Félines : des ateliers MSA pour briser le silence sur le mal-être agricole

La MSA Ardèche Drôme Loire propose des dispositifs de prévention du burn-out auprès des agriculteurs de Haute-Loire.

Félines : des ateliers MSA pour briser le silence sur le mal-être agricole
Illustration Valérie Roche / info.fr

À Félines, comme dans le reste du département, la souffrance des agriculteurs reste souvent tue. La MSA déploie des ateliers et outils concrets pour rompre l'isolement. Les chiffres nationaux donnent la mesure de l'urgence.

Le village de Félines, en Haute-Loire, n’échappe pas à une réalité qui frappe l’ensemble du monde agricole : le burn-out, la dépression, et parfois pire. La MSA Ardèche Drôme Loire s’est saisie du sujet. Elle propose depuis plusieurs mois des ateliers de prévention des risques psychosociaux, dans le cadre de la Grande Cause nationale santé mentale, reconduite en 2026.

Des outils pour oser en parler

L’un des dispositifs phares s’appelle ESOPT - « Et si on parlait du travail ? ». Ces sessions de groupe permettent aux agriculteurs d’échanger sur leurs conditions de travail, sans jugement. Un cadre rare dans un secteur où la plainte reste mal vue. La MSA propose aussi Agri’écoute, une ligne téléphonique accessible 24h/24, tenue par des psychologues, au 09 69 39 29 19. Gratuite, confidentielle, disponible y compris les nuits de galère.

Ce témoignage illustre ce que beaucoup d’agriculteurs vivent sans le formuler : des journées sans fin, des nuits blanches imposées par la météo, une pression constante.

Des chiffres qui alertent

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Les données nationales sont sans ambiguïté. Selon la MSA, le risque suicidaire des assurés agricoles est supérieur de 46 % à celui des autres régimes de protection sociale. La dépression touche 13,6 % des hommes agriculteurs et 19,1 % des femmes, selon Santé Publique France. Les signalements de détresse ont progressé de 31 % entre 2023 et 2025, atteignant environ 450 par mois en France. En 2024, la MSA a traité 5 800 cas via son réseau de sentinelles bénévoles, formés à repérer les signes avant-coureurs - vente précipitée de terres, troupeau laissé à l’abandon, isolement soudain.

La Haute-Loire n’est pas épargnée. La Montagne a recueilli des témoignages d’agriculteurs du département qui ont évoqué des pensées suicidaires. « C’est un cadeau empoisonné pour ceux qui restent », confiait l’un d’eux au journal.

Un ancrage local dans un plan national

Le bilan des actions 2025 a été présenté au Salon International de l’Agriculture le 26 février 2026. La MSA a confirmé la poursuite des formations régionales en 2026, avec des sessions déjà organisées dans le Rhône et la Loire, potentiellement étendues à la Haute-Loire. Les dispositifs sont financés par l’État et la MSA.

Pour les agriculteurs de Félines et du département, le message est simple : Agri’écoute au 09 69 39 29 19, à toute heure.

Sources

Valérie Roche

Valérie Roche

Correspondante au Puy-en-Velay, elle suit le tourisme religieux, l'élevage, les tensions sur les services publics et les débats sur l'éolien. Diplômée de l'IFP Paris 2, elle a commencé en PQR auvergnate. Ligne de travail : interroger les agriculteurs, les hôteliers, les élus, croiser les données de pèlerinage avant de publier.

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