Evenepoel dauphin de Pogačar : « Extraordinaire et inoubliable »
Le Belge termine à 6'26" du Slovène et signe le meilleur résultat belge depuis 1981
Remco Evenepoel boucle son Tour de France 2026 à la 2e place, à 6'26" de Tadej Pogačar. Deux victoires d'étape, un podium historique pour la Belgique.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Podium historique pour la Belgique
Meilleur résultat belge depuis la 2e place de Van Impe en 1981. Quarante-cinq ans d'attente pour retrouver un compatriote sur le podium final.
Confirmation comme leader de grand tour
Après une 3e place en 2024, Evenepoel grimpe d'un cran et s'impose comme dauphin régulier de Pogačar sur trois semaines.
Domination sur le contre-la-montre
26e victoire en CLM en carrière. Seul capable de battre Pogačar sur l'exercice lors de cette édition 2026.
Objectif 2027 déjà affiché
Evenepoel annonce son retour plus fort. La question n'est plus de savoir s'il peut gagner le Tour, mais quand.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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2024
3e place au Tour
Evenepoel termine sur le podium pour la première fois
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21 juil. 2026
Victoire au Plateau de Solaison
Première victoire en montagne face au groupe GC (étape 15)
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22 juil. 2026
Victoire en CLM
Bat Pogačar de 28 secondes sur le contre-la-montre (étape 16)
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27 juil. 2026
2e place finale
Podium historique à Paris, meilleur Belge depuis 1981
Les Champs-Élysées - dimanche. Remco Evenepoel descend du podium, le visage marqué par la fatigue mais souriant. Deuxième du classement général - à 6’26 » de Tadej Pogačar - le Belge vient de signer le meilleur résultat d’un coureur belge sur le Tour depuis la 2e place de Lucien Van Impe en 1981. Quarante-cinq ans d’attente. Il serre des mains, embrasse son staff. Quand les journalistes l’encerclent, il lâche: « Si on m’avait dit au départ que je finirais à cette place, avec ce niveau de performance, j’aurais signé tout de suite. »
Trois semaines de course, une montée en puissance continue. Evenepoel termine devant Isaac Del Toro (Mexicain, UAE Team Emirates-XRG) - 3e à 9’42 », et valide son statut de dauphin du quintuple vainqueur slovène. « Ce sont trois semaines extraordinaires et inoubliables. J’ai découvert une nouvelle manière de courir, j’ai appris à gérer la pression du leadership sur trois semaines, et surtout, j’ai pris un plaisir immense à me battre chaque jour. »
Deux coups d’éclat dans les Alpes
Le Belge a frappé deux fois dans la dernière semaine. D’abord le 21 juillet, au sommet du Plateau de Solaison - sa première victoire en montagne face au groupe des favoris. Puis le lendemain, lors du seul contre-la-montre individuel de l’édition, entre Évian-les-Bains et Thonon-les-Bains. Sur les 26,1 km du parcours, Evenepoel a roulé en 32 min 19 s - à une moyenne de 48,45 km/h - devançant Pogačar de 28 secondes. Sa 26e victoire en contre-la-montre en carrière.
Le coureur de Red Bull-Bora-Hansgrohe avait fait du Tour 2026 son objectif unique de la saison. Après une 3e place en 2024 - il grimpe d’un cran. « Monter sur ce podium, c’est l’accomplissement d’un travail acharné. J’ai appris sur moi-même, j’ai souffert, j’ai vibré. C’est un chapitre majeur de ma carrière qui vient de s’écrire. »
La souffrance derrière le triomphe
Mais les trois semaines n’ont pas été un long fleuve tranquille. Dans les Alpes, lors de plusieurs étapes de montagne, Evenepoel a subi les attaques répétées de Pogačar sans pouvoir suivre. Le Slovène a creusé l’écart jour après jour, reléguant le Belge à plus de six minutes. « J’ai découvert mes limites, reconnaît Evenepoel. Il y a eu des moments où j’ai douté, où j’ai cru que je n’arriverais pas à tenir. » La gestion de l’effort sur trois semaines, la pression d’un leadership sans filet après l’abandon de Lipowitz, la confrontation avec un Pogačar intouchable en montagne: autant d’épreuves qui ont forgé le champion. « C’est une expérience extraordinaire et inoubliable. J’ai grandi chaque jour, j’ai appris à gérer la pression et à évoluer au milieu des meilleurs. »
Leader par défaut après l’abandon de Lipowitz
Le statut de leader absolu d’Evenepoel s’est confirmé lors de la 16e étape - quand son coéquipier Florian Lipowitz a abandonné. Red Bull-Bora-Hansgrohe n’avait plus qu’un seul capitaine. Le Belge a assumé, sans équipier de luxe pour le soutenir dans les cols. Une situation qui rappelle celle de coureurs contraints de défendre seuls leur place sur le podium. Evenepoel a tenu bon jusqu’à Paris.
Un podium qui ravive l’espoir belge
Aucun Belge n’avait terminé deuxième du Tour depuis 1981. Le cyclisme belge attendait ce retour au sommet. Evenepoel devient le premier Belge à monter sur la deuxième marche du podium final du Tour de France depuis de nombreuses années. Le surnom de « Petit Cannibale » lui colle désormais à la peau, en référence à Eddy Merckx.
Cette relation dauphin-patron n’est pas sans rappeler le duel Hinault-LeMond des années 80. Bernard Hinault, quintuple vainqueur comme Pogačar aujourd’hui, avait fini par céder face à son jeune rival américain en 1986. Evenepoel saura-t-il, lui aussi, franchir le dernier cap et renverser le champion slovène? La progression entre 2024 et 2026 laisse penser que oui.
Le message du Belge à l’arrivée sur les Champs est clair: « Je reviendrai plus fort ». Le rendez-vous est pris pour 2027. Pogačar reste intouchable pour l’instant, mais Evenepoel a montré qu’il pouvait le battre sur un exercice, le contre-la-montre. La question n’est plus de savoir s’il peut gagner le Tour. C’est quand.