Essonne : le SDIS 91 inaugure l’IA Pyronear pour détecter les feux de forêt
Un système expérimental d'intelligence artificielle pour surveiller en temps réel les massifs de Sénart et des Trois Pignons cet été
Le Service départemental d'incendie et de secours de l'Essonne a officiellement présenté lundi 28 juin le dispositif Pyronear au centre d'appels d'urgence de Corbeil-Essonnes. Une innovation open source qui promet une détection rapide des fumées.
L’essentiel
- Dispositif : Le SDIS 91 a inauguré le 28 juin 2026 le système Pyronear, basé sur l’intelligence artificielle, pour la détection précoce des départs de feu.
- Lieu : La démonstration s’est tenue au Centre départemental d’appels d’urgence (CDAU) à Corbeil-Essonnes.
- Expérimentation : Une phase de test est engagée durant l’été 2026 sur les massifs de Sénart et des Trois Pignons.
Face à la multiplication des incendies estivaux, l’Essonne se dote d’un outil technologique inédit. Le SDIS 91 a officiellement inauguré dimanche 28 juin le dispositif Pyronear, une intelligence artificielle capable de repérer les fumées suspectes en temps réel. La présentation a eu lieu au Centre départemental d’appels d’urgence (CDAU) à Corbeil-Essonnes, en présence de la directrice de cabinet de la Préfète de l’Essonne et du président du Conseil départemental, ainsi que du colonel Rémi Capart, directeur départemental du SDIS 91, et de Guy Crosnier, président du conseil d’administration du SDIS.
Comment fonctionne Pyronear ?
Développé par l’association Pyronear, issue de la communauté Data for Good, ce système est entièrement open source. Il analyse en continu les images provenant de caméras installées sur des points hauts (châteaux d’eau, pylônes, tours de guet). Dès qu’un panache de fumée est détecté, une alerte est envoyée aux opérateurs du CDAU. L’objectif : gagner un temps précieux sur les premiers feux, souvent les plus violents.
Selon le SDIS 91, le dispositif a été conçu pour être économique et compatible avec les infrastructures existantes. Il peut se brancher sur les caméras déjà en place, sans nécessiter de lourds investissements. Une aubaine pour les départements forestiers qui cherchent à renforcer leur vigilance sans exploser leur budget.
Deux massifs en première ligne
L’expérimentation opérationnelle est lancée pour l’été 2026 sur deux massifs sensibles de l’Essonne : la forêt de Sénart et la forêt des Trois Pignons. Ces secteurs, très fréquentés par le public, ont déjà connu des départs de feu ces dernières années. Les caméras connectées au système Pyronear scrutent désormais le ciel en permanence.
Le SDIS 91 précise que cette phase de test permettra d’ajuster les algorithmes et de valider la fiabilité de la détection en conditions réelles. Si les résultats sont concluants, le déploiement pourrait être étendu à d’autres massifs du département.
D’autres incendies récents dans l’Hexagone illustrent l’urgence de tels outils : à Bollène dans le Vaucluse, un feu de palettes a été maîtrisé sans faire de blessé (lire notre article), tandis que dans le Territoire de Belfort, les pompiers ont évité la catastrophe en sauvant un champ de blé menacé par un incendie de fossé (en savoir plus).
Contexte dans l’Essonne
Avec près de 1,3 million d’habitants, l’Essonne est un département à la fois urbain et fortement boisé. La forêt de Sénart, aux portes de Paris, attire chaque année des milliers de promeneurs. Les sécheresses récurrentes et les canicules augmentent le risque d’incendie. En 2025, le SDIS 91 a déjà enregistré une hausse des interventions pour feux de végétation. Ce nouvel outil s’inscrit dans une stratégie globale de prévention, alors que les services de secours cherchent à moderniser leurs équipements face au changement climatique.
Prochaine étape : un bilan à la fin de l’été
Le colonel Capart a indiqué que les résultats de l’expérimentation seront analysés à l’automne. Selon les performances constatées, le SDIS 91 pourrait pérenniser le dispositif et envisager son déploiement sur d’autres sites. Une décision est attendue avant l’hiver.