Espagne : les feux de Madrid et Ávila enfin stabilisés
Après sept jours de lutte, les pompiers maîtrisent les feux de la Sierra Ouest et de Burgohondo, mais Castellón reste sous tension
Les incendies qui ravageaient la région de Madrid et la province d'Ávila depuis une semaine ont été déclarés techniquement stabilisés mercredi. Des milliers d'évacués rentrent chez eux, mais un autre front continue de progresser à Castellón.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Les incendies de la Sierra Ouest
- Le feu de Burgohondo, avec 50 000 hectares détruits, est le plus vaste jamais enregistré dans l'histoire récente de l'Espagne, selon LeBrief.
- Plus de 24 000 personnes évacuées ont regagné leur domicile à Madrid et 20 000 autres sont sorties de confinement.
- Depuis le 1er janvier 2026, 173 651 hectares ont brûlé en Espagne, six fois plus qu'à la même période en 2025, selon le ministère de la Transition écologique.
- Environ 1 000 personnes restent évacuées à San Martín de Valdeiglesias et Pelayos de la Presa, tandis qu'un autre feu progresse sans contrôle à Castellón.
Sept jours après leur départ, les deux principaux incendies qui frappaient le centre de l’Espagne montrent enfin des signes de recul. Selon TV5MONDE Info, les feux de la Sierra Ouest, en région de Madrid, et de Burgohondo, dans la province d’Ávila, ont été déclarés techniquement stabilisés ce mercredi 29 juillet 2026. Les pompiers progressaient depuis le début de la semaine sur ces deux fronts, qui ont calciné à eux seuls environ 77 000 hectares.
Une accalmie après une semaine de lutte intense
La stabilisation technique ne signifie pas l’extinction complète des feux, mais l’arrêt de leur propagation active. Les deux incendies, déclenchés il y a une semaine, avaient mobilisé des moyens aériens et terrestres considérables. Les autorités espagnoles restaient toutefois prudentes mercredi, l’évaluation des dommages et les opérations de reconstruction ne faisant que commencer dans les zones touchées.
Burgohondo, le plus grand incendie de l’histoire récente d’Espagne
Avec environ 50 000 hectares détruits, le feu de Burgohondo est devenu, selon LeBrief, le plus vaste incendie forestier jamais enregistré dans l’histoire récente du pays. Ce record donne la mesure de la campagne de feux que traverse l’Espagne cet été, dans une province d’Ávila peu habituée à des sinistres de cette ampleur.
Le retour progressif de milliers d’évacués
La bonne nouvelle concerne surtout les habitants. Plus de 20 000 personnes évacuées ont commencé à rentrer chez elles à Madrid, et d’autres ont été autorisées à quitter le confinement dans la province d’Ávila dans la région, selon les données communiquées par les autorités. Environ 1 000 personnes restent toutefois évacuées dans quelques zones résidentielles de San Martín de Valdeiglesias et de Pelayos de la Presa, deux communes proches du foyer initial. Aucun décès ni dommage personnel grave n’a été enregistré à ce stade, un bilan humain que les autorités locales ont tenu à souligner malgré l’ampleur des surfaces brûlées.
Une année six fois plus dévastatrice qu’en 2025
Ce double incendie s’inscrit dans une saison hors norme. Depuis le 1er janvier 2026, 175 000 hectares ont brûlé en Espagne, soit six fois plus qu’à la même période en 2025, selon le ministère de la Transition écologique. Le Premier ministre Pedro Sánchez a évoqué l’urgence climatique face à cette accumulation de sinistres. Le gouvernement s’apprête par ailleurs à déclarer les zones les plus touchées comme « gravement affectées par une urgence de protection civile », un statut qui doit permettre d’accélérer le versement des aides aux habitants et aux exploitants sinistrés. Le montant exact de ces aides n’a pas encore été précisé.
Castellón, l’autre front qui inquiète
Toute la carte des incendies espagnols n’est pas au vert pour autant. Sur la côte méditerranéenne, le feu de Castellón continuait mercredi d’être hors de contrôle, selon la chaîne publique espagnole RTVE, qui évoquait aussi une vague de chaleur susceptible de compliquer encore la situation.
Ce contraste entre des fronts qui reculent à Madrid et en Ávila et un incendie qui avance encore à Castellón illustre la fragilité de la situation : une amélioration locale ne dit rien du risque sur le reste du territoire, tant que la chaleur persiste.
Ce que ça signifie pour la France
L’Espagne reste la première destination étrangère des touristes français, ce qui rend ce type de crise directement suivi de ce côté-ci des Pyrénées, notamment par les familles ayant réservé un séjour dans les régions concernées. Sur le plan institutionnel, l’Union européenne dispose d’un mécanisme de renfort mutualisé, le rescEU, pouvant être activé lorsqu’un pays membre est débordé par un feu comme celui de Castellón. Aucune demande d’activation n’a été signalée dans les sources disponibles à ce stade. Plus largement, l’ampleur de la saison espagnole, six fois supérieure à celle de 2025, rappelle que le risque incendie dépasse désormais les seules régions méditerranéennes françaises habituées à ce type d’épisode.
Prochaine étape : le gouvernement espagnol doit encore formaliser la déclaration de zone sinistrée pour débloquer les aides, tandis que les équipes de secours restent mobilisées face à la vague de chaleur annoncée et au front toujours actif de Castellón.
