États-Unis : le marché de l’emploi freine brutalement en juin, à 57 000 créations
Avec seulement 57 000 emplois créés en juin, bien en deçà des 110 000 attendus, le ralentissement relance les spéculations sur une baisse des taux de la Fed.
Le Bureau of Labor Statistics a dévoilé un chiffre d'emplois non agricoles de 57 000 en juin, son plus bas niveau en quatre mois. Les révisions à la baisse des mois précédents et la baisse du taux de participation signalent un marché du travail sous tension, malgré un taux de chômage à 4,2 %.
L’essentiel
- 57 000 : nombre d’emplois créés en juin 2026, contre 110 000 attendus par le consensus.
- Révisions en baisse : les créations d’avril et mai ont été revues à la baisse, respectivement à 148 000 et 129 000.
- Taux de chômage : 4,2 % en juin, en léger recul mais masquant une baisse de 507 000 emplois dans l’enquête ménages.
- Participation : taux de participation à la population active tombé à 61,5 %, son plus bas depuis mars 2021.
Des créations bien en deçà des attentes
L’économie américaine a créé seulement 57 000 emplois non agricoles en juin 2026, selon les données publiées vendredi par le Bureau of Labor Statistics (BLS). Ce chiffre est très inférieur au consensus de 110 000 et constitue le rythme mensuel le plus faible en quatre mois, d’après Trading Economics.
Les mois précédents ont également été révisés à la baisse : les créations d’avril passent de 179 000 à 148 000, et celles de mai de 172 000 à 129 000, selon la Fed de Saint-Louis. Ces corrections amplifient le sentiment d’un ralentissement durable du marché du travail.
Un chômage en trompe-l’œil
Le taux de chômage affiché à 4,2 % en juin, contre 4,3 % en mai, pourrait sembler positif. Mais cette baisse s’explique principalement par un recul de 0,3 point du taux de participation à la population active, tombé à 61,5 % - son plus bas niveau depuis mars 2021, précise le BLS. L’enquête auprès des ménages révèle en réalité une perte nette de 507 000 emplois sur le seul mois de juin, selon France Cryptos.
Par secteur, le recul est marqué dans les loisirs et l’hôtellerie (−61 000 postes), tandis que les services professionnels et aux entreprises tirent leur épingle du jeu avec +36 000 créations. Le salaire horaire moyen progresse de 0,3 % sur un mois, à 37,64 dollars.
Conséquences sur les marchés financiers
Ce rapport affaiblit les arguments en faveur d’un statu quo sur les taux directeurs de la Réserve fédérale. Selon l’outil CME FedWatch, la probabilité d’un maintien des taux en juillet 2026 est montée à 84 % après la publication. Les opérateurs tablent désormais sur une première baisse des taux à l’automne.
Le dollar a immédiatement reculé, permettant à l’euro de gagner 0,6 % et de repasser au-dessus du seuil symbolique de 1,14 dollar, rapporte France Épargne. Les bourses européennes ont progressé dans la foulée, les investisseurs saluant la perspective d’une politique monétaire moins restrictive aux États-Unis.
Contexte macroéconomique
Ce ralentissement de l’emploi américain intervient dans un contexte de resserrement monétaire prolongé par la Fed depuis 2022. Les indices PMI et la confiance des consommateurs montraient déjà des signes de fatigue. Avec une inflation encore au-dessus de l’objectif de 2 %, la banque centrale devra arbitrer entre soutien à l’emploi et stabilité des prix. Les prochains chiffres d’août seront scrutés pour confirmer ou infirmer la tendance.
Pour les investisseurs et les économistes, ce rapport de juin constitue un signal clair : le marché du travail américain n’est plus le moteur qu’il était en 2023-2024. La question est désormais de savoir à quelle vitesse la Fed agira pour éviter une dégradation plus profonde.