Feux de moisson : la ministre Genevard en visite de crise dans le Loiret
Le SDIS 45 a présenté ses moyens de lutte à Aulnay-la-Rivière, tandis que les céréaliers alertent sur une quatrième année de pertes.
La ministre de l'Agriculture Annie Genevard s'est rendue le 6 juillet à Aulnay-la-Rivière, dans le Loiret, pour une démonstration du SDIS 45 sur les feux de moisson. Les agriculteurs locaux ont profité de sa présence pour alerter sur la baisse des rendements et leurs difficultés de trésorerie.
L’essentiel
- Date et lieu : visite de la ministre Annie Genevard le 6 juillet 2026 sur l’exploitation de Stéphanie Voiturin, à Aulnay-la-Rivière (Loiret).
- Exploitation concernée : 220 hectares, dont 80 % irrigués, selon l’agricultrice.
- Alerte syndicale : Sébastien Méry (FDSEA 45) évoque une possible quatrième année consécutive de revenus négatifs en grandes cultures.
- Aide européenne : 107 millions d’euros débloqués par l’UE pour l’achat d’engrais, que l’État prévoit de compléter.
- Suivi : une cellule de crise se réunit désormais plusieurs fois par jour, selon la ministre.
Le déplacement était annoncé comme technique. Il a rapidement pris une tournure plus politique. Le 6 juillet, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard s’est rendue à Aulnay-la-Rivière, petite commune du Loiret, pour assister à une démonstration du SDIS 45 consacrée aux feux de moisson. Le service départemental d’incendie et de secours a présenté ses moyens de lutte sur l’exploitation de Stéphanie Voiturin, en pleine période de récolte et de canicule.
Une démonstration sur le terrain
Selon le SDIS 45, la démonstration a eu lieu ce matin-là directement sur l’exploitation concernée, à l’occasion de la visite ministérielle. L’enjeu : montrer comment les pompiers interviennent lorsqu’une moissonneuse ou un champ de céréales s’enflamme, un risque qui augmente avec la sécheresse et les températures élevées de l’été. Stéphanie Voiturin, qui exploite 220 hectares dont 80 % sont irrigués, a fait état de rendements décevants malgré cet investissement en irrigation, selon Agri Mutuel.
Les agriculteurs alertent sur leur trésorerie
La visite a aussi été l’occasion, pour les représentants syndicaux locaux, de faire remonter leurs inquiétudes. Sébastien Méry, président de la FDSEA du Loiret, a alerté la ministre sur une situation qui se répète : les grandes cultures s’orientent vers une quatrième année consécutive de revenus négatifs, selon ses propos rapportés par Agri Mutuel. Une durée qui pèse sur la trésorerie des exploitations et complique l’installation des jeunes agriculteurs.
Maxime Buizard, vice-président de la Chambre régionale d’agriculture Centre-Val de Loire, a pour sa part demandé l’autorisation de faucher les couverts végétaux dès septembre, afin de compenser le manque de fourrage lié aux chaleurs successives, toujours selon la même source.
Les mesures annoncées par la ministre
Face à ces alertes, Annie Genevard a rappelé plusieurs dispositifs déjà activés ou en préparation. La report temporaire de certains contrôles de la PAC, pour alléger la charge administrative des exploitants en difficulté. L’accélération du versement des acomptes d’assurance, pour desserrer l’étau de trésorerie. Et la confirmation qu’une enveloppe de 107 millions d’euros, débloquée par l’Union européenne pour l’achat d’engrais, sera complétée par l’État.
La ministre a également annoncé la mise en place d’une cellule de crise réunie quotidiennement à 18h, chargée d’ajuster les mesures d’accompagnement au fil de l’évolution de la situation. Elle a par ailleurs plaidé pour un développement du stockage de l’eau à moyen terme, sujet récurrent dans les discussions sur l’adaptation de l’agriculture aux canicules.
Contexte dans le Loiret
Aulnay-la-Rivière se situe en zone de grande culture, un secteur qui structure une large part de l’économie agricole du Loiret et de la plaine beauceronne. Les épisodes de canicule répétés ces dernières années fragilisent particulièrement ce type d’exploitation céréalière, très dépendante des rendements annuels. C’est dans ce contexte que le SDIS 45 renforce sa communication sur les risques de feux de moisson, un phénomène qui touche régulièrement les zones céréalières du département en période estivale.
Prochaine étape
Annie Genevard a rappelé l’importance de la Commission mixte paritaire prévue le 16 juillet 2026, qui doit examiner la future loi d’urgence agricole. C’est ce texte qui est censé apporter une réponse structurelle aux difficultés évoquées par les syndicats du Loiret, au-delà des mesures d’urgence déjà annoncées.