Féminicide présumé à Saint-Étienne-de-Montluc : enquête pour meurtre, le suspect en Algérie

Manon Relandeau, agricultrice de 31 ans, a disparu fin mars avec sa fille Inaya, 15 mois. Son compagnon a fui en Algérie.

Féminicide présumé à Saint-Étienne-de-Montluc : enquête pour meurtre, le suspect en Algérie
Illustration Stéphane Joly / info.fr

À Saint-Étienne-de-Montluc, une agricultrice de 31 ans et sa fille de 15 mois sont introuvables depuis fin mars 2026. Une information judiciaire pour meurtre par conjoint et enlèvement de mineure a été ouverte le 7 avril. Le compagnon suspecté a quitté la France avec l'enfant.

Manon Relandeau, 31 ans, originaire de Chantonnay en Vendée, s’était installée à Saint-Étienne-de-Montluc depuis trois ans. Elle gérait une pension pour chevaux et élevait des vaches nantaises sur une exploitation de 70 hectares, selon ICI Loire Océan. Sa fille Inaya, âgée de 15 mois, vivait avec elle.

Des proches ont donné l’alerte le 3 avril 2026 vers 13h, selon actu44.fr. Mais les deux absences remonteraient à environ le 25 mars. Neuf jours s’étaient donc écoulés sans que personne, en dehors du cercle proche, ne signale quoi que ce soit.

Le compagnon parti en Algérie avec l’enfant

Le compagnon de Manon, Karim, 41 ans et père d’Inaya, est le principal suspect. Il a embarqué sur un vol Nantes-Algérie le 2 avril 2026, soit la veille du signalement aux autorités, avec la petite fille, selon Le Parisien. Depuis son départ, il aurait contacté plusieurs personnes par téléphone, d’après France Bleu Loire Océan. Manon Relandeau, elle, n’a plus donné signe de vie.

Les gendarmes ont engagé des moyens importants : brigade et section des recherches, hélicoptère, chiens renifleurs, fouilles de l’exploitation agricole incluant la fosse à lisier et les abords du domicile familial, toujours selon France Bleu. Les recherches n’ont, à ce stade, rien permis de localiser.

Une information judiciaire ouverte pour meurtre par conjoint

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Le parquet de Nantes a ouvert une information judiciaire le 7 avril 2026, confiée à un juge d’instruction, pour deux chefs : meurtre par conjoint et enlèvement de mineure, selon Ouest-France.

Le procureur de la République de Nantes, Antoine Leroy, a motivé cette décision dans une déclaration rapportée par actu44.fr : « Nombre d’investigations effectuées par les services de la gendarmerie convergeant vers l’hypothèse d’un meurtre de la jeune femme, le parquet de Nantes, dès le mardi 7 avril 2026, saisissait le juge d’instruction de ce crime, outre l’enlèvement de l’enfant. »

Les investigations se poursuivent sous commission rogatoire. Un secret est attaché à l’enquête. Aucune date d’audience n’a été rendue publique à ce stade.

Une disparition qui soulève la question du féminicide

L’affaire est suivie au niveau national. Le Parisien cite des proches de Manon Relandeau : elle « ne serait pas partie sans sa fille de 15 mois », soulignant l’impossibilité d’une fugue volontaire. Le terme de féminicide est désormais utilisé dans les médias pour qualifier l’hypothèse retenue par le parquet.

Le sort d’Inaya reste inconnu. Le bébé se trouverait en Algérie avec son père, mais aucune information officielle n’a précisé sa situation à ce jour. Les autorités françaises n’ont pas communiqué sur d’éventuelles démarches d’entraide judiciaire internationale.

Sources

Stéphane Joly

Stéphane Joly

Installé à Nantes, couvre la métropole, les tensions sur les transports, le port et les débats sur l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Formé au CFJ, il a travaillé en agence avant de s'ancrer en Loire-Atlantique. Conviction : ne jamais dépendre des communiqués de la mairie, interroger les associations, les syndicalistes, les riverains avant de publier.

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