Fabio Fognini et le tennis d’aujourd’hui : « N’importe qui peut gagner un Masters 1000 »
L'Italien regrette l'époque où Federer, Nadal et Djokovic ne rataient rien
L'Italien regarde le circuit actuel et ne reconnaît plus rien. À son époque, Federer, Nadal et Djokovic verrouillaient tout. Aujourd'hui, il voit du flou. Mais les chiffres racontent une autre histoire.
Les enjeux
Ce qu'il faut comprendre
Nouvelle génération ou nouveau monopole ?
Sinner enchaîne 5 titres Masters 1000 en 2026. La concentration du pouvoir reste massive, elle change juste de mains.
L'essentiel
Ce qu'il faut retenir
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2008-2017
Règne des Big 4
Djokovic, Nadal, Federer et Murray remportent 88,5% des Masters 1000
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2019
Fognini à Monte-Carlo
L'Italien décroche son seul titre Masters 1000
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2026
Explosion Sinner
Jannik Sinner remporte 5 Masters 1000 en une saison et atteint 10 titres
Fabio Fognini regarde le circuit. Et il voit du flou. « Oggi può vincere chiunque un Master 1000, ai miei tempi Roger, Rafa e Nole non ne saltavano uno, era impossibile ». Aujourd’hui, n’importe qui peut gagner un Masters 1000. À mon époque, Roger, Rafa et Novak n’en rataient pas un. C’était impossible.
L’Italien parle depuis Monte-Carlo. C’est là qu’il a décroché son premier Masters 1000, en 2019. Un titre. Un seul. Le reste, c’était eux.
Le règne des trois
Les chiffres le disent mieux que lui. Novak Djokovic a remporté 40 Masters 1000. Record absolu. Rafael Nadal en compte 36. Roger Federer, 28. À eux trois, ils ont verrouillé le circuit pendant quinze ans.
Entre 2008 et 2017, Djokovic, Nadal, Federer et Andy Murray ont capturé 88,5% des Masters 1000. Murray, quatrième homme du quatuor mais sans record individuel comparable à ceux de ses trois rivaux, complète ce verrouillage plutôt qu’il ne le domine. Six autres joueurs ont réussi à glisser un titre dans cet intervalle. Fognini était l’un d’eux. Les autres attendaient leur tour, qui ne venait pas.
Aujourd’hui, 85 champions différents ont remporté au moins un Masters 1000 depuis la création de la catégorie. Mais pendant la décennie Fognini, le nombre de nouveaux vainqueurs stagnait. Les trois mêmes noms trustaient les podiums. Indian Wells, Miami, Monte-Carlo, Madrid, Rome, Toronto, Cincinnati, Shanghai, Paris. Tout leur revenait.
Ce genre de verrouillage n’est pas inédit dans l’histoire du tennis masculin. On se souvient de la rivalité Sampras-Agassi dans les années 1990, ou plus tôt encore du trio Borg-Connors-McEnroe à la fin des années 1970, qui avaient eux aussi concentré une large part des trophées majeurs sur plusieurs saisons. Le phénomène Big 3 s’inscrit dans cette lignée, mais avec une intensité et une durée que le tennis n’avait jamais connues à ce point.
L’ère Sinner
En 2026, Jannik Sinner a remporté cinq Masters 1000 au cours de la saison. Indian Wells, Miami, Monte-Carlo, Madrid, Rome. Le Sunshine Double sans perdre un set, puis trois titres européens consécutifs. Il totalise désormais 10 titres Masters 1000.
Fognini voit ça. Et il voit la différence. Pas de mépris dans sa voix. Juste un constat. L’époque a changé. Les Big 3 vieillissent, se retirent. La porte s’ouvre. Des joueurs comme Sinner, Alcaraz, Medvedev, Rublev entrent. Mais pour l’Italien, ce n’est pas la même guerre.
* Murray complète le quatuor qui a verrouillé 88,5% des Masters 1000 entre 2008 et 2017, sans toutefois approcher le total individuel de ses trois rivaux.
Ce que personne ne dit
Le paradoxe tient en deux chiffres. Entre 2008 et 2017, 88,5% des Masters 1000 allaient à quatre joueurs. En 2026, un seul joueur, Sinner, en remporte cinq. La concentration reste massive. Elle a juste changé de visage.
Fognini regrette une époque où trois empires se partageaient le monde. Aujourd’hui, il voit des royaumes plus petits, plus éphémères. Mais Sinner, avec ses 10 titres - prouve qu’un nouveau monopole peut naître. Peut-être que « n’importe qui » ne gagne pas vraiment. Peut-être que le circuit a juste remplacé trois rois par un empereur plus jeune.
Dans le vestiaire de Monte-Carlo, Fognini range sa raquette. Son seul Masters 1000 date de 2019. Sept ans déjà. Il ne dit pas, mais il sait qu’il n’en gagnera pas d’autre. L’époque a tourné. La sienne aussi.