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Enfant qui crie tout le temps : causes, solutions et conseils d’experts

7 min
Moyen
7 étapes
28 décembre 2025
Enfant qui crie tout le temps : causes, solutions et conseils d’experts
Illustration : Enfant qui crie tout le temps : causes, solutions et conseils d’experts © info.fr
Rédigé par L'équipe de la rédaction
Mis à jour le 28 décembre 2025
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En bref

Lorsqu'un enfant crie, ce qu'il faut vous dire, c'est qu'il a besoin de s'exprimer. Comme il ne sait pas le faire avec des mots, qu'il ne sait pas ce qui se joue en lui, je pense aux frustrations par exemple, un mal-être quelconque en tout cas, c'est son moyen de vous exprimer que cela ne va pas bien. Les cris sont un mode de communication pour attirer l'attention, exprimer une frustration ou un besoin non satisfait.

Le cerveau d'un petit enfant est immature et avant l'âge de 5 ans, c'est le cerveau archaïque et émotionnel qui domine. Les cris constants d'un enfant peuvent épuiser toute une famille. Habituellement, les crises de colère tendent à diminuer en intensité et en fréquence vers l'âge de 3 ou 4 ans.

Les étapes à suivre

Étape 1 : Comprendre pourquoi votre enfant crie constamment

Les messages derrière l'enfant qui crie : Je cherche l'attention de l'adulte ; Je veux quelque chose ; Je suis surstimulé par l'environnement ; Je suis anxieux, agité. Plusieurs raisons expliquent les cris répétés chez l'enfant. Un enfant qui a compris que : quand je crie, on me regarde, on s'intéresse à moi, on m'écoute, eh bien, il continue à crier. C'est pourquoi il faut faire attention à la façon dont on répond à ses cris, parce qu'un enfant qui n'a pas d'attention positive, va chercher de l'attention à tout prix, y compris négativement. Les tout-petits utilisent les cris comme principal outil de communication lorsqu'ils ne maîtrisent pas encore le langage. On dit que les enfants jouent avec leur voix ils jouent aussi à tousser par exemple alors qu'ils n'en ont pas besoin. Cette phase est normale dans le développement de l'enfant.

💡 Observez les situations déclenchant les cris pendant quelques jours pour identifier les schémas récurrents.

Étape 2 : Écarter les causes médicales possibles

Quand un bébé crie fort, il peut être intéressant de chercher à écarter un éventuel problème auditif. Un enfant qui n'entend pas bien aura tendance à parler plus fort pour entendre sa voix. Si on a l'impression que c'est le cas, il ne faut pas hésiter à en parler à notre pédiatre qui nous orientera ou non vers un ORL. Avant d'adopter des stratégies comportementales, il est essentiel de consulter un professionnel de santé. Le Dr Catherine Salinier, pédiatre et Past Présidente de l'AFPA, recommande de vérifier l'audition de l'enfant lors des examens réguliers. Le pédiatre qui a fait son examen de 12 mois doit bien vérifier que l'enfant voit bien, entend bien et est bien dans la relation à l'autre. Si le pédiatre a le moindre doute sur son neuro-développement, il vous conseillera probablement un bilan de psychomotricité.

💡 Prenez rendez-vous avec votre pédiatre pour un bilan complet avant de conclure à un simple problème comportemental.

Étape 3 : Ne pas renforcer le comportement de cris

L'enfant qui crie a découvert un jour que les adultes réagissaient très vite aux cris et que leur réaction est d'autant plus forte pour les cris qui sont stridents. La réaction rapide aux cris stridents renforce le comportement de l'enfant et crée une sorte de cercle vicieux. La clé est d'éviter de donner une attention immédiate aux cris. Un comportement suivi d'aucune conséquence s'éteint : ne répondez pas aux cris. Vous pouvez regarder votre enfant en souriant puis demander de parler calmement en chuchotant, ou continuer ce que vous faites comme si de rien n'était. Si vous tentez de le raisonner, la crise risque de durer plus longtemps. Il n'est probablement pas disposé à vous écouter. Observez-le de loin et laissez passer la crise sans intervenir, sauf pour assurer sa sécurité. Restez dans son champ de vision afin qu'il ne se sente pas ignoré.

💡 Restez calme et présent sans céder : votre enfant a besoin de sentir votre stabilité émotionnelle.

Étape 4 : Utiliser la technique du chuchotement

Il y a un truc qui marchait super bien, c'est quand on chuchotait. Mettez-vous à chuchoter. Cette méthode fonctionne remarquablement bien grâce aux neurones miroirs : l'enfant va naturellement imiter votre ton bas. Chuchoter c'est vraiment une astuce qui fonctionne TROP bien ! Avec les neurones miroirs, il va finir par faire pareil. Vous pouvez transformer cela en jeu : le matin, jouez aux chuchoteurs et parlez uniquement sur ce ton jusqu'à ce que tout le monde soit levé. Une maman témoigne : elle invente l'histoire d'une petite souris dans la maison pour encourager son enfant à parler doucement afin de ne pas lui faire peur. Cette approche ludique capte l'attention de l'enfant tout en l'aidant à baisser naturellement le volume.

💡 Transformez le chuchotement en règle de la maison le matin : un jeu amusant qui instaure le calme dès le réveil.

