Festival BD d’Angoulême : Céline Bagot et Marie Parisot aux commandes pour 2027

Le groupe Morgane, organisateur des Francofolies, reprend le flambeau du festival charentais après une crise sans précédent.

Festival BD d'Angoulême : Céline Bagot et Marie Parisot aux commandes pour 2027
Illustration Mathilde Delpech / info.fr

L'Association pour le Développement de la Bande Dessinée à Angoulême (ADBDA) a choisi le groupe Morgane pour organiser le Festival International de la BD à partir de 2027. Deux femmes porteront le projet : Céline Bagot et Marie Parisot. La décision a été rendue publique le 21 avril 2026, après l'annulation historique de l'édition 2026.

C’est une page qui se tourne à Angoulême. Après des mois de crise et une première annulation hors Covid depuis la création du festival en 1974, l’ADBDA a tranché : c’est le groupe Morgane qui organisera le nouveau Festival International de la Bande Dessinée, dès 2027, pour une durée de cinq ans. Le nom du lauréat a été dévoilé le 21 avril 2026, selon Charente Libre.

Quatre candidats avaient répondu à l’appel à projets lancé le 13 janvier 2026, avec dépôt des dossiers clos le 12 mars. Le groupe Morgane, connu pour piloter les Francofolies et le Printemps de Bourges, a convaincu l’ADBDA par sa capacité économique, son autofinancement et ses engagements en matière de diversité et d’éducation artistique.

Un duo féminin à la codirection

Le projet est porté par deux femmes. Céline Bagot, originaire d’Angoulême, a fondé le Pop Women Festival à Reims. Elle a également travaillé comme directrice de la communication de 9eArt+ entre 2016 et 2019. Marie Parisot, de son côté, est ancienne directrice marketing et commerciale de Dargaud et ex-COO/Directrice Générale Europe des Humanoïdes Associés. Leur codirection sera axée sur l’inclusion, la diversité des esthétiques BD et la place centrale des auteurs.

L’ADBDA justifie son choix en ces termes : « Le projet présenté par Morgane répond aux attentes exprimées par les professionnels et par les partenaires publics réunis au sein de l’ADBDA pour la réalisation d’un événement à la hauteur des enjeux actuels de la filière. »

Après une crise de gouvernance profonde

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Le contexte est lourd. L’ancien organisateur, 9eArt+, en place depuis 2007, avait fait face en 2025 à des appels au boycott lancés par des auteurs et éditeurs, selon France Info. L’édition 2026, initialement prévue du 29 janvier au 1er février, avait finalement été annulée - une première dans l’histoire du festival hors période Covid, comme le rappelle France Culture. Pour les acteurs de la filière BD, le coup était rude : Angoulême reste l’un des rendez-vous les plus importants au monde pour le secteur.

La nouvelle édition 2027 se tiendra dans le premier trimestre, sur 4 à 6 jours, avec une dimension internationale et une attention particulière portée aux jeunes talents et à l’éducation artistique, toujours selon Charente Libre.

Une menace judiciaire plane encore

La reconstruction ne se fera pas sans obstacle. Une audience est prévue le 20 mai 2026 au tribunal d’Angoulême : 9eArt+ et l’Association FIBD réclament 300 000 euros de dommages et intérêts à l’ADBDA, selon 20 Minutes. L’issue de cette procédure pourrait peser sur la tenue de l’édition 2027.

Pour Angoulême, ville dont l’identité est profondément liée à la bande dessinée, l’enjeu dépasse le seul calendrier culturel. L’économie locale - hôtellerie, commerces, librairies - avait été directement affectée par l’annulation de 2026. La nomination de Bagot et Parisot ouvre une nouvelle séquence, mais l’incertitude judiciaire reste entière avant le 20 mai.

Sources

Mathilde Delpech

Mathilde Delpech

Basée à Angoulême, elle couvre le festival de la BD, les restructurations dans la papeterie, l'agriculture cognacaise et les débats sur la rocade nord. Formée à l'IUT info-com de Tours, elle a commencé en radio locale. Ligne éditoriale : multiplier les sources, vérifier les budgets culturels, ne jamais se contenter des dossiers de presse officiels.

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