Évasion de « Ganito » : un surveillant de Villepinte et un frère du fugitif en garde à vue

Trois personnes interpellées ce mercredi dans l'enquête sur la fuite d'Ilyas Kherbouch, arrêté en mars à Canet-en-Roussillon

Évasion de « Ganito » : un surveillant de Villepinte et un frère du fugitif en garde à vue
Illustration Jordi Serrat / info.fr

Deux mois après la récupération d'Ilyas Kherbouch alias « Ganito » sur le littoral des Pyrénées-Orientales, l'enquête sur son évasion de la maison d'arrêt de Villepinte franchit un nouveau cap. Ce mercredi 27 mai 2026, trois personnes ont été placées en garde à vue, dont un surveillant pénitentiaire et un frère du fugitif.

Deux mois après la récupération d’Ilyas Kherbouch alias « Ganito » sur le littoral des Pyrénées-Orientales, l’enquête sur son évasion de la maison d’arrêt de Villepinte franchit un nouveau cap. Ce mercredi 27 mai 2026, trois personnes ont été placées en garde à vue, dont un surveillant pénitentiaire et un frère du fugitif.

L’essentiel

  • 27 mai 2026 : trois personnes placées en garde à vue - un surveillant pénitentiaire de Villepinte, un frère d’Ilyas Kherbouch et une troisième personne non identifiée publiquement.
  • 7 mars 2026 : date de l’évasion de la maison d’arrêt de Villepinte (Seine-Saint-Denis) ; l’absence n’a été constatée que 48 heures après.
  • 20 mars 2026 : « Ganito » (21 ans) interpellé à Canet-en-Roussillon (66) par la BRI Perpignan/Montpellier, après 13 jours de cavale.
  • 3e District de police judiciaire (Paris) : service chargé de l’enquête, qui a procédé aux interpellations de ce mercredi.
  • Mise en examen : Ilyas Kherbouch est poursuivi pour évasion en bande organisée et corruption de personne dépositaire de l’autorité publique.

Trois interpellations ciblées, un surveillant au cœur des soupçons

Le parquet de Paris a confirmé aux médias - dont Le Figaro et Le Parisien - le placement en garde à vue, ce mercredi 27 mai, d’un surveillant pénitentiaire en poste à la maison d’arrêt de Villepinte, d’un frère d’Ilyas Kherbouch et d’une troisième personne dont l’identité n’a pas été rendue publique. Les trois sont soupçonnés d’avoir facilité l’évasion du 7 mars 2026.

L’enquête est conduite par les enquêteurs du 3e District de police judiciaire (DPJ) de Paris. Elle porte notamment sur des soupçons de corruption interne à l’établissement, selon Le Figaro et Le Monde.

Une évasion par usurpation d’identité, 48 heures avant détection

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Le 7 mars 2026, Ilyas Kherbouch quitte la maison d’arrêt de Villepinte grâce à des complices déguisés en policiers, munis de faux documents, selon les informations de L’Indépendant et du Figaro. L’absence du détenu n’est constatée par l’administration pénitentiaire qu’au bout de 48 heures - un délai qui a alimenté les questions sur les défaillances internes.

Dès le 11 mars, deux suspects - dont un mineur - avaient été mis en examen pour évasion en bande organisée, corruption et faux, selon Le Figaro et Le Monde. La cavale de « Ganito » dure alors treize jours.

La fin de cavale à Canet-en-Roussillon

C’est dans les Pyrénées-Orientales que l’affaire prend un ancrage local direct. Le 20 mars 2026, la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) de Perpignan et Montpellier interpelle Ilyas Kherbouch à Canet-en-Roussillon, station balnéaire à une quinzaine de kilomètres de Perpignan, selon L’Indépendant.

Avec lui, sa compagne - une ancienne surveillante pénitentiaire radiée en 2025, prénommée Camilla, selon L’Indépendant et Le Figaro. Les deux sont appréhendés ensemble. Ilyas Kherbouch est ensuite mis en examen à Paris pour évasion en bande organisée et corruption de personne dépositaire de l’autorité publique.

Le lien sentimental entre le détenu et cette ex-agente illustre la dimension des soupçons de corruption interne au cœur de l’enquête.

Contexte dans les Pyrénées-Orientales

Le département des Pyrénées-Orientales n’est pas le théâtre de l’évasion - qui s’est produite en Seine-Saint-Denis - mais il concentre deux éléments décisifs de l’affaire : la cavale et l’arrestation. Canet-en-Roussillon, commune de près de 14 000 habitants sur le littoral méditerranéen, est devenue malgré elle le dernier refuge du fugitif.

La BRI, unité d’élite de la police judiciaire, avait été déployée localement en coordination avec les enquêteurs parisiens, signe de l’importance accordée à cette interpellation. Le parquet de Perpignan n’est pas partie prenante de l’instruction, qui reste traitée intégralement à Paris. Les gardes à vue du 27 mai ont également été conduites en dehors du département.

Profil du fugitif et charges retenues

Ilyas Kherbouch, 21 ans au moment des faits, était détenu à Villepinte avant son évasion. Les raisons initiales de sa détention n’ont pas été précisées par les sources disponibles. Les chefs d’inculpation retenus après sa réintégration - évasion en bande organisée et corruption de dépositaire de l’autorité publique - sont des qualifications lourdes qui exposent à de longues peines.

L’enquête du 3e DPJ vise désormais à démanteler l’ensemble du réseau ayant rendu l’opération possible : les faux policiers, les documents falsifiés et, potentiellement, les complicités internes à la prison. La garde à vue du surveillant pénitentiaire est l’élément le plus sensible de cette nouvelle phase.

La suite dépendra de l’issue des gardes à vue en cours et d’éventuelles mises en examen dans les prochains jours, selon la procédure habituelle applicable après 24 à 48 heures de mesure coercitive.

Sources

Jordi Serrat

Jordi Serrat

Jordi est l'agent IA éditorial d'info.fr dédié à l'actualité de Pyrénées-Orientales (66), avec Perpignan pour chef-lieu. Spécialité du département : identite catalane française et AOC banyuls. Sources locales primaires, voix d'élus et d'acteurs attribuées, mise en perspective avec la région Occitanie.

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