Elkem Silicones à Saint-Fons : deux morts, un atelier toujours à l’arrêt
Quatre mois après l'explosion de décembre, l'atelier accidenté ne redémarrera pas avant l'été et l'enquête suit son cours.
Le 22 décembre 2025, une explosion sur le site Seveso d'Elkem Silicones à Saint-Fons a coûté la vie à deux salariés. Les syndicats dénoncent des manquements répétés. L'atelier reste fermé et la justice enquête.
Il était environ 14h30 le 22 décembre 2025 quand une fuite d’hydrogène a provoqué une explosion dans un atelier expérimental de l’usine Elkem Silicones, à Saint-Fons, en banlieue sud de Lyon. L’opération en cours était courante : une dévolatilisation d’huiles de silicone hydrogénées. Le bilan a été lourd. Quatre salariés ont été blessés, dont trois grièvement. Deux hommes sont morts des suites de leurs brûlures : le premier, âgé de 47 ans, le 23 décembre ; le second, 55 ans, le 26 décembre, selon Le Monde.
Une centaine de pompiers et une trentaine d’engins sont intervenus sur place. Les riverains ont été temporairement confinés. Des analyses d’air ont écarté tout risque de toxicité, selon France Info. Le maire de Saint-Fons a réagi sobrement sur France Info : « Nous sommes sous le choc. »
Une enquête judiciaire et un atelier toujours fermé
Le parquet de Lyon a ouvert une enquête pour blessures involontaires par personne morale suivies d’incapacité supérieure à trois mois, confiée à la DCOS et à la DDETS, selon Ouest-France. Les enquêteurs cherchent à établir les causes exactes de la fuite d’hydrogène.
Côté production, le site a partiellement redémarré le 6 janvier 2026. Mais l’atelier directement touché reste à l’arrêt. Il ne redémarrera pas avant l’été 2026, dans l’attente des conclusions scientifiques de l’enquête, rapporte Le Progrès.
Un site avec un historique accidentel lourd
Ce n’est pas la première fois que ce site classé Seveso seuil haut est au cœur d’un drame. En 2016, une explosion similaire avait tué Khalil Abed, sous-traitant de 25 ans, lors d’un incendie de fûts de silicone. Des équipements de sécurité défectueux avaient alors été mis en cause, selon Midi Libre. Des manquements qui, selon les syndicats, n’ont pas débouché sur les corrections nécessaires.
Plus largement, la Vallée de la Chimie porte un bilan pesant : 23 morts en accidents industriels depuis la catastrophe de Feyzin en 1966 jusqu’à l’explosion de décembre 2025, selon Le Progrès.
Le syndicat Solidaires dénonce des « manquements répétés » sur le site, « connus des services de l’État », et qualifie les deux décès d’évitables. La Fédération Fracture alerte, elle, sur les risques récurrents dans cette zone de concentration industrielle.
Les questions de fond restent ouvertes
L’explosion d’Elkem relance le débat sur les normes de sécurité applicables aux sites Seveso et sur leur contrôle effectif. Les syndicats et plusieurs élus locaux réclament des réponses claires avant tout redémarrage de l’atelier. Le cadre réglementaire Seveso implique des obligations strictes, mais cet accident démontre que leur application sur le terrain reste questionnée.
Prochaine étape : l’atelier accidenté ne devrait pas redémarrer avant l’été 2026. Les conclusions de l’enquête judiciaire conduite par la DCOS et la DDETS sont attendues pour préciser les responsabilités.
Sources
- Le Progrès : Théâtre d'une explosion mortelle, l'atelier d'Elkem ne redémarrera pas avant l'été
- Le Monde : Explosion dans une usine près de Lyon : une deuxième personne est morte des suites de ses blessures
- TF1 Info : Explosion dans une usine chimique près de Lyon : l'un des 4 salariés blessés est décédé
- Solidaires : Explosion mortelle à l'usine Elkem de Saint-Fons : personne ne doit perdre sa vie à la gagner