Eure : la détention et la consommation de protoxyde d’azote interdites
Un arrêté préfectoral signé le 8 juillet interdit la détention et la consommation récréative de gaz hilarant dans tout le département jusqu'au 30 novembre
Le préfet de l'Eure a signé le 8 juillet un arrêté interdisant la détention et la consommation récréative de protoxyde d'azote sur l'ensemble du département, y compris à Évreux. La mesure s'applique jusqu'au 30 novembre 2026.
L’essentiel
- Arrêté : le préfet de l’Eure a signé le 8 juillet 2026 l’arrêté 27-2026-07-08-00006 interdisant le protoxyde d’azote récréatif
- Durée : l’interdiction court du 10 juillet au 30 novembre 2026 inclus
- Périmètre : la mesure s’applique à tout le département, y compris Évreux
- Publication : le texte figure dans le Recueil spécial des actes administratifs (RAA) n°27-2026-212
- Signataire : Xavier Delarue, préfet de l’Eure depuis mai 2026
Ce que dit l’arrêté
Le préfet de l’Eure, Xavier Delarue, a signé le 8 juillet un arrêté interdisant la détention et la consommation de protoxyde d’azote à des fins récréatives sur l’ensemble du département. Le texte, publié au Recueil spécial des actes administratifs (RAA) n°27-2026-212, porte le numéro 27-2026-07-08-00006.
L’interdiction entre en vigueur le 10 juillet et court jusqu’au 30 novembre 2026 inclus. Elle vise tout le territoire eurois, Évreux comme les autres communes du département. La préfecture a communiqué sur la mesure via son compte X officiel :
Une mesure calée sur la période estivale
La fenêtre retenue, de juillet à fin novembre, couvre la saison durant laquelle les rassemblements en extérieur et les usages festifs sont les plus fréquents. L’arrêté cible spécifiquement l’usage récréatif du gaz, aussi appelé « gaz hilarant », vendu sous forme de cartouches ou de bonbonnes et détourné de son usage alimentaire ou médical.
Ce type de restriction temporaire n’est pas propre à l’Eure. D’autres préfectures encadrent aussi, chacune sur leur sujet, des pratiques jugées à risque pendant l’été : c’est le cas dans l’Aude où les feux d’artifice sont restreints ou dans le Gard, où le feu d’artifice du 14 juillet a été reporté à Alès en raison du risque incendie.
Les risques pour la santé des jeunes
L’inhalation de protoxyde d’azote n’est pas anodine. Selon un document de l’Agence régionale de santé consacré aux risques de ce gaz, une consommation régulière peut provoquer des atteintes neurologiques graves, dont des paralysies liées à une carence sévère en vitamine B12, ainsi que des troubles cardiovasculaires et psychiatriques. Le risque d’addiction est également documenté.
Les autorités sanitaires signalent aussi des brûlures par le froid au contact direct du gaz, et un risque d’asphyxie en cas d’inhalation prolongée dans un espace clos. La baisse de vigilance qui suit la prise, immédiate et pouvant durer une trentaine de minutes selon la Sécurité routière, augmente le risque d’accident, notamment au volant.
La vente et la distribution de protoxyde d’azote aux mineurs sont par ailleurs déjà interdites sur tout le territoire français depuis la loi du 1er juin 2021. L’arrêté préfectoral eurois vient compléter ce cadre national en s’attaquant, lui, à la détention et à la consommation, quel que soit l’âge de la personne, sur la durée fixée.
Contexte dans l’Eure
Évreux, préfecture du département, concentre une bonne partie de la vie nocturne et des rassemblements estivaux de l’Eure. C’est dans ce type de contexte, où les usages récréatifs se multiplient l’été, que la préfecture a choisi d’agir. Xavier Delarue, en poste depuis mai 2026, signe ici l’un de ses premiers arrêtés de santé publique dans le département.
Le texte ne détaille pas de sanctions chiffrées ni de modalités de contrôle précises dans les éléments rendus publics à ce stade. La préfecture n’a pas communiqué de bilan des interventions ou des saisies liées au protoxyde d’azote dans l’Eure avant cet arrêté.
La mesure s’éteindra le 30 novembre 2026, sauf reconduction éventuelle que la préfecture n’a pas évoquée pour l’instant.