Eure-et-Loir : 76 jeunes busards sauvés des moissonneuses par l’OFB
Une campagne de protection coordonnée par l'OFB, Eure-et-Loir Nature et Hommes et Territoires a permis de sauver 76 rapaces durant les moissons 2025.
La campagne de protection des busards menée en Eure-et-Loir en 2025 a permis à 76 jeunes rapaces de s'envoler. L'opération, pilotée par l'Office français de la biodiversité et deux associations locales, a repéré et sécurisé des dizaines de nids installés dans les cultures céréalières avant le passage des moissonneuses.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- 76 jeunes busards (50 Saint-Martin, 13 cendrés, 13 des roseaux) ont pu s'envoler lors de la campagne 2025 en Eure-et-Loir.
- L'opération associe l'Office français de la biodiversité, Eure-et-Loir Nature et l'association Hommes et Territoires.
- Les équipes ont parcouru 12 000 kilomètres sur 27 jours de bénévolat et 96 jours de travail salarié.
- Un hiver humide et une canicule fin juin ont perturbé la nidification, avec 17 échecs sur 35 couples de busards Saint-Martin.
- L'usage de drones a été intégré en 2025 pour renforcer le repérage des nids dans les cultures.
Soixante-seize jeunes busards ont échappé aux moissonneuses-batteuses en Eure-et-Loir lors de la campagne de protection 2025. Le bilan, dressé par Éric Guéret du Groupe Busard, recense 50 busards Saint-Martin, 13 busards cendrés et 13 busards des roseaux ayant pu s’envoler, selon Eure-et-Loir Nature.
L’opération associe trois structures : Eure-et-Loir Nature, l’association Hommes et Territoires et l’Office français de la biodiversité. Ces rapaces nichent au sol dans les champs de céréales, ce qui les expose directement aux engins agricoles durant les moissons.
Une méthode de repérage renforcée par les drones
Les équipes parcourent les parcelles agricoles pour localiser les nids avant la récolte. En 2025, Eure-et-Loir Nature a intégré l’usage d’un drone dans ses protocoles de prospection. Une fois un nid repéré, les protecteurs posent des cages ou des carrés grillagés autour de celui-ci. Cette protection mécanique permet aux jeunes oiseaux de poursuivre leur croissance à l’abri des lames des moissonneuses.
Les agents sensibilisent également les agriculteurs. La coopération avec les exploitants reste essentielle pour localiser les sites de nidification et adapter les calendriers de moisson.
Une saison perturbée par la météo
La campagne 2025 a été marquée par des conditions climatiques difficiles. Un hiver très humide a retardé les travaux agricoles et perturbé l’installation des couples nicheurs. Dans la région de Châteaudun, deux tiers des couples de busards cendrés ne se sont pas réinstallés sur leurs sites habituels, selon Obs’28.
Une canicule fin juin a ensuite affecté les nichées naissantes. Le suivi du busard Saint-Martin a concerné 35 couples, dont 17 ont connu un échec de reproduction. Pour le busard des roseaux, 9 couples ont été observés, avec 4 échecs enregistrés.
Un investissement humain conséquent
La campagne a mobilisé les équipes sur 27 jours de bénévolat et 96 jours de travail salarié. Les protecteurs ont parcouru au moins 12 000 kilomètres, dont une partie à vélo par l’une des bénévoles, selon Eure-et-Loir Nature.
Les busards sont des rapaces protégés en France. Le busard Saint-Martin est le plus répandu dans le département, tandis que les busards cendrés et des roseaux sont plus rares. Ces trois espèces figurent sur la liste rouge des oiseaux nicheurs menacés.
Contexte dans l’Eure-et-Loir
L’Eure-et-Loir compte parmi les départements agricoles de la région Centre-Val de Loire. Les grandes cultures céréalières dominent le paysage, ce qui en fait un territoire clé pour la nidification des busards. La campagne de protection y est menée chaque année depuis plusieurs décennies.
Le département abrite également d’autres opérations de sauvegarde de la faune locale. À Dreux, les services d’urgence interviennent régulièrement sur des incidents urbains, tandis que les espaces agricoles requièrent une vigilance spécifique durant les périodes de récolte.
Prochaine étape
La campagne 2026 débutera au printemps prochain. Les équipes espèrent des conditions météorologiques plus favorables pour améliorer le taux de réussite des nichées. Le recours aux drones devrait être généralisé pour affiner les repérages.