Étape 5 : Donner de l'attention positive et du temps de qualité

Quand un enfant a besoin d'attention, il va utiliser ce qui est à sa disposition pour l'obtenir. Certains viennent faire des câlins et d'autres peuvent attirer l'attention en criant, hurlant, en parlant fort peut importe où il est et ce que vous faites. À partir d'un an c'est vrai que les enfants deviennent plus difficiles car ils ont des envies de se déplacer, de toucher à tout mais n'en ont pas la possibilité. Il faut donc énormément de patience, de gentillesse, de compréhension. Il faut beaucoup s'occuper d'eux, sortir se promener, leur parler, jouer avec. Si votre enfant crie, c'est qu'il ne se sent pas entendu. Alors, écoutez votre enfant en le regardant dans les yeux, en vous mettant à sa hauteur, en lui montrant des preuves d'attention comme hocher la tête. Lorsque votre enfant parle calmement, valorisez-le immédiatement avec un câlin, un bisou ou des remerciements.

💡 Accordez 15 minutes d'attention exclusive chaque jour à votre enfant : cela réduit considérablement les comportements de recherche d'attention.

Étape 6 : Aider l'enfant à nommer ses émotions

Aidez-le à parler de ce qui s'est passé, de ce qu'il a ressenti et de la cause de sa colère. S'il ne parle pas encore, faites-le pour lui. Il est important que votre enfant puisse mettre un nom sur ses émotions. Utilisez des outils comme la roue des émotions pour l'aider à identifier ce qu'il ressent : colère, frustration, tristesse, fatigue. Aux environs de deux ans, l'enfant doit pouvoir exprimer au moins par un mot ce qu'il veut. Il est bénéfique, dans un premier temps, de proposer à Hugo un autre mode de communication pour lui permettre de pouvoir s'exprimer. Proposez des choix simples pour lui montrer qu'il peut communiquer autrement : entre deux desserts, deux jeux. Vous pouvez l'inviter à respirer en inspirant et expirant profondément pour, petit à petit, retrouver son calme.

💡 Créez une affiche des émotions avec des visages expressifs : votre enfant pourra pointer du doigt ce qu'il ressent au lieu de crier.

Étape 7 : Créer un environnement calme et des routines

Il est important que la famille ait une vie calme et régulière, qu'il n'y ait jamais aucun écran allumé même si l'enfant est de dos, que vous n'utilisiez pas votre téléphone quand vous êtes avec lui etc. C'est à ce prix que l'on a un enfant calme est serein : que les parents eux-mêmes soient calmes et sereins. Les enfants sont de véritables éponges émotionnelles et reproduisent ce qu'ils observent. Si les parents crient, l'enfant criera aussi. Établissez des règles claires : par exemple, le matin on parle doucement jusqu'à ce que tout le monde soit levé. Les crises surviennent souvent lorsqu'un tout-petit ne peut pas faire ce qu'il souhaite, est dépassé par un sentiment d'impuissance, de frustration, de colère, d'anxiété ou de peur, est fatigué, a faim, est excité ou ne se sent pas bien. Anticipez les moments difficiles en respectant les rythmes de sommeil et d'alimentation.

💡 Instaurez un signal visuel (feu rouge/feu vert) pour indiquer les moments où il faut parler doucement à la maison.

💡 Conseils et astuces

  • Permettez à votre enfant de crier dans des moments dédiés : avant l'école dans la voiture ou dans le jardin pour évacuer les tensions
  • Utilisez le bâton de parole et un minuteur quand plusieurs enfants parlent en même temps pour donner un temps de parole équitable
  • Restez cohérent dans vos limites : ne cédez jamais aux cris pour éviter de renforcer ce comportement
  • Expliquez à votre enfant l'effet de ses cris sur vous : mal de tête, envie de partir, difficulté à écouter
  • Créez une box de retour au calme avec des objets sensoriels pour aider votre enfant à s'apaiser
  • Pratiquez vous-même la gestion émotionnelle : montrez à votre enfant comment vous gérez votre propre frustration en respirant ou en prenant une pause

❓ Questions fréquentes

À quel âge les cris constants diminuent-ils ?

Les crises de colère et les cris tendent généralement à diminuer en intensité et en fréquence vers l'âge de 3 ou 4 ans, lorsque l'enfant développe son langage et sa capacité à gérer ses émotions. Cependant, chaque enfant évolue à son propre rythme.

Mon enfant crie-t-il pour me manipuler ?

Non, un jeune enfant ne manipule pas consciemment. Avant 5 ans, le cerveau émotionnel domine et l'enfant n'a pas la maturité pour contrôler ses réactions. Il crie parce qu'il ne sait pas comment exprimer autrement ses besoins, frustrations ou émotions.

Dois-je consulter un professionnel si mon enfant crie tout le temps ?

Oui, il est recommandé de consulter votre pédiatre pour écarter tout problème auditif ou neuro-développemental. Si les cris sont très intenses ou fréquents malgré vos efforts, un bilan de psychomotricité ou une consultation avec un psychologue peuvent être bénéfiques.

Comment réagir quand mon enfant crie en public ?

Restez calme et maintenez vos limites sans céder, même si c'est tentant. Emmenez votre enfant dans un endroit plus calme si possible. Rappelez-vous que la santé émotionnelle de votre enfant est plus importante que le regard des autres, et que beaucoup de parents vivent la même situation.

Est-ce que crier sur mon enfant va l'aider à arrêter de crier ?

Non, crier sur un enfant qui crie est contre-productif. Les enfants apprennent par imitation grâce aux neurones miroirs. Si vous criez, votre enfant comprendra que c'est un mode de communication acceptable. Privilégiez le chuchotement et le calme pour lui montrer l'exemple.

📚 Sources

Cet article a été rédigé à partir des sources suivantes :

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