Essonne : le protoxyde d’azote interdit à la vente et sur la voie publique jusqu’au 31 mai
Un arrêté préfectoral pris le 1er mai bannit vente, détention et consommation du gaz hilarant dans le département pour protéger les jeunes.
La préfète de l'Essonne a signé un arrêté interdisant la vente de protoxyde d'azote aux particuliers et sa consommation sur la voie publique du 1er au 31 mai 2026. La mesure cible les risques sanitaires et routiers liés au gaz hilarant, particulièrement répandus chez les jeunes. Elle prolonge un dispositif déjà appliqué en février 2026.
La préfète de l’Essonne a signé un arrêté interdisant la vente de protoxyde d’azote aux particuliers et sa consommation sur la voie publique du 1er au 31 mai 2026. La mesure cible les risques sanitaires et routiers liés au gaz hilarant, particulièrement répandus chez les jeunes. Elle prolonge un dispositif déjà appliqué en février 2026.
L’essentiel
- Arrêté en vigueur : du 1er au 31 mai 2026 dans tout le département de l’Essonne.
- Périmètre : vente aux particuliers interdite, ainsi que détention, consommation et abandon de cartouches, bonbonnes ou bouteilles sur la voie publique.
- Risques visés : perte de connaissance, troubles neurologiques, brûlures, asphyxie, accidents de la route.
- Données nationales : 13,7 % des 18-24 ans ont expérimenté le protoxyde d’azote en 2022, selon Santé publique France.
- Précédent local : un arrêté identique avait déjà été pris en Essonne en février 2026 pour un mois complet.
Ce que dit l’arrêté
La préfecture de l’Essonne a publié l’arrêté le 1er mai 2026. Il couvre l’ensemble du département pour trente et un jours. Trois interdictions sont posées : la vente aux particuliers, la détention sur la voie publique, et la consommation ou l’abandon de tout contenant - cartouche, bonbonne ou bouteille - rempli de protoxyde d’azote.
La vente aux professionnels (restauration, industrie alimentaire) n’est pas visée par le texte. Seule la chaîne de distribution vers les particuliers est bloquée.
Des risques sanitaires documentés
Le protoxyde d’azote, utilisé comme gaz propulseur dans les cartouches de crème chantilly, est inhalé pour ses effets euphorisants. Mais son usage détourné expose à des conséquences sérieuses : perte de connaissance, troubles neurologiques, brûlures par le froid (le gaz s’échappe à très basse température), asphyxie. L’usage au volant génère des risques routiers directs.
L’Agence régionale de santé Île-de-France signale une recrudescence des complications neurologiques graves chez les mineurs et jeunes adultes dans la région, Essonne incluse. En France, Santé publique France estimait en 2022 que 13,7 % des 18-24 ans avaient expérimenté le produit au moins une fois, et 3,2 % dans l’année. Ces chiffres placent le protoxyde d’azote parmi les substances les plus expérimentées par les jeunes après le cannabis et l’alcool.
En avril 2026, le gouvernement a lancé une campagne nationale de sensibilisation ciblant spécifiquement ce public, selon la Banque des territoires.
Contexte dans l’Essonne
L’Essonne (1,4 million d’habitants, département le plus peuplé de la grande couronne sud de Paris) n’en est pas à son premier arrêté sur ce sujet. Un texte similaire avait été pris en février 2026 pour un mois entier, élargi par rapport aux interdictions ponctuelles des fêtes de fin d’année, rapporte Le Parisien.
À l’échelle communale, Palaiseau avait anticipé en mars 2026 : le maire y avait signé un arrêté municipal contre l’usage détourné du protoxyde d’azote, face à ce qu’il qualifiait de multiplication «aux proportions inquiétantes» chez les jeunes, selon actu.fr. Des situations similaires ont conduit d’autres préfets franciliens - les Yvelines notamment - à prendre des mesures comparables.
La loi nationale du 1er juin 2021 (n° 2021-695) interdit déjà la vente de protoxyde d’azote aux mineurs et dans les débits de boissons ou tabacs. Les arrêtés préfectoraux viennent compléter ce cadre en étendant l’interdiction à l’ensemble des particuliers et à l’espace public.
Un mouvement qui dépasse le 91
L’Essonne s’inscrit dans une dynamique nationale. La Gironde avait interdit la consommation du 18 décembre 2025 au 18 mars 2026. La Seine-et-Marne a également pris un arrêté préfectoral en ce sens. TF1 Info recense plusieurs dizaines de départements ayant adopté des mesures similaires entre 2024 et 2026.
Le cadre législatif pourrait se durcir encore : un projet de loi dit «Ripost» prévoit des sanctions alourdies pour inhalation ou trafic de protoxyde d’azote, sans que la date d’examen parlementaire ait été précisée à ce stade. Sur les questions de sécurité impliquant des mineurs, les préfectures restent en première ligne dans l’attente d’un texte national plus contraignant.
Sanctions et contrôles
L’arrêté est opposable dès le 1er mai. Les contrevenants s’exposent aux sanctions prévues par le code pénal pour violation d’arrêté préfectoral - une contravention de 5e classe pouvant aller jusqu’à 1 500 euros d’amende. Les modalités de contrôle sur le terrain - police nationale, gendarmerie, police municipale - n’ont pas été précisées par la préfecture dans sa communication publique.
Pour les professionnels vendant du matériel de cuisine ou des consommables (grande distribution, commerces spécialisés), la prudence s’impose : l’identification de l’acheteur comme particulier ou professionnel reste à leur charge.
L’arrêté expire le 31 mai 2026. La préfecture n’a pas indiqué si une reconduction était envisagée pour l’été, période habituellement associée à une hausse des usages en milieu festif.
Sources
- Préfecture de l'Essonne (@Prefet91) : Arrêté préfectoral interdiction protoxyde d'azote Essonne mai 2026
- Le Parisien : L'Essonne et les Yvelines ont interdit la vente de protoxyde d'azote
- actu.fr : Essonne : Palaiseau interdit l'usage détourné du protoxyde d'azote
- TF1 Info : Protoxyde d'azote : les départements où il est interdit