Évry-Courcouronnes : le budget de la piétonnisation au cœur des tensions au conseil

Le conseil municipal débat du financement de la rénovation urbaine, entre ambitions piétonnes et contraintes budgétaires héritées de la campagne électorale.

Évry-Courcouronnes : le budget de la piétonnisation au cœur des tensions au conseil
Illustration Caroline Petit / info.fr

Le conseil municipal d'Évry-Courcouronnes a voté son budget primitif 2026 le 16 avril, intégrant les crédits pour la rénovation du centre-ville. Le projet de piétonnisation des rues principales, lancé en 2019, cristallise les oppositions depuis les municipales de mars.

Le vote du budget primitif 2026, acté lors du conseil municipal du 16 avril, a relancé les tensions autour du projet de rénovation du centre-ville. Au cœur du débat : les crédits alloués à la piétonnisation des rues principales, un chantier structurant mais contesté.

Selon la mairie, un plafond d’engagement de 3 726 195,87 euros hors autorisation de programme avait déjà été fixé par le conseil du 11 décembre 2025, pour assurer la continuité des actions en attendant le budget définitif. Ces crédits couvrent notamment les études et les premières phases d’aménagement liées au renouveau du centre-ville.

Rompre avec l’héritage des dalles

Le projet, inscrit dans l’OIN Porte Sud du Grand Paris, vise à tourner la page de l’urbanisme de dalle des années 1970. À l’époque, Évry - ville nouvelle née en 1965 - avait été conçue pour séparer piétons et voitures : les premiers circulaient sur des dalles surélevées en béton, les seconds au niveau du sol. Aujourd’hui, la ville entend inverser la logique : ramener les flux piétons au niveau de la rue, végétaliser, et rendre le centre-ville plus vivant, selon les documents publiés par la mairie.

Des expérimentations d’urbanisme tactique transitoire sont prévues avant les aménagements définitifs. Une concertation habitante a également porté sur la nouvelle place centrale, prévue à l’emplacement de l’ancien bâtiment de la Poste, avec des échanges sur la végétalisation et les liaisons avec la place des Terrasses.

La question du bénéfice économique de la piétonnisation reste débattue :

Un dossier chargé politiquement

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Le projet a traversé la campagne des municipales de mars 2026. Lors du débat télévisé du 9 mars sur France TV, Stéphane Beaudet (divers centre, maire sortant), Julien Monier (Les écologistes) et Farida Amrani (LFI) ont chacun défendu leur vision du cadre de vie. Les propositions divergeaient sur le rythme et l’ampleur des transformations, selon Le Parisien.

Des voix critiques se sont exprimées sur la réalité de la priorité accordée aux piétons :

Le conseil municipal d’installation du nouveau mandat s’est tenu le 21 mars 2026. Les débats budgétaires autour des orientations avaient déjà été posés lors du conseil du 12 février 2026, préfigurant les frictions actuelles.

Prochaine étape : les premières expérimentations tactiques sur les rues concernées doivent précéder les travaux définitifs. Aucun calendrier précis n’a été communiqué à ce stade par la municipalité.

Sources

Caroline Petit

Caroline Petit

Correspondante à Évry-Courcouronnes, elle suit les tensions sur le logement, les projets de Grand Paris Express, l'université et les débats sur la sécurité. Diplômée du CFJ, elle a commencé en agence. Ligne de travail : interroger les élus, les bailleurs, les étudiants, vérifier les permis de construire avant de conclure.

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