Espagne : deux incendies ravagent 20 000 hectares, 13 morts à Almería
L'Aragon et l'Andalousie frappées par les pires feux de l'année. Pedro Sánchez appelle à un pacte national sur l'urgence climatique après le drame de Los Gallardos.
L'Espagne traverse une crise environnementale majeure avec deux incendies dévastateurs en juillet 2026. Après le drame d'Almería qui a coûté la vie à 13 personnes dont sept Britanniques, l'Aragon combat depuis le 15 juillet un feu qui a déjà ravagé plus de 12 000 hectares près d'Orés.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Un incendie en Aragon a brûlé plus de 12 000 hectares depuis le 15 juillet 2026, le plus grand de l'année en Espagne
- L'incendie d'Almería, stabilisé le 12 juillet, a fait 13 morts dont sept Britanniques et un Français
- 700 résidents évacués en Aragon, plus de 450 pompiers mobilisés avec l'Unité militaire d'urgence
- Pedro Sánchez appelle à un pacte national sur l'urgence climatique lors de sa visite à Almería le 13 juillet
- Les températures dépassent 40°C dans plusieurs régions, l'alerte maximale maintenue jusqu'à fin juillet
L’Espagne fait face à ses pires incendies de l’année 2026. Deux brasiers majeurs ont ravagé près de 20 000 hectares en l’espace d’une semaine, transformant juillet en mois critique pour la péninsule ibérique. Alors que le pays tente de panser les plaies du drame d’Almería, un nouveau front s’est ouvert en Aragon, où les flammes restent hors de contrôle ce 17 juillet.
Le feu d’Aragon échappe encore aux secours
Un violent incendie s’est déclaré le 15 juillet 2026 près d’Orés, dans la province de Saragosse en Aragon, selon Brussels Signal. En seulement 48 heures, les flammes ont dévoré plus de 12 000 hectares, propulsant ce sinistre au rang de plus grand incendie de l’année dans le pays.
Le conseiller aux Finances d’Aragon, Roberto Bermúdez de Castro, a alerté ce matin sur le risque de propagation toujours très élevé, comme le rapporte Spain in English. Les vents violents et les températures caniculaires dépassant les 40°C compliquent les opérations.
Plus de 450 pompiers, épaulés par l’Unité militaire d’urgence, luttent contre les flammes. Cinq municipalités ont été évacuées préventivement, déplaçant environ 700 résidents, précise Brussels Signal. Le service de cartographie d’urgence européen Copernicus a été activé le 15 juillet pour suivre l’évolution du sinistre.
Almería : 13 morts dans le feu le plus meurtrier d’Andalousie
Le sinistre d’Aragon survient quelques jours après le drame de Los Gallardos près d’Almería, considéré comme le plus meurtrier de l’histoire récente d’Andalousie, selon RTS. L’incendie, stabilisé le 12 juillet 2026 après avoir brûlé 7 000 hectares, a fait 13 morts, indique Brussels Signal.
Les victimes ont péri dans l’incendie, rapporte RTS. La zone, prisée des touristes et des résidents étrangers, a été dévastée en quelques heures.
Le président de l’Andalousie, Juan Manuel Moreno, a annoncé la stabilisation du feu le 12 juillet, autorisant le retour progressif de près de 1 000 personnes évacuées, selon 2M.ma. La région a décrété trois jours de deuil et suspendu tous les événements publics.
Pedro Sánchez appelle à un pacte national sur le climat
Lors d’un déplacement à Almería le 13 juillet 2026, le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a prévenu que le pays ferait face à un été difficile, comme le relève Brussels Signal. Il a plaidé pour un pacte national sur l’urgence climatique, appelant toutes les forces politiques à s’unir face à ce qu’il qualifie de « menace existentielle ».
« Nous devons agir collectivement, au-delà des clivages partisans. L’urgence climatique ne connaît pas de frontières idéologiques », a déclaré le chef du gouvernement devant les décombres encore fumants de Los Gallardos.
