, huit jours après les premières secousses, les équipes de sauvetage ont réussi à extraire vivant un homme des décombres d’un immeuble effondré à Barquisimeto. Cette opération, saluée comme un « miracle », a mobilisé une cinquantaine de secouristes pendant plus de six heures. L’identité du survivant n’a pas été révélée, mais son état de santé est jugé stable par les médecins qui le prennent en charge.
Cette nouvelle a redonné courage aux équipes de secours qui poursuivent leurs recherches dans les décombres. La priorité reste de localiser d’éventuels survivants, tandis que les autorités commencent à organiser l’hébergement temporaire des sinistrés et la distribution de l’aide humanitaire.
Prochaine étape : la reconstruction
Alors que la phase de sauvetage se poursuit, les autorités et les organisations internationales planchent déjà sur la reconstruction. Le ministre vénézuélien du Logement a annoncé un plan d’urgence pour reloger les 16 309 familles sans abri, mais le financement reste un défi majeur face aux 37 milliards de dollars de dommages. Les discussions sur un éventuel rééchelonnement de la dette extérieure du Venezuela pourraient s’accélérer, à mesure que le pays s’enfonce dans une crise humanitaire sans précédent.
Les regards sont désormais tournés vers la communauté internationale, sollicitée pour une aide massive et durable. La présidente par intérim Delcy Rodríguez a promis que « le Venezuela se relèvera », mais sans un afflux significatif de fonds et d’expertise, le chemin vers la reconstruction risque d’être long et semé d’embûches.