22,5 millions de dollars. C'est le montant de la levée de fonds série A bouclée par la start-up norvégienne Flocean, pionnière du dessalement sous-marin. Avec l'arrivée du géant américain Xylem parmi ses investisseurs, l'entreprise s'apprête à lancer Flocean One, la première usine de dessalement commercial installée entre 400 et 600 mètres de profondeur au large de Mongstad. Une révolution technologique qui exploite la pression naturelle de l'océan pour réduire drastiquement la consommation énergétique et l'empreinte écologique du dessalement, alors que 2 milliards d'humains manquent d'eau potable.
L'essentiel
- Flocean boucle une levée de fonds de 22,5 millions de dollars avec l'entrée du géant américain Xylem aux côtés de Burnt Island Ventures, Freebird Capital et Nysnø Climate Investments
- La première usine commerciale de dessalement sous-marin Flocean One sera déployée en 2026 à Mongstad en Norvège, produisant 1 000 m³ d'eau douce par jour
- La technologie exploite la pression naturelle de 50 bars à 400-600 mètres de profondeur, réduisant de 30 à 50% la consommation énergétique par rapport aux usines côtières
- Chaque module peut alimenter 37 500 personnes par jour avec 95% d'emprise foncière en moins et 60% de réduction des infrastructures de prétraitement
- Le magazine TIME a classé Flocean parmi les meilleures inventions de 2025, alors que les Nations Unies prévoient un déficit hydrique de 40% d'ici 2030
À 600 mètres sous la surface de l’océan, là où la lumière ne pénètre plus et où règne une pression de 50 bars, une révolution silencieuse se prépare. La start-up norvégienne Flocean vient d’annoncer, selon la Revue L’Eau, L’Industrie, Les Nuisances, la finalisation d’une levée de fonds de 22,5 millions de dollars pour sa série A. Le géant américain Xylem rejoint ainsi Burnt Island Ventures, Freebird Capital, Katapult Ocean et Nysnø Climate Investments dans cette aventure technologique audacieuse : installer des usines de dessalement directement au fond de la mer.
L’enjeu dépasse largement la prouesse technique. D’après Media24.fr, les Nations Unies prévoient que d’ici 2030, la demande en eau dépassera de 40% les ressources disponibles. Face à cette crise structurelle, le dessalement s’impose comme une solution vitale, mais les technologies conventionnelles restent énergivores, coûteuses et écologiquement problématiques. Flocean propose de changer radicalement la donne.
La physique des profondeurs au service de l’eau douce
Le principe repose sur une idée aussi simple qu’ingénieuse : pourquoi dépenser de l’énergie à créer artificiellement de la pression quand l’océan la fournit gratuitement ? Comme l’explique We Demain, la technologie de Flocean exploite l’osmose inverse, procédé dominant dans le dessalement mondial, mais en déplaçant l’installation là où la pression hydrostatique naturelle fait déjà le travail.
Entre 300 et 600 mètres de profondeur, le poids de la colonne d’eau exerce une pression suffisante pour forcer l’eau de mer à travers les membranes microscopiques qui retiennent sels et impuretés. Résultat concret : une réduction de 30 à 50% de la consommation énergétique par rapport aux usines côtières classiques, selon les données de la start-up. Cette économie se traduit directement par une baisse équivalente des émissions de CO2 associées au processus.
Mais l’avantage ne s’arrête pas à l’énergie. À ces profondeurs, la photosynthèse cesse, les algues disparaissent, la charge bactérienne chute drastiquement. L’eau est plus stable, plus froide, plus propre avant même d’être traitée. Conséquence directe selon la Revue L’Eau, L’Industrie, Les Nuisances : jusqu’à 60% d’infrastructures de prétraitement en moins et une réduction significative de l’usage de produits chimiques.
Flocean One : le démonstrateur qui change l’équation économique
Le premier site commercial, baptisé Flocean One, sera déployé cette année 2026 au large de Mongstad, dans le parc industriel norvégien où la société teste déjà son système depuis plus d’un an. L’installation produira initialement 1 000 mètres cubes d’eau douce par jour, une capacité modeste à l’échelle mondiale mais pensée comme un démonstrateur industriel évolutif.
« Nous n’apportons pas une amélioration progressive, nous changeons les fondamentaux économiques de l’eau », affirme Alexander Fuglesang, fondateur et CEO de Flocean, cité par la Revue L’Eau, L’Industrie, Les Nuisances. « Les industries gourmandes en eau – semi-conducteurs, exploitation minière, centres de données – sont de plus en plus limitées par la pénurie d’eau. Elles ont besoin de solutions qui peuvent être déployées plus rapidement, qui coûtent moins cher et qui fonctionnent de manière plus durable. »
L’architecture modulaire du système permet une scalabilité remarquable. Selon Media24.fr, chaque module pourrait alimenter environ 37 500 personnes par jour. En ajoutant d’autres unités, la capacité peut atteindre 50 000 mètres cubes quotidiens, de quoi approvisionner une ville entière, une usine ou une exploitation agricole en crise hydrique.