Cette déclaration intervient dans un contexte politique tendu, l’opposition de droite ayant critiqué la gestion des moyens de prévention et d’intervention contre les incendies. La question du financement de la protection civile et des services forestiers devrait dominer les débats parlementaires à la rentrée de septembre.
Une vague de chaleur persistante aggrave le risque
Les deux incendies sont directement liés à une vague de chaleur exceptionnelle qui frappe la péninsule ibérique depuis début juillet. Les températures ont dépassé les 42°C dans plusieurs provinces, créant des conditions idéales pour le déclenchement et la propagation rapide des feux.
L’Agence météorologique espagnole (AEMET) maintient l’alerte maximale pour plusieurs régions, notamment l’Aragon, la Castille-et-León et l’Andalousie orientale. Les prévisions n’annoncent aucune amélioration avant la fin juillet, laissant craindre de nouveaux départs de feu.
La sécheresse persistante, qui dure depuis plusieurs mois dans certaines zones rurales, a transformé les forêts et les broussailles en véritables poudrières. Les autorités ont interdit tout accès aux zones forestières dans les provinces à risque et renforcé les patrouilles préventives.
Contexte en Espagne : un pays habitué aux incendies, mais pas à cette échelle
L’Espagne enregistre chaque année plusieurs milliers de départs de feu pendant la saison estivale, mais l’ampleur des sinistres de juillet 2026 marque un tournant. Le pays, qui a connu des incendies meurtriers par le passé, n’avait pas enregistré de bilan humain aussi lourd depuis plusieurs décennies.
La présence importante de ressortissants étrangers parmi les victimes d’Almería souligne la vulnérabilité des zones touristiques et résidentielles du sud de l’Espagne, où de nombreux Européens du Nord possèdent des résidences secondaires. La communauté étrangère a été touchée, est l’une des plus importantes de la province d’Almería.
Selon les données du ministère de la Transition écologique espagnol, le pays a déjà enregistré en 2026 une surface brûlée supérieure de 40 % à la moyenne des dix dernières années pour la même période. Les experts pointent le réchauffement climatique et l’abandon progressif des zones rurales, qui favorise l’accumulation de végétation combustible.
Impact vu de France : solidarité et vigilance renforcée
Des ressortissants étrangers ont péri dans l’incendie d’Almería a suscité l’émotion en France. Le Quai d’Orsay a présenté ses condoléances aux familles et rappelé aux Français résidant ou voyageant en Espagne de suivre les consignes des autorités locales.
La France, qui partage avec l’Espagne une exposition croissante aux méga-feux, observe avec attention la gestion de la crise par Madrid. Les deux pays collaborent régulièrement lors de situations d’urgence, notamment via le Mécanisme européen de protection civile.
Le sud de la France a lui-même été placé en vigilance renforcée après les événements espagnols. Les pompiers des Bouches-du-Rhône, du Var et des Pyrénées-Orientales ont intensifié leurs patrouilles préventives. La ministre française de la Transition écologique a rappelé l’importance de la prévention et du respect des interdictions d’accès aux massifs forestiers.
Prochaines étapes et risque persistant
En Aragon, les autorités espèrent pouvoir maîtriser l’incendie d’Orés d’ici la fin de la semaine si les conditions météorologiques s’améliorent. Une baisse légère des températures est attendue pour samedi, mais les vents resteront soutenus.
À Almería, les enquêtes se poursuivent pour déterminer l’origine exacte du feu de Los Gallardos. Les autorités n’excluent aucune piste, y compris celle d’un acte criminel, bien que la foudre reste l’hypothèse privilégiée à ce stade.
L’Espagne reste en état d’alerte maximale pour les prochaines semaines. Le gouvernement a annoncé le renforcement immédiat des moyens aériens et terrestres de lutte contre les incendies, avec le déploiement de moyens supplémentaires dans les régions les plus à risque.
