Eure : une femme de 30 ans tuée par son ex-compagnon, qui se suicide ensuite
Mathilde, employée municipale et mère de deux enfants, a été poignardée à mort à Houlbec-Cocherel le 14 juillet. Son ex-compagnon, hospitalisé d'office après une première tentative de meurtre en 2022, s'est pendu.
Le corps sans vie de Mathilde, 30 ans, a été découvert le 14 juillet à son domicile d'Houlbec-Cocherel. Son ex-compagnon, déjà auteur d'une tentative de meurtre sur elle quatre ans plus tôt, s'est suicidé peu après. Une enquête judiciaire tente d'éclaircir les conditions de sa sortie d'hospitalisation.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Le corps de Mathilde, 30 ans, employée municipale et mère de deux enfants, a été découvert poignardé à son domicile d'Houlbec-Cocherel le 14 juillet 2026.
- Son ex-compagnon de 32 ans, principal suspect, s'est suicidé par pendaison aux Andelys quelques heures après les faits.
- L'homme avait déjà tenté de tuer la victime en 2022 avant d'être déclaré pénalement irresponsable en 2023 et hospitalisé d'office à Mantes-la-Jolie en janvier 2024.
- Le couple avait repris contact malgré une interdiction judiciaire, selon les témoignages recueillis par les enquêteurs.
- Le procureur de la République d'Évreux, Rémi Coutin, a ouvert une enquête pour homicide volontaire visant à éclaircir les conditions de sortie de l'hospitalisation du suspect.
Le père de Mathilde a découvert le corps de sa fille le 14 juillet 2026, à son domicile d’Houlbec-Cocherel, dans l’Eure. La jeune femme de 30 ans, employée municipale et mère de deux enfants, avait été poignardée à mort à l’aide d’une arme blanche, selon les premiers éléments de l’enquête rapportés par WebRadio Media.
Quelques heures plus tard, le principal suspect, son ex-compagnon âgé de 45 ans, a été retrouvé mort par pendaison aux Andelys. Le procureur de la République d’Évreux, Rémi Coutin, a confirmé l’ouverture d’une enquête pour homicide volontaire lors d’un point presse tenu le 17 juillet.
Une première tentative de meurtre en 2022
L’homme avait déjà tenté de tuer Mathilde en 2022. Atteint de troubles psychiatriques, il avait été déclaré pénalement irresponsable par la justice en 2023, selon RémyWEB. Cette décision avait entraîné son hospitalisation d’office.
En janvier 2024, le suspect avait été transféré à l’hôpital psychiatrique de Mantes-la-Jolie, rapporte La Clé Publique. Les circonstances exactes de sa sortie de cet établissement font désormais l’objet d’investigations approfondies. L’enquête cherche à reconstituer son parcours médical et à comprendre comment il a pu quitter l’hôpital.
Des contacts repris malgré une interdiction judiciaire
Selon les éléments recueillis par les enquêteurs auprès des proches de la victime, Mathilde et son ex-compagnon avaient repris contact régulièrement, en dépit d’une interdiction de contact en vigueur. Cette information, révélée par La Clé Publique, soulève des questions sur l’application et le suivi de cette mesure judiciaire.
Le parquet d’Évreux tente d’établir la chronologie précise des événements et de déterminer si des signalements avaient été effectués avant le drame.
Un féminicide qui interroge le suivi psychiatrique
Ce drame relance le débat sur la prise en charge des auteurs de violences conjugales souffrant de troubles psychiatriques. La déclaration d’irresponsabilité pénale en 2023 avait permis au suspect d’échapper à une condamnation pénale classique, au profit d’une hospitalisation d’office.
Le procureur Rémi Coutin a indiqué que l’enquête examinerait également le respect du protocole de sortie et les éventuelles autorisations de déplacement accordées au suspect. Les investigations doivent déterminer si des dysfonctionnements ont pu favoriser le passage à l’acte.
Des affaires similaires ont récemment secoué l’opinion publique, comme le drame de Nancy où une femme est morte défenestrée, son compagnon ayant ensuite été libéré après sa garde à vue.
Contexte dans l’Eure
Houlbec-Cocherel est une commune rurale de moins de 300 habitants située dans le département de l’Eure, à une trentaine de kilomètres au sud d’Évreux. Le département compte environ 600 000 habitants selon les dernières données INSEE.
Les Andelys, où l’ex-compagnon s’est donné la mort, se trouvent à une vingtaine de kilomètres au nord-ouest de Houlbec-Cocherel. Cette commune de près de 8 000 habitants est connue pour son Château Gaillard, forteresse médiévale dominant la Seine.
Le parquet d’Évreux traite régulièrement des affaires de violences conjugales. En 2025, le département avait enregistré plusieurs cas graves de violences intra-familiales ayant nécessité des placements en détention provisoire ou des hospitalisations d’office.
Une victime connue et appréciée localement
Mathilde travaillait pour une commune de l’Eure en tant qu’employée municipale. Mère de deux enfants, elle était décrite par son entourage comme une personne investie dans son travail et dévouée à sa famille.
La nouvelle de sa mort a profondément choqué les habitants d’Houlbec-Cocherel et des communes voisines. Plusieurs messages de soutien à la famille ont été publiés sur les réseaux sociaux dans les heures qui ont suivi l’annonce du drame.
L’enquête en cours
Les services de police technique et scientifique ont procédé aux constatations d’usage sur les deux scènes de crime. Les enquêteurs ont saisi le téléphone portable de la victime ainsi que celui du suspect pour analyser leurs échanges récents.
Une autopsie a été ordonnée pour déterminer avec précision les causes de la mort de Mathilde et l’heure à laquelle elle a été tuée. Les investigations visent également à établir si le suspect avait prémédité son geste ou s’il s’agit d’un passage à l’acte impulsif.
Le dossier pourrait être élargi à une instruction pour recherche des causes de la mort, compte tenu du suicide de l’auteur présumé. Cette procédure permettrait d’auditionner l’ensemble des professionnels de santé ayant suivi le suspect et d’examiner les décisions administratives relatives à son hospitalisation.
Les autorités judiciaires devraient communiquer de nouveaux éléments dans les prochaines semaines, une fois les expertises techniques achevées. La famille de Mathilde a été prise en charge par une cellule psychologique mise en place par le parquet d’Évreux.