Féminicide à Suèvres : une femme tuée à l’arme blanche, son conjoint interpellé
Une aide-soignante de 40 ans a été tuée à coups de couteau à son domicile de Suèvres, près de Beaugency, dans la nuit du 11 au 12 juin 2026.
Une femme de 40 ans, mère de quatre enfants et aide-soignante, a été tuée à l'arme blanche à Suèvres (Loir-et-Cher), dans la nuit du jeudi 11 au vendredi 12 juin 2026. Son conjoint, 51 ans, a été interpellé à Blois quelques heures après. La victime avait porté plainte pour violences en janvier 2026.
L’essentiel
- Nuit du 11 au 12 juin 2026 : une femme de 40 ans décède à 1h38 à son domicile de Suèvres, tuée à coups de couteau, malgré les tentatives de réanimation.
- Suspect interpellé : son conjoint, 51 ans, arrêté vers 3h45 à Blois en état d’ivresse, remis à la gendarmerie et hospitalisé sous surveillance.
- Plainte antérieure : la victime avait déposé plainte le 28 janvier 2026 pour violences psychologiques et physiques ; une enquête pour violences conjugales était en cours depuis février 2026.
- Quatre enfants mineurs présents : âgés de 4 à 16 ans, réfugiés à l’étage au moment des faits, pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance.
- Enquête pour assassinat : ouverte par le parquet de Blois (procureur Stéphane Javet), confiée à la brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie de Blois.
Ce qui s’est passé dans la nuit
C’est impasse de la Voie-Romaine, dans un lotissement pavillonnaire de Suèvres (Loir-et-Cher), que les gendarmes ont été appelés dans la nuit du jeudi 11 au vendredi 12 juin 2026. À leur arrivée, quatre enfants mineurs se trouvaient réfugiés à l’étage, dans une chambre. La fille aînée, 16 ans, avait alerté les secours en indiquant que son père venait de porter plusieurs coups de couteau à sa mère.
La victime, aide-soignante de 40 ans et mère de quatre enfants âgés de 4 à 16 ans, est décédée à 1h38 malgré les tentatives de réanimation des secours, selon les informations publiées par Le Parisien et France 3 Régions. Le suspect, son conjoint âgé de 51 ans, avait pris la fuite. Il a été interpellé vers 3h45 à Blois par la police, en état d’ivresse. Remis aux gendarmes, il a été conduit aux urgences puis hospitalisé sous surveillance. Sa garde à vue devait reprendre dès que son état médical le permettrait, selon le procureur de la République de Blois Stéphane Javet.
Une plainte pour violences déposée cinq mois plus tôt
Le drame s’inscrit dans un contexte de violences conjugales documenté. La victime avait déposé plainte le 28 janvier 2026 pour violences psychologiques et un fait de violence physique contre le suspect, selon France 3 Régions. Suite à un signalement de l’Aide sociale à l’enfance (ASE), une enquête pour violences au sein du couple était ouverte depuis février 2026.
Le procureur Stéphane Javet a précisé que la victime était sur le point de prendre possession d’un logement social avec ses enfants au moment du drame. Une autopsie était prévue dans les jours suivant les faits.
Selon La Nouvelle République, l’affaire s’inscrit sur fond de divorce conflictuel. Une enquête de flagrance pour assassinat a été ouverte par le parquet de Blois ; elle est confiée à la brigade de recherches de la compagnie de gendarmerie de Blois.
Les enfants, témoins du drame, orientés vers l’ASE
Les quatre mineurs présents sur place ont été pris en charge à l’hôpital pour un suivi psychologique, puis orientés vers l’Aide sociale à l’enfance. Un cinquième enfant, majeur, a également bénéficié d’un soutien, selon France 3 Régions.
Le maire de Suèvres, Frédéric Dejente, a déclaré : « Leur suivi va être primordial, les enfants ont tout vu, et ils ont essayé de sauver leur maman. » La commune, qui compte environ 1 583 habitants selon les données disponibles, est située à une vingtaine de kilomètres au nord-est de Blois, à la frontière entre le Loir-et-Cher et le Loiret.
Contexte dans le Loiret
Si les faits se sont déroulés à Suèvres, en Loir-et-Cher, La République du Centre les a intégrés dans son récapitulatif hebdomadaire du week-end dans le Loiret, en raison de la proximité géographique avec Beaugency, commune du Loiret distante de quelques kilomètres. Ce type de traitement transfrontalier est courant dans une zone où les deux départements sont étroitement imbriqués.
Ce féminicide n’est pas un cas isolé dans la région. Le Loir-et-Cher avait déjà enregistré au moins un autre féminicide en 2026, à Sambin, en mars, selon les associations de suivi. Au niveau national, 107 féminicides conjugaux ont été recensés en 2024, soit une hausse de 11 % par rapport à 2023, selon les chiffres du gouvernement (arretonslesviolences.gouv.fr). Des drames comparables ont été couverts ces dernières semaines dans d’autres territoires, comme une affaire de violence mortelle à l’arme blanche à Amiens ou encore un drame familial à Saint-Sulpice-des-Landes impliquant des violences intrafamiliales.
Les associations de protection des femmes rappellent que le dépôt de plainte, étape franchie par la victime en janvier 2026, ne suffit pas toujours à prévenir le passage à l’acte. Le numéro national d’écoute pour les victimes de violences conjugales est le 3919 (gratuit, 24h/24).
L’enquête se poursuit
La brigade de recherches de Blois est chargée d’établir le déroulement précis des faits et le contexte de la soirée. Le suspect devait reprendre sa garde à vue une fois son état médical stabilisé. L’enquête vise à qualifier définitivement les faits - la qualification d’assassinat supposant l’établissement d’une préméditation - et à déterminer si les signalements antérieurs ont été traités conformément aux procédures en vigueur.
La prochaine étape judiciaire sera la présentation du suspect au parquet de Blois à l’issue de la garde à vue, en vue d’une éventuelle mise en examen.
Sources
- France 3 Régions : Une mère de quatre enfants tuée à coups de couteau, son mari en fuite, interpellé
- France 3 Régions : La victime avait porté plainte pour violences – ce que l'on sait du féminicide près de Blois
- Le Parisien : Loir-et-Cher : une mère de quatre enfants tuée près de Blois, son conjoint interpellé
- La République du Centre : Le récap' du week-end dans le Loiret

