Féminicide suivi d’un suicide à Limay : l’auteur avait déjà été condamné pour violences
Samedi matin, un homme de 29 ans a tué sa compagne à l'arme blanche avant de se donner la mort. Il avait déjà été condamné en 2022 pour des violences sur la même victime.
Un drame conjugal a secoué la commune de Limay (Yvelines) samedi 4 juillet. Un homme de 29 ans a poignardé mortellement sa compagne du même âge avant de se suicider. Le parquet de Versailles a ouvert une enquête pour meurtre par conjoint.
L’essentiel
- Fait 1 : Un homme de 29 ans a tué sa compagne de 29 ans à l’arme blanche samedi 4 juillet à Limay, avant de se donner la mort.
- Fait 2 : L’auteur a appelé sa mère pour avouer le crime, déclenchant l’alerte policière.
- Fait 3 : Il avait été condamné en 2022 à deux ans de prison, dont six mois avec sursis probatoire, pour des violences sur la même victime.
- Fait 4 : Le parquet de Versailles a ouvert une enquête flagrante confiée à la Division de la criminalité territoriale (DCT) des Yvelines.
Ce qui s’est passé
Le samedi 4 juillet 2026, aux alentours de 10 heures, les forces de l’ordre ont été alertées pour une intervention d’urgence dans un appartement situé à Limay, dans les Yvelines. À leur arrivée, les policiers ont découvert le corps sans vie d’une femme de 29 ans, présentant de graves plaies au cou causées par une arme blanche. Non loin d’elle, l’auteur présumé, un homme du même âge, gisait également mort, mortellement blessé par ses propres coups de couteau.
Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme aurait poignardé sa compagne avant de retourner l’arme contre lui. Les faits se sont produits au domicile conjugal. Aucun tiers n’a été impliqué.
Un appel à la mère déclenche l’alerte
C’est la mère de l’auteur qui a prévenu la police. Elle a reçu un appel téléphonique de son fils, dans lequel il lui a confié avoir égorgé sa compagne. Immédiatement, elle a alerté les secours. Les policiers se sont rendus sur place, découvrant la scène tragique.
Le parquet de Versailles a confirmé l’ouverture d’une enquête flagrante pour « meurtre par conjoint ». L’affaire a été confiée à la Division de la criminalité territoriale (DCT) des Yvelines, comme l’a indiqué le parquet à nos confrères de Blick.
Un lourd passif judiciaire
L’enquête a rapidement mis en lumière un passé judiciaire inquiétant. L’auteur présumé avait déjà été condamné en 2022 pour des violences physiques sur la même personne, alors qu’elle était enceinte. La peine prononcée par le tribunal correctionnel était de deux ans d’emprisonnement, dont six mois assortis d’un sursis probatoire avec obligation de soins et d’indemnisation.
Cette condamnation n’avait pas empêché le couple de rester ensemble. Les éléments recueillis par les enquêteurs devront déterminer si les services de police et de justice avaient été informés de la reprise de la vie commune. « C’est un cas classique de récidive de violences conjugales, menant au féminicide », analyse une source proche du dossier, jointe par info.fr.
La victime, âgée de 29 ans, était mère de famille. Les enfants, dont l’âge n’a pas été précisé, ont été pris en charge par les proches et une cellule psychologique a été mise en place par la mairie de Limay.
Contexte dans les Yvelines
Ce drame s’inscrit dans une série noire de violences conjugales dans le département. Les Yvelines, qui comptent environ 1,4 million d’habitants, ont enregistré plusieurs féminicides ces dernières années. Selon les chiffres de la préfecture, en 2025, six femmes ont été tuées par leur conjoint ou ex-conjoint dans le département, un chiffre stable par rapport à 2024.
Limay, commune de 17 000 habitants située dans la boucle de la Seine, n’avait pas connu de drame conjugal de cette ampleur depuis plusieurs années. La maire, jointe par téléphone, a exprimé son « effroi » et appelé à une « meilleure protection des victimes ». Une réunion de sécurité est prévue en mairie en début de semaine prochaine.
Ce fait divers intervient alors qu’une marche pour une loi intégrale contre les violences sexuelles s’est tenue samedi à Paris, rassemblant plusieurs milliers de personnes. Le timing de ce drame relance le débat sur l’efficacité des mesures de protection.
Enquête et prochaines étapes
Les investigations se poursuivent sous la direction du parquet de Versailles. Les autopsies des deux corps ont été ordonnées afin de confirmer les causes exactes de la mort. Les enquêteurs de la DCT entendent également les proches et les voisins pour reconstituer le parcours du couple et identifier d’éventuels signaux d’alerte préalables.
Le parquet de Versailles n’a pas communiqué pour l’instant sur d’éventuelles mesures de contrôle judiciaire ou de suivi de la condamnation de 2022. Une question qui sera au cœur des investigations : pourquoi l’auteur, connu pour violences conjugales, pouvait-il encore cohabiter avec sa victime sans dispositif de protection renforcé ?
Prochaine étape : les résultats des autopsies et des analyses toxicologiques, attendus dans les jours à venir. Le parquet pourrait alors organiser une conférence de presse pour faire le point sur l’enquête.