Feux de forêt : le Laonnois sous surveillance renforcée cet été
Trois départs de feu recensés en trois mois dans la forêt de Saint-Gobain, où pompiers et ONF renforcent la vigilance cet été.
Trois départs de feu ont été enregistrés depuis avril dans le massif de Saint-Gobain, dans le Laonnois. Entre vigilance orange et arrêtés préfectoraux, le SDIS de l'Aisne et l'ONF renforcent leur dispositif face à un risque incendie jugé croissant.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
- Trois départs de feu recensés entre avril et juin 2026 dans le massif domanial de Saint-Gobain, selon l'ONF.
- L'Aisne a été placée en vigilance orange feux de forêt par Météo-France les 6 et 7 juillet 2026.
- Le département a été classé en risque incendie élevé le 13 juillet 2026, parmi 59 départements concernés.
- Le SDIS 02 doit recevoir huit nouveaux camions-citernes feux de forêt d'ici la fin 2026 via les « pactes capacitaires » de l'État.
- Plus de 32 000 hectares de forêts avaient brûlé en France à la mi-juillet 2026, selon le ministère de l'Intérieur.
Dans la forêt domaniale de Saint-Gobain, au cœur du Laonnois, les équipes de l’Office national des forêts (ONF) et des pompiers de l’Aisne surveillent de près l’évolution de la végétation. Trois départs de feu y ont été recensés entre avril et juin 2026, selon l’ONF, cité par L’Union.
Trois départs de feu en trois mois à Saint-Gobain
Le massif de Saint-Gobain, l’un des principaux poumons verts du Laonnois, n’est pas épargné par la multiplication des feux constatée un peu partout en France cet été. « Dès qu’un feu atteint, même légèrement, la végétation du massif, il est considéré comme un feu de forêt », précise Julien Staub, responsable de l’unité territoriale de l’ONF, dans les colonnes de L’Union. Une définition large qui inclut les départs de feu rapidement maîtrisés, mais qui témoigne d’une vigilance accrue sur le terrain.
Selon l’ONF, cette intensification n’est pas propre au Laonnois. De la forêt de Fontainebleau aux massifs picards, la menace progresse chaque année, portée par des étés plus secs et des sols moins gorgés d’eau.
Vigilance orange et restrictions préfectorales
La séquence s’inscrit dans un contexte national tendu. Météo-France a placé l’Aisne en vigilance orange feux de forêt les 6 et 7 juillet 2026, en raison d’une sécheresse des sols jugée inédite pour la période, rapportait alors info.fr. Le 13 juillet, le département figurait parmi les 59 classés en risque incendie élevé à l’échelle nationale, selon l’Association Prévention et Signalements de Feux de Forêt.
Face à ces alertes, la préfète de l’Aisne, Fanny Anor, avait pris des mesures temporaires : interdiction des feux d’artifice et restriction du transport de carburant en extérieur, en vigueur jusqu’au 20 juillet. Une situation comparable a été observée dans d’autres départements, comme en Creuse, où une vigilance orange a été maintenue jusqu’au 24 juillet avec des mesures similaires du préfet local.
Le SDIS 02 muscle ses moyens
Pour faire face à cette pression accrue, le SDIS de l’Aisne s’appuie sur le plan national des « pactes capacitaires », qui prévoit un cofinancement de l’État pour l’acquisition de huit nouveaux camions-citernes feux de forêt (CCF) sur les années 2023 à 2026. Le service renforce aussi la coordination interdépartementale, via des exercices communs et l’amélioration de la desserte forestière, notamment autour du massif de Saint-Gobain.
Cette solidarité territoriale s’est aussi manifestée hors de l’Aisne : une onzième équipe de sapeurs-pompiers axonais a été envoyée en renfort dans les Pyrénées-Orientales, comme l’a relayé un témoin sur X.
Contexte dans l’Aisne
Avec ses 8 500 hectares, la forêt de Saint-Gobain reste l’un des massifs les plus étendus du Laonnois, territoire structuré autour de Laon, préfecture du département. L’Aisne demeure moins exposée que les régions méditerranéennes, historiquement en première ligne des feux de forêt. Mais le réchauffement climatique fait évoluer la donne : à la mi-juillet 2026, plus de 32 000 hectares de forêts avaient déjà brûlé en France, selon le ministère de l’Intérieur, une saison jugée précoce et intense. La sécheresse des sols, qui alimente aussi d’autres dispositifs de prévention dans le Nord contre le retrait-gonflement des argiles, illustre l’ampleur régionale du phénomène climatique en cours.
Dans ce contexte, l’ONF et le SDIS 02 misent sur la gestion préventive du massif plutôt que sur la seule intervention d’urgence, en surveillant en particulier les zones les plus fréquentées du Laonnois.
La vigilance devrait rester de mise dans les prochaines semaines, tant que la sécheresse des sols ne se résorbe pas.