Épinal : le patron condamné à du sursis après la mort d’un ouvrier en 2022
Quatre ans après le décès d'Haki Lacka à Remiremont, le tribunal correctionnel d'Épinal a rendu son verdict le 15 juin 2026.
Le 15 juin 2026, le tribunal judiciaire d'Épinal a condamné le dirigeant d'une société de rénovation à de la prison avec sursis pour manquements aux règles de sécurité. Son employé, Haki Lacka, 54 ans, était mort le 30 juillet 2022 après une chute d'échafaudage rue de la Maix à Remiremont.
L’essentiel
- Accident : Haki Lacka, ouvrier de 54 ans, décède le 30 juillet 2022 après une chute d’échafaudage sur un chantier de rénovation de façade rue de la Maix à Remiremont (Vosges).
- Jugement : Le 15 juin 2026, le tribunal judiciaire d’Épinal condamne le patron de la société à une peine de prison avec sursis pour plusieurs manquements aux règles de sécurité.
- Délai : Près de quatre ans séparent l’accident du jugement.
- Fautes retenues : L’échafaudage n’était pas correctement fixé au mur et l’ouvrier ne portait pas de harnais, selon Vosges Matin.
Un chantier de façade, une chute fatale
Le 30 juillet 2022, Haki Lacka intervenait sur un échafaudage rue de la Maix, à Remiremont, dans le cadre de travaux de rénovation de façade. Selon les éléments rapportés à l’époque par Vosges Matin, la structure n’était pas correctement ancrée au mur. L’ouvrier ne portait pas de harnais de sécurité. L’échafaudage a vrillé. Haki Lacka a chuté.
Né le 10 mai 1968 à Xhyre, en Albanie, il est décédé le lendemain, le 31 juillet 2022, au CHU de Nancy, en Meurthe-et-Moselle, des suites de ses blessures. Il avait 54 ans.
L’accident avait été signalé dès le 1er août 2022 par Vosges Matin et relayé par Ouest-France. Une procédure pénale avait été ouverte.
Quatre ans de procédure, une condamnation correctionnelle
Le 15 juin 2026, le tribunal judiciaire d’Épinal a statué. Le patron de la société de rénovation qui employait Haki Lacka a été reconnu coupable de plusieurs manquements aux règles de sécurité. Il a été condamné à une peine de prison avec sursis.
Le nom exact du dirigeant et celui de la société n’ont pas été rendus publics dans les articles accessibles de Vosges Matin - le détail du jugement étant partiellement derrière paywall. La peine précise en mois ou années de sursis n’a pas non plus été communiquée à ce stade.
La qualification retenue relève du droit pénal du travail : manquements à l’obligation de sécurité de résultat de l’employeur, encadrée par le Code du travail et le Code pénal pour les infractions involontaires ayant entraîné la mort.
Des fautes identifiées dès les premières constatations
Deux manquements précis ont été mis en avant lors de l’enquête, selon Vosges Matin : l’absence de harnais anti-chute sur l’ouvrier, et un échafaudage insuffisamment fixé à la façade. Ces deux points constituent des obligations réglementaires de base sur tout chantier en hauteur.
L’inspection du travail et les services d’enquête avaient été dépêchés sur place après l’accident. C’est sur la base de leurs constats que la procédure correctionnelle a été engagée contre le dirigeant de l’entreprise.
Ce type d’affaire - chute mortelle sur chantier, condamnation avec sursis du responsable légal de l’entreprise - n’est pas isolé. Des jugements comparables ont été rendus ces dernières années à Metz ou à Cherbourg dans des circonstances analogues, selon des sources judiciaires et médias régionaux.
Contexte dans les Vosges
Le département des Vosges compte environ 360 000 habitants. Son tissu économique inclut un secteur du bâtiment et des travaux publics actif, avec de nombreuses PME intervenant dans la rénovation de l’habitat ancien - parc immobilier souvent vieillissant dans les villes moyennes comme Remiremont (environ 7 000 habitants), sous-préfecture du sud vosgien.
Les accidents du travail dans le BTP restent une préoccupation structurelle en France. Selon l’INRS et la Caisse nationale de l’Assurance Maladie, les chutes de hauteur constituent la première cause de décès dans le secteur de la construction. Les échafaudages figurent en tête des situations à risque identifiées, notamment dans les entreprises de petite taille.
Dans les Vosges, les affaires judiciaires liées à des accidents du travail mortels arrivent rarement devant les tribunaux avec autant de médiatisation. Le jugement du 15 juin 2026 s’inscrit dans un contexte national de renforcement des contrôles et des poursuites pénales à l’encontre des employeurs en cas d’accident grave, une tendance observée depuis plusieurs années par les parquets.
Des accidents similaires dans d’autres départements ont également conduit à des procédures correctionnelles abouties ces derniers mois, illustrant une judiciarisation croissante des manquements à la sécurité au travail.
Haki Lacka, un ouvrier parmi les statistiques
Derrière le dossier judiciaire, il y a un homme. Haki Lacka, né en Albanie, était ouvrier dans une entreprise de rénovation vosgienne. Il avait 54 ans le jour de l’accident. Il est mort le lendemain à Nancy.
Son décès n’avait pas suscité de grande couverture nationale en 2022. C’est la presse locale - Vosges Matin et Ouest-France - qui avait relaté les faits dès le 1er août 2022. Quatre ans plus tard, le jugement correctionnel referme la procédure pénale en première instance.
La question d’un éventuel appel de la condamnation n’avait pas été signalée par Vosges Matin au moment de la publication de l’article le 15 juin 2026. Le délai légal pour interjeter appel est de dix jours à compter du prononcé du jugement.
Prochaine étape
Un éventuel appel de la défense ou du parquet reste possible dans les dix jours suivant le jugement du 15 juin 2026. Si la condamnation devient définitive, elle s’ajoutera au registre des décisions pénales relatives aux accidents du travail mortels dans le Grand Est.
Sources
- Vosges Matin : Chute mortelle d'un échafaudage : le patron de la société condamné à de la prison avec sursis
- Vosges Matin : Remiremont : un ouvrier décède après avoir chuté d'un échafaudage
- Ouest-France : Un ouvrier se tue en tombant d'un échafaudage dans les Vosges
- Vosges Matin (@VosgesMatin sur X) : Tweet Vosges Matin – jugement tribunal d'Épinal, juin 2026

