Evenepoel se prépare à encaisser sur Solaison
Le Belge joue son podium ce dimanche sur 11,3 km à 9%
Troisième à 5'04'' de Pogačar, Remco Evenepoel aborde la montée finale la plus raide du Tour 2026 avec un objectif tenir. Derrière, Seixas guette à 15 secondes.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Podium menacé de deux côtés
Evenepoel doit gérer un double front : Vingegaard à 34 secondes devant, capable de reprendre la 3e place, et Seixas à 15 secondes derrière, prêt à bondir.
Une montée que Vingegaard connaît déjà
Le Danois a gagné au Plateau de Solaison en 2022 sur le Dauphiné. Evenepoel n'y a jamais couru en compétition. Un avantage tactique invisible mais réel.
Le contre-la-montre de demain change tout
26,1 km lundi, spécialité d'Evenepoel (double champion du monde). S'il limite les dégâts aujourd'hui, il peut reprendre du temps demain.
4 kilos perdus pour tenir en altitude
Evenepoel a perdu 4 kilogrammes depuis les classiques de printemps pour améliorer son rendement sur les cols. Un pari qui se joue aujourd'hui.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Evenepoel 3e au général à 5'04'' de Pogačar, 34'' derrière Vingegaard, 15'' devant Seixas
- Étape 15 183,9 km, 3 950 m de D+, arrivée au Plateau de Solaison (HC, 11,3 km à 9,1%)
- Vingegaard a déjà gagné à Solaison en 2022 sur le Dauphiné, pas Evenepoel
- Objectif du Belge limiter les pertes avant le contre-la-montre de 26,1 km lundi
- Evenepoel a perdu 4 kg depuis le printemps et reconnu Solaison plusieurs fois en stage
Champagnole, dimanche matin. Remco Evenepoel ajuste son casque à la sortie du bus. Devant lui, 183,9 km et 3 950 mètres de dénivelé avant le Plateau de Solaison. Il ne dit rien. Ses coéquipiers non plus. Tout le monde sait ce qui l’attend.
Ce dimanche 19 juillet 2026 - le Tour de France entre dans son deuxième acte décisif. Après le Col du Haag vendredi, où Evenepoel a concédé quatre secondes à Vingegaard - la route attaque directement. Le Col de la Croisette d’abord, 4,6 km à 11,2% - puis la Côte du Mont (2,1 km à 8,3% ), avant l’arrivée au sommet: 11,3 km à 9,1% de montée Hors Catégorie. Pas de descente après. Pas de répit. Un test de puissance pure.
Evenepoel occupe la troisième place du classement général - à 5 minutes et 4 secondes du maillot jaune Tadej Pogačar. Il accuse 34 secondes de retard sur Jonas Vingegaard - deuxième. Mais ce n’est pas Vingegaard qui l’inquiète le plus ce matin. C’est Paul Seixas - quatrième, à 15 secondes seulement. Isaac del Toro rôde aussi dans le top 10. La troisième marche du podium se défend dans les deux sens.
Limiter les pertes
L’objectif du Belge est clair: « limiter les pertes ». Pas de coup d’éclat. Pas de tentative héroïque. Tenir. Il l’a dit lui-même après l’étape 14, où il a « beaucoup souffert » sous la pluie froide du Col du Haag: « Demain est un jour de plus pour tout donner et essayer de ne pas perdre de temps si possible. Ensuite, mardi, j’essaierai de rattraper ou de gagner autant de temps que possible et de viser la victoire d’étape ».
Lundi, c’est le contre-la-montre individuel de 26,1 km - programmé le 21 juillet. Là, Evenepoel, double champion du monde de la discipline - pourra reprendre du temps. Pas seulement sur Vingegaard, qu’il a déjà battu sur des chronos similaires, mais aussi sur Seixas, qui ne peut pas rivaliser dans cet exercice. Quinze secondes d’avance au soir de Solaison se transforment en minute d’avance après le chrono. Vingt secondes de retard sur Vingegaard peuvent devenir une égalité. Le contre-la-montre de 26,1 km change tout. Mais avant de pouvoir attaquer lundi, il faut passer Solaison sans s’effondrer.
La montée que son staff estime à 40 minutes d’effort - avec une pente constante de 8 à 9%. Evenepoel a reconnu le parcours plusieurs fois en stage. Il connaît chaque virage.
Une préparation millimétrée
Evenepoel a perdu 4 kilogrammes depuis les classiques de printemps pour améliorer son rendement en altitude. Quatre kilos de moins, c’est moins de poids à monter à 9% pendant 40 minutes. C’est aussi un pari: perdre la puissance brute du printemps pour gagner en ratio watts par kilo. Le pari se joue aujourd’hui.
Vingegaard connaît la montée
Ce que personne ne dit: Jonas Vingegaard a déjà gagné au Plateau de Solaison, en 2022, sur le Critérium du Dauphiné. Jakob Fuglsang aussi, en 2017. Evenepoel, lui, n’y a jamais couru en compétition. Vingegaard sait exactement où attaquer, où accélérer, où laisser partir. C’est un avantage tactique invisible mais réel. Evenepoel le sait. Son équipe le sait. D’où la stratégie défensive.
Florian Lipowitz - sixième au général - et Juan Ayuso ont déjà aidé Evenepoel vendredi lors de la 14e étape. Ils seront encore là aujourd’hui, pour poser le tempo, pour empêcher les accélérations trop violentes. Mais à 3 km du sommet, Evenepoel sera seul. C’est toujours comme ça en montagne. Les jambes parlent. Les coéquipiers disparaissent.
Pogačar intouchable
En tête, Tadej Pogačar domine avec 4 minutes et 30 secondes d’avance sur Vingegaard. Pogačar a gagné vendredi sur le Col du Haag. Il peut gagner encore aujourd’hui. Evenepoel ne joue pas dans cette catégorie. Il le sait. Sa course se joue entre Vingegaard, qui peut encore lui prendre la troisième place, et Seixas, qui peut la lui arracher par en dessous.
Vendredi, Evenepoel a « plié sans rompre ». Il a été lâché à 4 km du sommet, puis a limité l’écart à quatre secondes sur Vingegaard. Une gestion parfaite pour quelqu’un qui n’est pas un pur grimpeur. Mais Solaison est décrite comme une montée « monstrueuse » - une « pure climbers’ showdown ». Les spécialistes de la montagne vont y briller. Evenepoel va y survivre.
Il a gagné 18 secondes sur Vingegaard lors de la 10e étape. Il compte reprendre du temps lundi sur le contre-la-montre. Mais aujourd’hui, l’objectif est simple: « limiter la casse ».
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À 17h55 - on saura si le podium tient encore. Evenepoel enfile ses gants, remonte sur le vélo. La route attend.