Le modèle économique adopté par Flocean – Build-Own-Operate – bouleverse également les pratiques. La société reste propriétaire des unités, assure leur maintenance et vend l’eau dessalée comme un service. Les collectivités n’ont plus à investir dans des infrastructures lourdes, et surtout, plus besoin d’arracher du littoral pour construire des usines côtières. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : jusqu’à 95% d’emprise foncière en moins et une réduction jusqu’à 8 fois des dépenses d’investissement par mètre cube d’eau produit.
L’entrée stratégique de Xylem et la reconnaissance internationale
L’arrivée de Xylem, géant américain des technologies de l’eau, marque un tournant stratégique. Snehal Desai, directeur de la croissance et de l’innovation chez Xylem, ne cache pas son enthousiasme dans les colonnes de la Revue L’Eau, L’Industrie, Les Nuisances :
« La technologie de Flocean représente une avancée audacieuse dans la manière dont nous produisons de l’eau douce et traitons la pénurie d’eau, l’un des défis les plus urgents de notre époque. »
Xylem accompagnera Flocean dans le développement de sa technologie à l’échelle mondiale et intègre la start-up norvégienne dans son programme Innovation Labs Accelerator, destiné à accélérer les technologies innovantes dans le domaine de l’eau. Cette validation par un acteur majeur du secteur confère une crédibilité supplémentaire au projet.
La reconnaissance dépasse le cercle des investisseurs. Comme le rapporte Media24.fr, le prestigieux magazine TIME a classé Flocean parmi les meilleures inventions de 2025, consacrant ainsi l’approche révolutionnaire de la société norvégienne.
Des applications concrètes en Norvège et au-delà
Au-delà du site de démonstration de Mongstad, Flocean a annoncé un accord avec la municipalité d’Alver en Norvège pour étudier la possibilité de fournir de l’eau aux industriels et aux particuliers de la commune. L’objectif : évaluer l’intégration de cette technologie sous-marine dans des infrastructures hydrauliques existantes, selon la Revue L’Eau, L’Industrie, Les Nuisances.
La levée de fonds de 22,5 millions de dollars (environ 228 millions de couronnes norvégiennes) servira précisément à financer le lancement et l’exploitation de Flocean One, ainsi qu’à développer l’organisation pour de futurs projets. Les industries gourmandes en eau – semi-conducteurs, centres de données, exploitation minière – représentent des marchés prioritaires, ces secteurs étant de plus en plus contraints par la raréfaction de la ressource.
La question sensible de la saumure, ce concentré de sel rejeté par le processus de dessalement et qui crée des zones mortes dans les écosystèmes côtiers, est également abordée différemment. Rejetée en profondeur sans additifs chimiques, elle se dilue plus rapidement dans les courants marins, minimisant l’impact environnemental selon les concepteurs du système.
Une réponse à l’urgence hydrique mondiale
Les infrastructures de dessalement conventionnelles peinent à suivre le rythme de la demande mondiale, freinées par des délais d’autorisation de plusieurs années, des coûts d’investissement massifs et la rareté des terres côtières disponibles. L’approche sous-marine de Flocean propose un modèle économique radicalement différent, comme le souligne We Demain.
La crise de l’eau ne se limite plus aux rivières asséchées ou aux réservoirs au plus bas. Partout dans le monde, les nappes phréatiques sont pompées plus vite qu’elles ne se rechargent, alimentant villes, agricultures et industries jusqu’à l’épuisement. À mesure que le climat se dérègle et que la croissance démographique s’accélère, l’équation devient intenable.
Avec un parc de 10 unités, Flocean pourrait théoriquement fournir une ville de 350 000 habitants en eau potable, avec un bilan carbone divisé par deux par rapport aux installations terrestres classiques. Une perspective qui pourrait transformer l’accès à l’eau douce pour les 2 milliards d’humains actuellement en situation de stress hydrique.
Reste à savoir si cette technologie, testée dans les eaux froides norvégiennes, pourra s’adapter aux conditions variées des océans du monde entier. Le déploiement de Flocean One en 2026 apportera des réponses concrètes sur la viabilité technique et économique du dessalement sous-marin à grande échelle. Une chose est certaine : la bataille pour l’eau du XXIe siècle se jouera aussi dans les profondeurs océaniques.
Sources
- Revue L'Eau, L'Industrie, Les Nuisances (13 janvier 2026)
- We Demain (5 janvier 2026)
- Media24.fr (2 janvier 2026)