Drôme : enquête ouverte après la mort d’un ouvrier de 19 ans sur un chantier à Die
Un jeune travailleur décède à l'hôpital de Die après un malaise sur une toiture, par plus de 31°C, le 26 mai 2026
Un ouvrier de 19 ans est mort dans la nuit du 26 au 27 mai 2026 à l'hôpital de Die après un malaise survenu sur un chantier de toiture à Ponet-et-Saint-Auban. La gendarmerie de Crest et l'inspection du travail ont ouvert une enquête conjointe. L'hypothèse principale est un coup de chaleur.
L’essentiel
- Décès : un ouvrier de 19 ans est mort dans la nuit du 26 au 27 mai 2026 à l’hôpital de Die (Drôme), après un malaise sur un chantier de toiture à Ponet-et-Saint-Auban.
- Enquête conjointe : la gendarmerie de la compagnie de Crest et l’inspection du travail (DREETS Auvergne-Rhône-Alpes) ont ouvert une co-saisine le 29 mai 2026.
- Chaleur : la température dépassait 31°C à l’ombre dans le secteur de Die le 26 mai ; l’hypothèse principale est un coup de chaud/hyperthermie.
- Autopsie : une autopsie est prévue pour déterminer les causes exactes du décès.
- Contexte national : neuf accidents du travail mortels en lien possible avec la chaleur ont été recensés en 2025 par la direction générale du travail.
Un malaise sur une toiture, un décès la nuit suivante
Le 26 mai 2026, un ouvrier de 19 ans travaille sur une toiture à Ponet-et-Saint-Auban, petite commune de la Drôme. La température dépasse 31°C à l’ombre dans ce secteur du Diois, selon ICI Drôme Ardèche. Le jeune homme a pris son poste vers 8h du matin, en short et tee-shirt. Il disposait d’eau sur le chantier.
Dans l’après-midi, son état se dégrade brutalement. Selon son employeur, il se réfugie dans un camion climatisé après le malaise, avant d’être transporté à l’hôpital de Die. Il décède dans la nuit du 26 au 27 mai. Il travaillait pour une entreprise locale de bâtiment basée à Die, implantée depuis une dizaine d’années dans le secteur, selon ICI Drôme Ardèche.
Daniel Rolland, maire de Ponet-et-Saint-Auban, a déclaré que le jeune homme « était très bien estimé dans la région ».
Gendarmerie et inspection du travail saisies conjointement
La gendarmerie de la compagnie de Crest a ouvert une enquête en recherche des causes de la mort. Elle agit en co-saisine avec l’inspection du travail, la DREETS Auvergne-Rhône-Alpes, qui a confirmé officiellement cette enquête conjointe le 29 mai 2026.
L’enquête vise à déterminer les causes exactes du décès, mais aussi à évaluer les mesures de prévention mises en place par l’entreprise employeuse. Une autopsie est prévue dans les prochains jours. L’hypothèse principale reste le coup de chaud ou hyperthermie, sans que d’autres causes soient d’ores et déjà exclues.
Le ministre du Travail Jean-Pierre Farandou a réagi, qualifiant ce décès de « drame humain qui me peine profondément » et rappelant les obligations légales des employeurs en matière de santé au travail, selon ICI Drôme Ardèche.
Contexte dans la Drôme
Ponet-et-Saint-Auban est une commune de 141 habitants (recensement 2023), située dans le Diois, vallée encaissée du sud de la Drôme connue pour ses fortes amplitudes thermiques en été. Le secteur du BTP y emploie une part importante de la main-d’œuvre locale, notamment dans l’entretien et la rénovation de l’habitat rural.
Fin mai 2026, la Drôme était placée en vigilance jaune canicule, avec des records de températures pour un mois de mai battus dans la région. Ce décès intervient dans un contexte de chaleur précoce inhabituelle pour la saison.
Le Monde signale par ailleurs que ce drame est le deuxième accident mortel touchant un jeune travailleur dans la Drôme en l’espace d’une semaine, renforçant l’attention portée sur la sécurité des travailleurs jeunes dans le département. Des drames similaires ont été recensés ailleurs : un adolescent de 16 ans est mort dans la Sarthe dans une collision, et une enquête a été ouverte à Mérignac après un grave accident impliquant un enfant.
Un risque national sous-estimé dans le BTP
La direction générale du travail a recensé neuf accidents du travail mortels en lien possible avec la chaleur au niveau national en 2025, selon Le Monde et Midi Libre. Le secteur du BTP, où les travailleurs sont exposés en plein air sur des surfaces qui accumulent la chaleur - toitures, chaussées, structures métalliques - , concentre une grande partie de ces cas.
La réglementation impose aux employeurs d’adapter les conditions de travail dès que les températures deviennent extrêmes : aménagement des horaires, mise à disposition d’eau fraîche, zones d’ombre, arrêt du chantier si nécessaire. L’enquête devra établir si ces obligations ont été respectées dans ce cas précis.
Sur ce sujet, les accidents impliquant de très jeunes travailleurs soulèvent régulièrement des questions sur leur formation aux risques spécifiques liés à la chaleur. La vulnérabilité des jeunes face aux accidents est documentée dans plusieurs départements.
Les résultats de l’autopsie et les conclusions de l’enquête conjointe de la gendarmerie et de la DREETS permettront de savoir si des poursuites judiciaires ou administratives seront engagées contre l’entreprise employeuse.
Sources
- ICI Drôme Ardèche : Fortes chaleurs : un jeune ouvrier de 19 ans mort dans la Drôme après une journée sur un chantier
- ICI Drôme Ardèche / France Bleu : Après la mort d'un ouvrier de 19 ans dans la Drôme, l'inspection du travail ouvre une enquête
- Le Monde : Deux accidents mortels touchant des jeunes dans la Drôme en une semaine
- Le Parisien : Drôme : un ouvrier de 19 ans meurt après une journée de travail sur une toiture malgré la chaleur