Épinal : l’intégration des migrants au cœur du nouveau conseil municipal

Le conseil installé en mars 2026 débat des moyens à mobiliser pour inclure les primo-arrivants dans les services publics épinaliens.

Épinal : l'intégration des migrants au cœur du nouveau conseil municipal
Illustration Marc Humbert / info.fr

Depuis son installation en mars 2026, le nouveau conseil municipal d'Épinal aborde la question de l'intégration des migrants dans les services publics. Un enjeu concret dans une ville où certains quartiers cumulent précarité et forte proportion de résidents étrangers.

Le sujet n’est pas nouveau à Épinal, mais il revient dans les débats du conseil municipal installé en mars 2026 sous la conduite de Benoît Jourdain, dont la liste a remporté 28 sièges selon Vosges Info. La lutte contre la pauvreté - 25 % des habitants sous le seuil - et l’attractivité de la ville figurent parmi les priorités affichées. L’inclusion des primo-arrivants s’inscrit dans ce cadre.

Des quartiers sous tension

Les chiffres du Contrat de ville 2024-2030 de la Communauté d’agglomération d’Épinal (CAE) donnent la mesure de la situation. Dans les quartiers prioritaires - Plateau de la Justice, Bitola, Haut du Gras - , 17 % de la population est étrangère, contre 3 % à l’échelle de l’agglomération. Le revenu médian y est inférieur à 1 100 € par mois et le taux de chômage atteint 44 %. Ce même contrat prévoit des actions pour l’insertion des primo-arrivants, en complément des financements nationaux, après des concertations citoyennes menées en 2023 et 2024 qui ont identifié des besoins en accompagnement linguistique et professionnel.

À l’échelon départemental, la préfète des Vosges Valérie Michel-Moreaux avait présidé le comité de pilotage de l’intégration le 8 octobre 2025, visant à coordonner les actions d’inclusion. La Semaine de l’intégration, organisée du 6 au 10 octobre 2025 avec plus de 640 événements nationaux, avait donné une visibilité locale à ces dispositifs, selon la préfecture des Vosges.

Des outils existants, des ressources en question

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Plusieurs dispositifs sont déjà actifs sur le territoire. Le programme PIAL d’apprentissage du français est accessible via la Mission Locale d’Épinal, au 16 quai André Barbier. En juin 2025, la ville avait aussi mis en avant le Contrat territorial d’accueil et d’intégration lors d’événements autour de la laïcité, avec un focus particulier sur les femmes migrantes, rapportait Vosges Matin.

Le débat entre élus porte essentiellement sur les ressources à mobiliser. Les financements nationaux couvrent une part des besoins, mais les concertations citoyennes ont révélé des lacunes persistantes. À l’échelle nationale, la France a enregistré 116 476 premières demandes d’asile en 2025, en recul de 10 % par rapport à 2024, avec un taux de protection de 50,3 %, selon les données du JRS France. Le Grand Est reste l’une des régions les plus concernées par l’hébergement des demandeurs.

Un territoire avec une mémoire migratoire longue

Les Vosges ne découvrent pas la question. Selon les Archives départementales d’Épinal, le département a connu sept vagues migratoires depuis la fin du Moyen Âge, dont une immigration italienne massive à partir de 1870 pour alimenter l’industrie textile. Une histoire que les débats actuels remettent en perspective, sans en tirer pour l’instant de conclusion formelle au sein du conseil municipal.

Prochaine étape : les débats budgétaires municipaux à venir devraient préciser les arbitrages entre les différentes priorités sociales, dont l’intégration des primo-arrivants fait désormais partie.

Sources

Marc Humbert

Marc Humbert

Correspondant à Épinal, suit la filière bois, les tensions sur les forêts, l'imagerie et les débats sur les services publics. Diplômé de l'IFP Paris 2, il a travaillé en PQR vosgienne. Conviction : interroger les forestiers, les industriels du bois, les élus, vérifier les rapports de l'ONF avant de conclure.

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