Fabrice Santoro : « Raccourcir les sets ne serait pas une mauvaise idée »
L'ancien numéro 17 mondial estime que le format actuel est trop long pour séduire les jeunes et relance le débat sur l'évolution du tennis.
Dans plusieurs interviews récentes, Fabrice Santoro a plaidé pour des sets plus courts et déploré le manque de joueurs français de haut niveau. Il juge également la réforme de la Coupe Davis 'massacrée'.
L’essentiel
- Fabrice Santoro (ancien n°17 mondial) suggère de raccourcir les sets pour rendre le tennis plus attractif.
- 150 joueurs seulement vivent du tennis dans le monde, selon lui, contre 75 000 footballeurs.
- La Coupe Davis a été « massacrée » par la réforme de 2019, estime-t-il.
- Aucun Français ne figure dans le top 32 mondial, ce qui explique les absences en deuxième semaine des Grands Chelems.
« J’aime le tennis, sauf qu’avec ce format, il ne séduit plus les jeunes, c’est trop lent, trop long » : Fabrice Santoro a remis le débat sur la table. Dans plusieurs médias récents, l’ancien joueur tahitien, professionnel de 1989 à 2010, a livré un diagnostic sans concession sur l’état du tennis mondial et français.
Ce que dit Santoro sur la durée des matchs
Interrogé sur la longueur des rencontres, Fabrice Santoro a estimé que « raccourcir les sets ne serait pas une mauvaise idée ». Selon Le Figaro, il juge le format actuel inadapté à la rapidité de la société et à la capacité d’attention des jeunes générations. Il rejoint ainsi les voix qui, ces dernières années, appellent à expérimenter des sets à quatre jeux ou des jeux décisifs plus précoces.
Sur X, le compte Univers Tennis a relayé cette déclaration, suscitant de nombreux commentaires d’internautes partagés entre tradition et modernisation.
Un modèle économique critiqué
Au-delà du format, Santoro s’inquiète de la viabilité économique du circuit. « Le tennis est le seul sport qui ne bénéficie qu’à 150 joueurs », a-t-il déclaré à Tennis World FR. Pour lui, le ratio est « anormal » comparé au football, qui ferait vivre environ 75 000 footballeurs professionnels. Un constat qui pose la question des revenus des joueurs classés au-delà de la 100e place et de l’avenir des tournois secondaires.
La Coupe Davis « massacrée » par la réforme
Ancien membre de l’équipe de France de Coupe Davis (il a disputé 16 rencontres), Santoro a également exprimé son amertume sur la compétition. « La compétition a été massacrée », a-t-il confié à Tennis Temple, en référence à la réforme de 2019 qui a remplacé le format domicile/extérieur par une phase finale en un lieu unique. Il regrette la perte de l’ambiance des matchs à domicile, qui faisait selon lui la spécificité de l’épreuve.
Contexte dans le tennis français
Ces déclarations interviennent alors que le tennis tricolore traverse une période creuse. Santoro a analysé dans Sports.fr l’absence de Français en deuxième semaine des Grands Chelems : « C’est logique, aucun joueur français ne figure dans le top 32 mondial. » Un constat partagé par les observateurs, qui pointent un réservoir de talents insuffisant pour rivaliser avec les meilleurs. Malgré tout, Santoro salue l’émergence de jeunes comme Arthur Fils et Luca Van Assche, et garde espoir de voir un jour un Français soulever Roland-Garros, comme il le confie au Quotidien du Sport.
L’avenir du format : un débat qui monte
La proposition de Santoro s’inscrit dans une réflexion plus large menée par les instances. L’ATP et l’ITF ont déjà testé des sets raccourcis dans certains tournois Challenger. Si aucune réforme majeure n’est à ce stade programmée, la voix de l’ancien joueur, respectée dans le milieu, pourrait peser dans les discussions à venir. Prochaine étape : le rendez-vous des dirigeants du circuit lors du prochain Masters 1000, où le sujet sera sans doute abordé.