Emmanuel Grégoire veut créer une classique cycliste dans le Grand Paris
Le maire de Paris annonce un projet de course professionnelle pour ancrer le cyclisme dans la capitale
Le maire de Paris annonce vouloir transformer le succès de l'ultime étape du Tour en une course professionnelle autonome. Un projet politique autant que sportif, dont la faisabilité dépend de l'aval d'ASO et de l'UCI.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Faisabilité sportive
Créer une classique UCI nécessite l'aval d'ASO et une place dans un calendrier saturé. Le projet dépend de partenaires institutionnels et sportifs.
Légitimité historique
Paris-Roubaix, Paris-Tours et Bordeaux-Paris ont disparu ou quitté Paris. Pourquoi une nouvelle classique réussirait-elle là où les autres ont échoué ?
Politique des mobilités
Le projet s'inscrit dans la stratégie pro-vélo de la mairie, symbolisée par l'arrivée à vélo de Grégoire à l'Hôtel de Ville le soir de son élection.
Impact post-JO 2024
Le parcours par Montmartre, inspiré des JO, a fonctionné deux années de suite. La mairie veut capitaliser sur cet héritage et l'engouement populaire.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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1975
Tradition Champs-Élysées
L'avenue devient le théâtre historique de la dernière étape du Tour
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22 mars 2026
Élection Grégoire
Emmanuel Grégoire élu maire de Paris avec 50,5 % des voix
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26 juil. 2026
Arrivée Tour Paris
Pogačar remporte son 5e Tour, van der Poel gagne l'étape sur les Champs
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27 juil. 2026
Annonce classique
Grégoire dévoile son projet de classique grand-parisienne sur franceinfo
Dimanche soir, 26 juillet 2026. Les Champs-Élysées viennent d’exploser pour Mathieu van der Poel - vainqueur au sprint. Tadej Pogačar lève les bras, son cinquième Tour bouclé. Dans les tribunes officielles, Emmanuel Grégoire regarde le peloton défiler une dernière fois. Le lendemain matin, sur franceinfo, il lâche: « Je souhaite créer une classique qui soit grand parisienne, c’est vraiment un projet qui me tient à cœur ».
Une classique. Pas un critérium folklorique. Une vraie course professionnelle, inscrite au calendrier international, avec le Grand Paris comme terrain de jeu. Le maire, élu le 22 mars 2026 avec environ 50,5 % des voix - entend capitaliser sur le succès de l’ultime étape du Tour. Cette année, le tracé a innové: après les incendies en Gironde qui ont modifié le parcours initial - le peloton a rejoint Paris depuis Thoiry avant de grimper la butte Montmartre. Un parcours inspiré des JO de Paris 2024 - déjà testé en 2025.
Un projet qui dépasse le folklore
Le projet vise à « perpétuer le format parisien » après le succès populaire de la dernière étape. Mais transformer une arrivée traditionnelle en classique inscrite au calendrier UCI pose des questions de faisabilité.
Le vélo, marqueur politique de la nouvelle mairie
Le soir de son élection, Emmanuel Grégoire est arrivé à l’Hôtel de Ville à vélo. Un symbole qui dépasse le folklore électoral: le maire inscrit son projet de classique dans une stratégie politique plus large, celle des mobilités douces héritée d’Anne Hidalgo. La continuité est assumée. Paris compte aujourd’hui des centaines de kilomètres de pistes cyclables, les aménagements se multiplient, le Vélib’ irrigue la métropole. Le cyclisme de compétition devient l’étendard sportif de cette politique du quotidien. Une grande course professionnelle viendrait consacrer Paris comme capitale du vélo, à la fois pour les trajets domicile-travail et pour le sport de haut niveau. Le projet de classique ne se limite pas à l’événementiel: il vise à ancrer durablement l’image d’une ville cyclable dans l’imaginaire collectif.
L’héritage olympique comme tremplin
Le parcours parisien actuel du Tour doit tout aux JO de Paris 2024. Les épreuves cyclistes des Jeux avaient déjà emprunté Montmartre, offrant des images spectaculaires de la butte et du Sacré-Cœur. En 2025 - ASO a reconduit l’expérience pour l’ultime étape du Tour. En 2026 - Paris a maintenu « une forte dimension parisienne avec une étape finale intégralement située en Île-de-France (Thoiry - Paris Champs-Élysées) ». Le passage par Montmartre, désormais ancré dans le format, montre que la Mairie et ASO peuvent collaborer sur des innovations de parcours. Grégoire veut transformer cet essai: plutôt qu’une simple étape finale, une course autonome qui s’appuierait sur ce tracé éprouvé et plébiscité. L’héritage des JO n’est pas que symbolique, il est logistique et médiatique. Reste à savoir si cette dynamique post-olympique suffit à convaincre l’UCI et les équipes WorldTour de faire le déplacement pour une nouvelle course.
Le poids de l’histoire parisienne
Depuis 1975 - les Champs-Élysées accueillent la dernière étape du Tour, sauf exception (2024 pour les JO ). Cette tradition génère une affluence massive, un impact économique, une visibilité mondiale. Mais Paris a perdu ses classiques. Paris-Roubaix ne part plus de la capitale depuis des décennies. Paris-Tours a migré vers la province. Bordeaux-Paris a disparu. Les départs du Tour lui-même ont été délocalisés en province dès 1926. La réalité est brutale: les grandes courses parisiennes historiques ont toutes quitté Paris ou rendu l’âme. Pourquoi une nouvelle classique réussirait-elle là où les autres ont échoué? La critique de Jérôme Sterkers - conseiller de Paris, porte: « Après l’idée saugrenue d’un 2e marathon sur le périphérique, Emmanuel Grégoire nous improvise une ‘classique’ cycliste parisienne… alors que Paris-Roubaix et Paris-Tours ne partent plus de la capitale et que Bordeaux-Paris a rendu l’âme! ». La légitimité historique ne se décrète pas. Elle se construit, course après course, année après année.
Ce que personne ne dit
Créer une classique de rang mondial nécessite l’aval d’Amaury Sport Organisation - organisateur du Tour, et l’homologation de l’Union Cycliste Internationale. Christian Prudhomme - directeur du Tour, n’a pas encore commenté publiquement le projet. Le paradoxe est simple: pour créer une classique autonome, il faut sortir du cadre du Tour. Mais sortir du Tour, c’est perdre la légitimité du Tour et sa machine médiatique.
Une classique grand-parisienne en dehors du Tour devrait se battre pour une place dans un calendrier UCI déjà saturé, négocier avec ASO (qui contrôle la majorité des courses françaises), convaincre les équipes WorldTour de venir. L’arrivée festive du Tour repose sur un modèle: trois semaines d’effort - puis une célébration collective. Une course autonome éviterait ce problème, mais perdrait l’audience et la dramaturgie du Tour.
Les enjeux d’un pari politique
Le maire vise trois objectifs: ancrer une grande course cycliste dans la capitale, prolonger la dynamique post-JO 2024, et renforcer l’image du vélo comme mobilité du quotidien. Mais entre l’annonce et la réalité, il y a la logistique, le budget, les autorisations, les partenaires. Et surtout, la volonté d’ASO et de l’UCI.
Pour l’instant, le projet reste une ambition affichée au micro. Aucun calendrier précis, aucun budget annoncé, aucun partenaire confirmé. « J’espère que ça verra le jour dans mon mandat » - a glissé Grégoire. Il a plusieurs années devant lui pour transformer l’idée en course. Le cyclisme français, lui, attend de voir si Paris peut redevenir un point de départ, et pas seulement une ligne d’arrivée.