Espaly-Saint-Marcel : seconde enquête pour injures racistes après omission dans la plainte initiale

Un père dénonce l'absence de mention des propos racistes lors du dépôt de plainte pour le tir à la carabine sur son fils de 10 ans.

Espaly-Saint-Marcel : seconde enquête pour injures racistes après omission dans la plainte initiale
Illustration Valérie Roche / info.fr

Le 19 avril 2026 à Espaly-Saint-Marcel (Haute-Loire), un homme de 65 ans a poursuivi des enfants avec une carabine à plomb en proférant des insultes racistes. Le parquet du Puy-en-Velay a ouvert une seconde enquête le 22 avril après une plainte pour omission de ces propos lors de la première plainte.

Un homme de 65 ans est visé par deux enquêtes distinctes après avoir tiré à la carabine à plomb à proximité d’enfants le 19 avril 2026 à Espaly-Saint-Marcel. La première, ouverte pour violences avec arme, a été complétée par une seconde le 22 avril pour « injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion », selon le parquet du Puy-en-Velay.

Omission des propos racistes lors de la première plainte

Le père d’un enfant de 10 ans, visé par les tirs, a déposé une nouvelle plainte le 22 avril. Il affirme que les insultes racistes proférées par l’homme n’ont pas été consignées lors de son dépôt de plainte initial le 20 avril, malgré ses déclarations. Une précédente enquête avait déjà soulevé des questions sur la prise en compte de ces propos.

Selon Le Progrès, l’homme aurait crié « Dehors les Noirs et les Arabes ! » en poursuivant les enfants dans le quartier de l’Arbousset. L’enfant de 10 ans a subi un choc émotionnel, entraînant trois jours d’ITT. Une voisine a également déposé plainte pour injures racistes répétées, décrivant l’homme comme connu pour ses comportements xénophobes dans le quartier.

Une vidéo et des signalements associatifs

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Une vidéo, signalée par SOS Racisme et le MRAP le 22 avril, montre l’homme déclarant : « Je suis raciste et je suis fier d’être raciste. Je le dis haut et fort. » Ces éléments ont conduit le parquet à ouvrir une enquête distincte pour injures racistes. La maire d’Espaly-Saint-Marcel, Christiane Mosnier, a réagi en déclarant : « Ce n’est pas acceptable. Mais j’attends d’avoir tous les éléments car la police n’a pas encore confirmé ces faits de racisme. »

Les habitants du quartier avaient alerté à plusieurs reprises les élus locaux sur les agissements de l’homme, sans qu’aucune mesure ne soit prise avant l’incident. Un rassemblement contre le racisme est prévu le 25 avril à 14h30 place René-Cassin, sous le slogan « Nos enfants ont été victimes du poison du racisme ».

Deux procédures judiciaires en cours

L’enquête pour violences avec arme, initialement ouverte, est toujours en cours. Aucune blessure physique n’a été constatée, mais l’enfant a été traumatisé par l’incident. L’audience pour ces faits est prévue début juillet 2026 au tribunal du Puy-en-Velay. L’enquête pour injures racistes, confiée au commissariat du Puy-en-Velay, pourrait aboutir à des poursuites distinctes.

Selon France Bleu, aucune affaire similaire impliquant des armes à feu et des propos racistes n’avait été signalée à Espaly-Saint-Marcel entre 2020 et 2025. Le quartier de l’Arbousset, décrit comme multiethnique, connaît cependant des tensions préexistantes.

Sources

Valérie Roche

Valérie Roche

Correspondante au Puy-en-Velay, elle suit le tourisme religieux, l'élevage, les tensions sur les services publics et les débats sur l'éolien. Diplômée de l'IFP Paris 2, elle a commencé en PQR auvergnate. Ligne de travail : interroger les agriculteurs, les hôteliers, les élus, croiser les données de pèlerinage avant de publier.

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