Finistère : 32 interdictions de paraître, 24 injonctions bailleurs et 4 fermetures contre le narcotrafic
Un an après la loi du 13 juin 2025, le préfet Louis Le Franc dresse le bilan chiffré des mesures administratives déployées dans le département.
Le préfet du Finistère a publié le 13 juin 2026 un bilan des outils anti-narcotrafic mobilisés depuis la loi du 13 juin 2025 32 interdictions de paraître sur des points de deal, 24 injonctions adressées à des bailleurs et 4 fermetures administratives d'établissements. Un bilan coordonné avec d'autres préfectures à l'échelle nationale.
L’essentiel
- 32 interdictions de paraître prononcées sur des points de deal identifiés dans le Finistère, ayant donné lieu à des poursuites en cas de non-respect.
- 24 injonctions adressées à des bailleurs sociaux et privés, devant se traduire par des ruptures de baux et des expulsions locatives.
- 4 fermetures administratives d’établissements liés au narcotrafic prononcées par le préfet.
- Ces mesures s’appuient sur la loi n° 2025-532 du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic.
- Brest est lauréate 2025 du programme national LIMITS, financé à hauteur de 2,8 millions d’euros pour 15 projets sur tout le territoire.
Un bilan publié à un an pile de la loi
Le 13 juin 2026, jour anniversaire de la loi sur le narcotrafic, le préfet du Finistère Louis Le Franc a rendu public un bilan détaillé sur X (ex-Twitter). Les chiffres sont issus du compte officiel @Prefet29 et relayés sur la page Facebook de la préfecture.
Les 32 interdictions de paraître visent des personnes suspectées de participer à des trafics sur des points de deal identifiés. Prononcées par arrêté préfectoral, elles sont limitées à un mois maximum et s’accompagnent d’un périmètre géographique précis. Tout manquement expose le contrevenant à des poursuites pénales.
Les 24 injonctions aux bailleurs - sociaux et privés - obligent ces derniers à saisir le juge en vue de résilier le bail des occupants dont l’activité trouble gravement l’ordre public. Le mécanisme, introduit par la loi de 2025, court-circuite les procédures classiques de contentieux locatif, jugées trop lentes dans les situations de trafic avéré.
Quant aux 4 fermetures administratives, elles concernent des établissements soupçonnés de servir de relais au trafic ou au blanchiment - commerces de proximité, épiceries de nuit ou autres points de vente. La mesure est temporaire mais peut être renouvelée.
Les trois outils de la loi du 13 juin 2025
La loi n° 2025-532, promulguée le 13 juin 2025 et consultable sur Legifrance, crée un arsenal administratif inédit confié directement aux préfets, sans passage préalable par le juge judiciaire pour les mesures conservatoires.
Premier outil : l’interdiction administrative de paraître, applicable pour une durée maximale d’un mois sur un périmètre délimité autour d’un point de deal. Elle peut être renouvelée. Second outil : l’injonction préfectorale aux bailleurs pour résilier le bail d’un occupant impliqué dans des trafics. Troisième outil : la fermeture administrative temporaire d’un établissement commercial, avec obligation d’information du maire concerné, selon Vie Publique.
Ces mesures s’ajoutent aux procédures judiciaires classiques, sans s’y substituer. Elles visent à agir plus vite sur l’environnement du trafic - lieux, logements, commerces - plutôt que d’attendre l’issue des enquêtes pénales.
À titre de comparaison, le Morbihan affiche 20 interdictions de paraître et 11 injonctions sur la même période, et la Seine-Maritime revendique 54 interdictions de paraître, ce qui place le Finistère dans une moyenne départementale correcte.
Brest, premier terrain d’expérimentation dès septembre 2025
Le préfet Le Franc, en poste depuis mai 2025, avait inscrit la lutte contre le narcotrafic parmi ses priorités dès sa prise de fonctions, comme l’avait rapporté Le Télégramme. La première mesure concrète a été prise à Brest le 24 septembre 2025, selon le compte @Prefet29.
Brest a également été retenue parmi les lauréats 2025 du programme national LIMITS (Limiter l’Implication des Mineurs dans les Trafics de Stupéfiants), porté par la MILDECA. Quinze projets sont soutenus à l’échelle nationale pour un total de 2,8 millions d’euros, selon la préfecture.
Contexte dans le Finistère
Le Finistère compte environ 915 000 habitants. Brest, première ville du département avec près de 140 000 habitants, concentre l’essentiel des phénomènes de trafic urbain recensés par les services de police et de gendarmerie. Quimper, préfecture, est également concernée par le déploiement du dispositif.
Le département avait déjà fait l’objet d’opérations judiciaires anti-stupéfiants significatives ces dernières années, sans disposer des outils administratifs rapides qu’offre désormais la loi de 2025. Selon ICI.fr, qui a suivi le déploiement du dispositif depuis l’automne 2025, police nationale et gendarmerie sont mobilisées conjointement dans le cadre de ce plan.
Le bilan finistérien s’inscrit dans une vague nationale coordonnée. D’autres préfectures ont publié leurs propres bilans le même 13 juin 2026 - dont les Côtes-d’Armor (@Prefet22) et le Morbihan. La Haute-Vienne affiche 14 interdictions de paraître et 2 fermetures, et Dijon a prononcé 2 fermetures de commerces et 4 expulsions locatives dans le même cadre légal.
Prochaine étape
La préfecture n’a pas précisé à ce stade si un second bilan intermédiaire était prévu avant la fin de l’année. Les mesures en cours - notamment les injonctions aux bailleurs - doivent encore être traduites en décisions judiciaires effectives, ce qui constituera le vrai test de l’efficacité du dispositif.
Sources
- Préfecture du Finistère (@Prefet29) : Bilan des mesures anti-narcotrafic dans le Finistère
- Prefecture du Finistère : Le préfet du Finistère mobilise les nouveaux outils législatifs pour lutter contre le narcotrafic
- Vie Publique : Loi du 13 juin 2025 visant à sortir la France du piège du narcotrafic
- Le Télégramme : La sécurité et la lutte contre le narcotrafic : Louis Le Franc affiche ses priorités

