Essonne : 92 interdictions de paraître, 17 expulsions et 3 fermetures contre le narcotrafic
La préfète de l'Essonne détaille le bilan des mesures administratives prises depuis l'entrée en vigueur de la loi du 13 juin 2025 contre le narcotrafic.
Fabienne Balussou, préfète de l'Essonne, a publié un bilan chiffré des outils administratifs déployés dans le département depuis la loi du 13 juin 2025 92 interdictions de paraître, 17 expulsions locatives et 3 fermetures de commerce ont été prononcées, principalement sur les zones de deal identifiées.
L’essentiel
- 92 interdictions de paraître prononcées par la préfète de l’Essonne en application de la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025.
- 17 expulsions locatives et 3 fermetures de commerce également prononcées dans le même cadre.
- Loi nationale du 13 juin 2025 (n° 2025-532) dotant les préfets de nouveaux outils administratifs contre le narcotrafic, sans recours à la procédure judiciaire.
- En 2025 en Essonne, 1 444 interpellations pour trafic de stupéfiants avaient été enregistrées, soit +28,8 % sur un an.
Un bilan annoncé par la préfecture via le compte officiel
La préfecture de l’Essonne a publié le bilan sur son compte X officiel. Fabienne Balussou, préfète depuis le 22 septembre 2025, y détaille trois catégories de mesures : 92 interdictions de paraître sur des points de deal, 17 expulsions locatives et 3 fermetures administratives de commerce.
Ces mesures sont prises en application directe de la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025, publiée au Journal officiel. Ce texte confère aux préfets le pouvoir d’agir par voie administrative - sans attendre une décision judiciaire - pour interdire à une personne de se rendre sur un point de deal identifié, fermer un commerce lié au trafic ou engager une procédure d’expulsion locative.
Ce que permet la loi du 13 juin 2025
Publiée au Journal officiel et consultable sur Légifrance, la loi n° 2025-532 vise, selon ses termes, à « sortir la France du piège du narcotrafic ». Elle crée notamment :
- des interdictions administratives de paraître sur les zones de trafic ;
- des fermetures administratives de commerces servant de couverture ou de point de revente ;
- un renforcement des procédures d’expulsion locative pour les logements utilisés dans le cadre du trafic.
Ces outils sont distincts des procédures pénales : ils relèvent de l’autorité préfectorale et peuvent être pris sans condamnation préalable, sous réserve des voies de recours administratif. Pour comparaison, à Dole, deux mineurs ont récemment été interpellés pour trafic de stupéfiants dans le cadre d’une procédure judiciaire classique - un rappel que les deux volets, administratif et pénal, coexistent.
Contexte dans l’Essonne
Le département de l’Essonne, 1,3 million d’habitants, concentre plusieurs des zones de trafic de stupéfiants les plus actives d’Île-de-France, notamment à Évry-Courcouronnes, préfecture du département. En 2025, les chiffres de la délinquance liée aux stupéfiants y avaient fortement progressé : 1 444 interpellations pour trafic, soit +28,8 % sur un an, et 5 399 pour usage (+10 %), selon les données relayées par le site d’information local Mesinfos.fr.
Ce contexte avait conduit la préfète à faire de la lutte contre le narcotrafic l’une de ses priorités affichées dès sa prise de fonction à l’automne 2025, selon le site Actu.fr. La publication de ce bilan chiffré, un an après l’entrée en vigueur de la loi, s’inscrit dans cette communication d’action.
Les opérations contre les réseaux de trafic restent une priorité nationale. Dans le Var, 12 interpellations et la saisie de 2 kg de cocaïne et d’armes ont été annoncées dans le golfe de Saint-Tropez dans la même période, illustrant l’ampleur du phénomène à l’échelle nationale.
Des mesures sans précédent dans leur volumétrie départementale
À ce stade, la préfecture n’a pas précisé la répartition géographique des 92 interdictions de paraître ni des 17 expulsions locatives à l’intérieur du département. Il n’a pas été indiqué non plus si ces mesures concernent exclusivement Évry-Courcouronnes ou d’autres communes de l’Essonne.
Le nombre d’interdictions de paraître - 92 en moins d’un an - constitue un indicateur inédit dans le département depuis la création de cet outil. Aucune donnée comparative avec d’autres départements franciliens n’a été communiquée à ce stade par la préfecture.
Les trois fermetures de commerce restent, en volume, la mesure la moins utilisée. La loi fixe des conditions précises pour y recourir : lien démontrable entre l’établissement et le trafic. Les commerces concernés n’ont pas été identifiés publiquement par la préfecture.
Recours et suites judiciaires
Les personnes visées par une interdiction de paraître administrative disposent de voies de recours devant le tribunal administratif. La violation d’une telle interdiction est en revanche passible de sanctions pénales, selon le texte de la loi. La préfecture n’a pas communiqué sur d’éventuelles violations constatées depuis la mise en œuvre des mesures.
Les expulsions locatives prononcées dans ce cadre s’ajoutent aux procédures judiciaires d’expulsion qui peuvent être engagées parallèlement par les bailleurs. Là encore, le détail des situations - bailleur social ou privé, commune concernée - n’a pas été rendu public.
La préfecture de l’Essonne n’a pas précisé à quelle échéance un nouveau bilan serait publié. La mise en œuvre de la loi du 13 juin 2025 est susceptible de faire l’objet d’une évaluation parlementaire dans les prochains mois, un an après son entrée en vigueur.
Sources
- Préfecture de l'Essonne (@Prefet91) : Bilan des mesures administratives contre le narcotrafic en Essonne
- Légifrance : Loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic
- Mesinfos.fr : Chiffres 2025 de la délinquance en Essonne
- Préfecture de l'Essonne : Présentation de la préfète de l'Essonne

