Estrablin : le pôle criminel de Grenoble reprend l’enquête sur la mort de Nizar Bourara

Six jours après la découverte du corps du maçon de 45 ans sur les berges de la Gère, le parquet de Vienne se dessaisit au profit du pôle criminel de Grenoble.

Estrablin : le pôle criminel de Grenoble reprend l'enquête sur la mort de Nizar Bourara
Illustration Julien Moreau / info.fr

Le corps de Nizar Bourara, maçon de 45 ans domicilié à Vienne, avait été découvert le 30 mai 2026 enroulé dans un drap sur les berges de la Gère à Estrablin. Le 5 juin, le procureur de Grenoble Étienne Manteaux a ouvert une information judiciaire pour homicide volontaire et vol suivi de destruction par incendie. Aucune interpellation à ce stade.

L’essentiel

  • 30 mai 2026 : corps de Nizar Bourara, maçon de 45 ans, découvert enroulé dans un drap sur les berges de la Gère à Estrablin (Isère) par des promeneurs.
  • 4 juin 2026 : autopsie confirme un décès par arme à feu (balle dans le thorax).
  • 5 juin 2026 : le parquet de Vienne se dessaisit ; le procureur de Grenoble Étienne Manteaux ouvre une information judiciaire pour « homicide volontaire » et « vol suivi de destruction par incendie ».
  • +400 km : le fourgon Fiat Ducato blanc de la victime retrouvé calciné sur l’A5, près de Sens (Yonne).
  • Aucune interpellation à ce jour (6 juin 2026).

Un corps découvert rue du Pont-Thuillier

Samedi 30 mai 2026, des promeneurs longent les berges de la Gère, rue du Pont-Thuillier à Estrablin, petite commune de l’Isère au sud de Vienne. Ils découvrent un corps d’homme enroulé dans un drap. Les secours confirment le décès. L’homme est rapidement identifié : Nizar Bourara, 45 ans, né en mars 1981, originaire de Tunisie, domicilié dans le quartier Malissol à Vienne. Gérant d’une entreprise individuelle de maçonnerie générale et de gros œuvre basée avenue Jean-de-la-Fontaine à Vienne, il était porté disparu depuis plusieurs jours, selon Le Dauphiné Libéré.

Le parquet de Vienne, dirigé par le procureur Olivier Rabot, ouvre immédiatement une enquête pour homicide volontaire. L’affaire est confiée à la Section de recherches de Grenoble.

Autopsie : mort par arme à feu

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L’autopsie est réalisée le jeudi 4 juin 2026. Elle confirme que Nizar Bourara a été tué par balle - une balle dans le thorax, selon France 3 Régions. La cause du décès ne laisse plus de doute : homicide.

Le même jour, le fourgon Fiat Ducato blanc de la victime est retrouvé calciné sur l’autoroute A5, près de Sens dans l’Yonne, à plus de 400 kilomètres d’Estrablin. Ce fait explique l’un des deux chefs retenus dans l’information judiciaire : « vol suivi de destruction par incendie ». Les enquêteurs exploitent les images de vidéosurveillance. Des pistes liées à un éventuel différend financier sont également explorées, d’après Le Dauphiné Libéré.

Le dessaisissement du 5 juin : le pôle criminel prend la main

Le vendredi 5 juin 2026, soit six jours après la découverte du corps, le parquet de Vienne se dessaisit officiellement. Le procureur de la République de Grenoble, Étienne Manteaux, l’annonce sans ambiguïté : « Le parquet de Vienne se dessaisit au profit du pôle criminel de Grenoble ». Une information judiciaire est ouverte pour « homicide volontaire » et « vol suivi de destruction par incendie ».

Le dossier passe donc sous la conduite d’un juge d’instruction spécialisé. La Section de recherches de Grenoble, décrite comme « très investie sur ce dossier » selon France 3 Régions, poursuit ses investigations. Aucun suspect n’a été interpellé à ce stade.

Contexte dans l’Isère

Estrablin est une commune rurale de 3 677 habitants (données INSEE 2023), densité de 178 habitants au km², rattachée à la communauté de communes Vienne Condrieu Agglomération. La Gère, affluent du Rhône qui traverse le bourg, constitue le cadre de la découverte.

L’affaire intervient trois semaines après un fait similaire dans le même département. Le 9 mai 2026, un corps enveloppé dans des couvertures avait été découvert à Proveysieux, dans le nord du massif de la Chartreuse, selon Place Gre’net et France 3 Régions. Les deux affaires ne semblent pas liées à ce stade, mais leur proximité temporelle a été relevée par plusieurs médias régionaux.

Le pôle criminel de Grenoble est compétent pour les affaires d’homicide complexe dans le ressort de la cour d’appel de Grenoble, qui couvre notamment l’Isère, la Drôme et les Hautes-Alpes. Son intervention signale la gravité et la complexité présumée du dossier. Dans le département, d’autres affaires violentes ont récemment mobilisé la justice grenobloise, dont une fusillade au quartier Mistral ayant conduit à des mises en examen début juin.

Enquête ouverte, sans arrestation

À la date du 6 juin 2026, aucun suspect n’a été placé en garde à vue ou mis en examen. Les investigations portent sur les images de vidéosurveillance captées sur le trajet entre Estrablin et la région de Sens, ainsi que sur l’environnement professionnel et personnel de Nizar Bourara. Des affaires comparables dans d’autres départements ont abouti à des mises en examen rapides, mais le calendrier de cette instruction reste à ce stade indéterminé.

Le juge d’instruction désigné au pôle criminel de Grenoble mène désormais les opérations. La prochaine étape sera déterminée par l’avancée des investigations sur les images de vidéosurveillance et les pistes identifiées autour du différend financier évoqué.

Sources

Julien Moreau

Julien Moreau

Julien est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Isère (38), avec Grenoble pour chef-lieu. Spécialité du département : recherche micronano (CEA-Leti) et stations alpines. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Auvergne-Rhône-Alpes.

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